Le "Parti de l'Homme ordinaire", un nouveau parti qui bouscule le pouvoir en Inde

11/02/15 à 12:04 - Mise à jour à 12:04

Source: L'express - L'expansion.fr

Le Parti de l'homme ordinaire, l'Aam Aadmi Party (AAP), vient de remporter une victoire éclatante lors des élections à l'Assemblée de Delhi. Ce très jeune parti anticorruption et son leader bousculent le pouvoir en place en Inde.

Le "Parti de l'Homme ordinaire", un nouveau parti qui bouscule le pouvoir en Inde

Arvind Kejriwal © Reuters

Né d'un mouvement de protestation citoyen, le parti Aam Aadmi a été créé en novembre 2012. Son leader, Arvind Kejriwal, est un ancien fonctionnaire qui milite contre la corruption. "Donner un bon coup de balai dans la politique", c'est ce qu'il a promis au peuple. Cet objet du quotidien est d'ailleurs devenu le symbole du parti.

L'AAP promet donc de mettre fin à la culture des privilèges des dirigeants. Il montre l'exemple en organisant des élections primaires en interne et en exigeant de ses élus qu'ils aient un casier judiciaire vierge, rapporte l'Express.fr.

Comme les partis européens issus de mouvements citoyens (Podemos en Espagne ou Syriza en Grèce) il a su combler son manque de moyens financiers par une bonne communication, notamment via les réseaux sociaux, selon Stéphanie Tawa Lama-Rewal, politologue spécialiste de l'Inde, interrogée par l'Express.

"On a réussi à faire disparaitre l'apathie chez les gens. Mais aussi à faire tomber les barrières entre riches et pauvres. Les bénévoles que j'ai rencontrés ici viennent des quatre coins de l'Inde, de milieux très différents. C'est un melting-pot et on ressent une vraie énergie. Les rassemblements du BJP et des autres partis ressemblaient plus à des démonstrations de force", explique Divya Gupta, ancienne journaliste et membre de l'AAP.

La première participation du parti à des élections a eu lieu en janvier 2014 lors des élections régionales où il l'a emporté face au parti au pouvoir depuis 15 ans. Il a donc pris la capitale en main, mais dans un gouvernement de coalition, ce qui a très vite posé problème. Arvind Kejriwal a en effet démissionné au bout de 49 jours après l'échec de la mise en place d'une loi anti-corruption, rapporte Le Courrier International. Une décision pour laquelle il a été très critiqué : il a été accusé de vouloir se consacrer aux élections législatives, plus importantes, selon L'Express.

Au début de la campagne, s'en était excusé et a réussi à convaincre les électeurs puisque lors de l'élection de la nouvelle Assemblée législative de Delhi, l'AAP a remporté 67 sièges sur 70 contre les nationalistes hindous du Parti du peuple indien (BJP), alors au pouvoir.

Un succès qu'il doit à son programme très populaire qui veut défendre les plus pauvres : lutte contre la corruption, gratuité de l'eau jusqu'à un certain quota, baisse des tarifs de l'électricité pour les petits consommateurs, meilleurs accès à l'éducation, etc.

Toutefois, selon Stéphanie Tawa Lama-Rewal, l'AAP ne peut pas être comparé à Syriza, "son positionnement idéologique est moins tranché. Il se pose en défenseur des pauvres, mais il prend soin de ne pas heurter les milieux d'affaires. Son principal credo, c'est la fin de la corruption, la bonne gouvernance".

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