Michelle Obama en mode passionaria contre Trump (vidéo)

13/10/16 à 23:06 - Mise à jour à 23:09

Source: Afp

La très populaire première dame des Etats-Unis s'était soigneusement tenue à l'écart de la politique depuis 2008, mais jeudi l'énième polémique sur Trump et les femmes a ulcéré Michelle Obama au point de lui faire clamer sa révolte et ses engagements dans un discours passionnel.

Michelle Obama en mode passionaria contre Trump (vidéo)

© Capture d'écran YouTube

L'épouse de Barack Obama et mère des adolescentes Sasha et Malia, s'est dite "glacée jusqu'à la moelle" après une semaine marquée par la révélation de propos extrêmement dégradants et misogynes tenus en 2005 par le candidat, visé en outre par les témoignages de plusieurs femmes l'accusant d'agressions sexuelles.

(son discours commence à la 25ème minute)

"Quel que soit le parti auquel on appartient, démocrate, républicain ou indépendant, aucune femme ne mérite d'être traitée de cette façon. Personne ne mérite ce genre d'injures", a lancé Michelle Obama, la voix marquée par l'émotion.

Depuis l'entrée en campagne de Donald Trump en juin 2015, la question de sa relation avec les femmes a fait l'objet de maints débats. Que ce soit lorsqu'il a mentionné le cycle menstruel d'une présentatrice de télévision, moqué la prise de poids d'une miss Univers ou critiqué le physique d'une rivale aux primaires.

Mais les explications fournies par M. Trump au sujet de la vidéo de 2005 - dans laquelle il se vante de pouvoir exiger ce qu'il veut des femmes en raison à sa célébrité - ont été la goutte de trop pour la First Lady.

"Il ne s'agissait pas de discussions de vestiaire. Il s'agissait d'un homme puissant s'exprimant librement et ouvertement sur un comportement de prédateur sexuel. Et se vantant d'embrasser et de peloter des femmes", a lâché celle qui est engagée de longue date dans le combat pour l'éducation des filles.

"Ce n'est pas normal. Ce n'est pas la politique telle qu'on l'entend. C'est honteux. C'est intolérable", a scandé Mme Obama lors de ce discours dans le New Hamsphire.

- 'Nous avons tout le pouvoir' -

Michelle Obama, brillante avocate passée par Princeton et Harvard, avait déjà fait montre de ses talents d'oratrice à de nombreuses reprises. Son ton restait toutefois apolitique et ses apparitions publiques centrées sur des causes bien ciblées: la lutte contre l'obésité ou le soutien aux familles d'anciens combattants.

Mais quelques jours après avoir fêté en chemise à carreaux la dernière récolte de son potager bio à la Maison Blanche, la première dame s'est lancée sur un nouveau registre, prenant fait et cause pour Hillary Clinton, la seule candidate qui saura "panser les blessures de nos divisions".

Ce discours aux accents patriotiques, louant les "valeurs d'égalité, d'opportunité et de sacrifice, qui ont toujours fait de ce pays la plus grande nation sur terre", lui a permis de marquer clairement son engagement pour le droit des femmes.

"Alors que nos mères et grand-mères ont souvent été impuissantes pour changer leur condition, aujourd'hui en tant que femmes, nous avons tout le pouvoir de déterminer le résultat de cette élection", a-t-elle déclaré.

En évitant sciemment de prononcer le nom de Donald Trump, Mme Obama a affirmé qu'un vote en faveur du milliardaire républicain revenait à "dire à nos fils qu'il est acceptable d'humilier les femmes, à dire à nos filles qu'elles méritent d'être traitées ainsi".

La première dame s'était déjà investie dans la campagne d'Hillary Clinton, lors notamment d'un lumineux plaidoyer à la convention d'investiture où elle s'était illustrée par cette phrase: "Quand eux s'enfoncent, nous on s'élève".

Hillary Clinton, qui a repris cette réflexion en forme de slogans lors des deux débats l'ayant opposée à Donald Trump à saluer la prestation de Mme Obama jeudi. "Je suis impressionnée. Merci d'avoir mis des mots sur ce que nombre d'entre nous ont dans leur coeur", a-t-elle réagi sur Twitter.

Le réseau social a justement été cette semaine le lieu d'un torrent de témoignages derrière le mot-clé #notokay (pas d'accord), pour dénoncer la banalité des agression sexuelles après la publication de la vidéo de Donald Trump en 2005.

Si l'engagement de Michelle Obama jeudi a soulevé un tonnerre d'applaudissement, cette dernière a déjà fait savoir qu'elle n'était pas intéressée par une carrière politique.

Sur un ton amusé, son mari avait même affirmé en début d'année qu'il avait "trois choses certaines dans la vie", avant d'énumérer: "la mort, les impôts et le fait que Michelle ne sera pas candidate à la Maison Blanche".

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