Libye : une nouvelle législation basée sur la loi islamique

24/10/11 à 07:39 - Mise à jour à 07:39

Source: Le Vif

Trois jours après la mort de Kadhafi, des dizaines de milliers de Libyens se sont réunis à Benghazi, berceau du Conseil national de transition, pour fêter la fin du joug du régime de l'ex-dictateur. Le responsable du CNT a répété que la nouvelle légisalation serait fondée sur la charia.

Libye : une nouvelle législation basée sur la loi islamique

© Reuters

La Libye "libérée". C'est le mot utilisé par le vice-président du Conseil national de transition libyen (CNT), dimanche, à Benghazi lors de la cérémonie: le pays a été "libéré" de Kadhafi. L'événement, pendant lequel le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, devait proclamer la "libération" de la Libye, a débuté dimanche en début d'après-midi dans la deuxième ville du pays.
Des dizaines de milliers de personnes, agitant le drapeau vert-noir-rouge de la nouvelle Libye, étaient rassemblées sur la place centrale de Benghazi, la deuxième ville du pays, où avait débuté à la mi-février un soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, tué jeudi.

"Déclaration de libération. Levez haut vos têtes. Vous êtes des Libyens libres", a déclaré le vice-président du CNT, Abdel Hafez Ghoga, lors de la cérémonie. "Le peuple libyen confirme son respect des lois internationales, [sa détermination à respecter] les intérêts mutuels et à coopérer avec tous les pays, en particulier les voisins de la Libye", a-t-il poursuivi.

"Nous entamons une nouvelle phase, qui demande plus de responsabilité de la part de nous tous. Longue vie à la Révolution. Longue vie à la Libye", a-t-il ajouté. L'annonce officielle de la fin de huit mois de rébellion armée doit être le point de départ d'un processus politique censé aboutir à des élections générales dans un délai d'environ 20 mois.

Une législation fondée sur la charia

Par ailleurs, le président du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil a répété que la législation du pays sera fondée sur la charia (loi islamique). "En tant que pays islamique nous avons adopté la charia comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue", a indiqué Moustapha Abdeljalil devant des dizaines de milliers de personnes.

A la mi-septembre le chef des autorités de transition avait déjà affirmé que l'islam serait la principale source de législation dans la nouvelle Libye et rejeté toute "idéologie extrémiste".

Il a également annoncé l'ouverture de banques islamiques en Libye qui conformément à la loi islamique interdisent de toucher des intérêts.

L'hymne national entonné, "Ya Biladi"

Moustapha Abdeljalil, et plusieurs responsables du CNT ont prêté serment avant d'entonner l'hymne national "Ya Biladi" (Mon pays). L'hymne national et le drapeau adoptés par les révolutionnaires remontent à l'époque de la monarchie libyenne, renversée par Mouammar Kadhafi en 1969.

Une parade symbolique des soldats de l'armée nationale et des forces révolutionnaires a eu lieu au début de la cérémonie.
Abdel Rahmane al-Kabisi, ministre des Martyrs et des blessés, a estimé dans un discours que cette cérémonie marquait "un moment historique" pour la Libye. "Oh pharaon du centenaire, tu es à présent dans la poubelle de l'histoire (...), vas en enfer", a-t-il déclaré en allusion à la mort de l'ex-dirigeant.

Abdel Salam al-Mousmari, un avocat coordinateur des forces du CNT, a rendu hommage à ceux qui sont morts au combat: "Nous devons remercier" ceux qui ont "sacrifié leurs vie pour se débarrasser de ce dictateur".

Omar al-Hariri, responsable du Conseil militaire des nouvelles autorités, a salué "ceux qui dans l'Est ont défié les ordres de tyrannie et ont refusé de tuer leur peuple". "Je vous promets que l'armée nationale sera reconstruite (et) ne recevra plus jamais d'ordre de la part de tyrans", a-t-il ajouté. "La liberté est une grande chose, son prix est lourd (...), la préserver est plus difficile que de l'obtenir", a-t-il ajouté.

Cette cérémonie de proclamation officielle de la "libération" de la Libye intervient trois jours après la chute de Syrte, qui était le dernier bastion des forces loyales à Mouammar Kadhafi, qui y a été tué par balle jeudi après avoir dirigé le pays sans partage pendant 42 ans.

Le Vif.be, avec L'Express.fr et Belga

En savoir plus sur:

Nos partenaires