Les débats houleux sur l'immigration, "un spectacle indigne de l'Europe", pour Michel

26/06/15 à 13:29 - Mise à jour à 13:29

Source: Belga

L'accord dégagé hier par les 28 chefs d'Etat et de gouvernement pour accueillir dans l'UE, sur base volontaire uniquement, 40.000 migrants est "décevant", selon le Premier ministre belge, Charles Michel.

Les débats houleux sur l'immigration, "un spectacle indigne de l'Europe", pour Michel

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La réunion de jeudi soir a été qualifiée d'"affligeante" et de "spectacle indigne pour l'Europe" par celui-ci à son arrivée à la reprise du sommet européen vendredi matin à Bruxelles. Il regrette que "pour certains, la solidarité fonctionne dans un sens, et jamais dans l'autre sens"."La décision d'hier est affligeante, c'était une réunion pratiquement pour rien, nous avons peu progressé. Or, la question des migrations, qu'on le veuille ou non, est importante pour les prochaines années", a déclaré le Premier ministre Charles Michel.

"J'ai constaté que, pour certains pays, il y avait une volonté d'être solidaire quand ça les arrange, et uniquement quand ça les arrange." Une situation qui ne convient pas au chef du gouvernement belge, car "la Belgique est un pays solidaire comme nous l'avons beaucoup montré par le passé". Il a encore souligné attendre que "d'autres pays prennent leurs responsabilités", déplorant que "le sens des responsabilités ne dominait pas autour de la table de négociations" jeudi soir.

Le premier volet du sommet européen, jeudi soir, a donné lieu à des débats houleux entre les 28 leaders européens avant de garantir l'asile au sein de l'UE dans les deux prochaines années à 40.000 réfugiés, actuellement en Italie et en Grèce, sans pour autant se plier à un mécanisme contraignant.

Les 28 se sont aussi engagés à réinstaller 20.000 autres déplacés dans les pays du pourtour méditerranéen. Les pays baltes, ou encore certains d'Europe de l'Est, ont manifesté leurs réticences à une logique obligatoire d'accueil des réfugiés, suggérée début mai par la Commission européenne.

"Nous aimerions tous aider les pays où il y a des problèmes, comme en Italie, en Grèce, à Malte, ou même en Bulgarie et Hongrie. Mais nous souhaitons être respectés et faire preuve nous-même de notre solidarité, sans y être contraints", a commenté vendredi matin la présidente de la Lituanie, Dalia Grybauskaité.

Durant leur seconde journée de travail, vendredi, les 28 chefs d'Etat et de gouvernements seront invités à se pencher sur les questions de sécurité et de défense, en présence notamment de Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'OTAN.

Il sera question d'intensifier le partenariat entre l'UE et l'OTAN, "deux organisations différentes mais qui ont beaucoup en commun" a commenté M. Stoltenberg à son arrivée à Bruxelles. "Nous partageons les mêmes valeurs et le même environnement de sécurité, celui-ci est en train de changer et tant l'UE que l'OTAN doivent s'y adapter."

Les chefs d'Etat et de gouvernement devraient en outre analyser plus en détails un rapport dressant des perspectives d'évolution de l'Union économique et monétaire, dévoilé lundi par les présidents de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, du Conseil européen Donald Tusk, de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem, de la BCE Mario Draghi et du Parlement européen Martin Schulz. Ce document formule des propositions pour renforcer la zone euro à l'horizon 2025 afin que cette union monétaire soit mieux à même de résister aux chocs économiques violents.

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