Les déserteurs de l'EI pourraient aider à combattre le groupe jihadiste

21/09/15 à 14:36 - Mise à jour à 14:46

Des chercheurs londoniens ont identifié une soixantaine de déserteurs du groupe Etat islamique (EI) depuis un an, dont les témoignages pourraient selon eux constituer un outil intéressant pour lutter contre le groupe jihadiste.

Les déserteurs de l'EI pourraient aider à combattre le groupe jihadiste

La ville de Derna, en Lybie, devenue "émirat islamique" de l'EI. Novembre 2014 © Reuters

Le centre international d'étude de la radicalisation (ICSR) du King's College de Londres a étudié les histoires racontées par 58 déserteurs, 51 hommes et 7 femmes, de 17 nationalités différentes, venus de Syrie, Turquie, d'Europe ou d'Australie, décryptant leurs motivations pour rejoindre l'EI comme celles qui les ont poussés à le quitter.

"L'existence même de ces déserteurs remet en cause l'image d'unité et de détermination que l'EI cherche à montrer", écrit l'ICSR, appelant les gouvernements à "reconnaître la valeur et la crédibilité de ces témoignages" et même à assurer la sécurité de leurs auteurs, dont ils pourraient utiliser l'expérience pour combattre l'EI sur le terrain comme dans sa propagande.

La première raison invoquée pour faire défection est le fait que l'EI se montre davantage enclin à combattre les autres musulmans sunnites que le régime du président syrien Bachar al-Assad.

Puis viennent les atrocités commises contre les populations.

"Au moins la moitié d'entre eux se montrent indignés par l'extrême brutalité et les violences infligées aux personnes qu'ils prétendent au contraire vouloir défendre, les musulmans sunnites de Syrie et d'Irak", selon le rapport.

La corruption au sein de l'encadrement et une vie somme toute difficile et décevante constituent les autres motivations invoquées.

Autant d'éléments venant contredire les promesses qui les avaient conduits à s'enrôler, comme justement combattre le régime Assad, créer l'Etat islamique parfait et vivre une existence faite d'héroïsme et de luxe.

"En particulier, les Occidentaux semblent trouver difficile les coupures d'électricité et le manque de produits de base", note le rapport.

Selon l'institut, ce phénomène de désertion va gagner en importance. Il souligne que rien qu'entre juin et août de cette année, 17 combattants ont formellement été rapportés comme déserteurs. Et ce n'est qu'"une petite partie" de la totalité des anciens combattants de l'EI ayant fait effectivement défection car ils ont peur de se déclarer comme tels par crainte de représailles ou de poursuites pénales.

Avec AFP

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