La Turquie veut prolonger l'état d'urgence, trois mois après le putch raté

29/09/16 à 08:02 - Mise à jour à 08:01

Source: Belga

Le Conseil national de sécurité turc, dirigé par le président Recep Tayyip Erdogan, a estimé mercredi que l'état d'urgence instauré pour trois mois après la tentative de putch du 15 juillet devait être prolongé au-delà du mois d'octobre.

La Turquie veut prolonger l'état d'urgence, trois mois après le putch raté

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, ici lors d'une Assemblée générale de l'ONU. © BELGA

"Il a été décidé de recommander la prolongation de l'état d'urgence afin de garantir efficacement la protection de notre démocratie, de l'Etat de droit, ainsi que les droits et les libertés de nos citoyens", a indiqué le Conseil national de sécurité (MGK) dans un communiqué à l'issue d'une réunion de plus de six heures au palais présidentiel d'Erdogan à Ankara.

L'instauration de l'état d'urgence a constitué le cadre légal de la vaste purge engagée après la tentative de coup d'Etat, qui a entraîné l'arrestation de 32.000 personnes.

Plus de 50.000 fonctionnaires ont perdu leur emploi depuis le mois de juillet, tandis que des dizaines de milliers d'autres font l'objet de suspicions.

De larges segments de l'opposition s'étaient prononcés contre cette prolongation accordant de larges pouvoirs aux autorités, estimant que la situation ne le justifie plus.

"Si vous gouvernez un pays non pas avec justice, mais avec haine, vengeance et colère, vous créez seulement de l'oppression", a dénoncé Kemal Kilicdaroglu, président du parti kémaliste d'opposition CHP.

L'état d'urgence avait été décrété le 20 juillet, ce qui signifie qu'il aurait dû expirer à la mi-octobre.

L'annonce du Conseil national de sécurité fait de la prolongation de l'état d'urgence une formalité, mais ne précise pas si cette mesure sera également limitée à 3 mois.

Les purges et l'état d'urgence ont suscité l'inquiétude des alliés occidentaux de la Turquie, mais Ankara a affirmé que ces mesures étaient nécessaires pour combatre les partisans de l'ex-prédicateur Fethullah Gülen, ancien allié du président Erdogan réfugié aux Etats-Unis et qui est acusé d'être l'instigateur de la tentative de coup d'Etat, bien qu'Ankara n'en a jamais apporté de preuve.

Le Conseil national de sécurité a en outre proposé que la date du 15 juillet devienne en Turquie celle de la Journée de la démocratie et de la liberté.

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