La tension monte entre la Grèce et la Turquie après l'arrestation de deux soldats

09/03/18 à 11:02 - Mise à jour à 11:02

Source: Afp

L'incident est survenu le 1er mars dernier au nord du fleuve Évros, qui sépare la Grèce et la Turquie. Les conditions climatiques étaient mauvaises et les deux militaires, qui étaient armés, se seraient perdus et auraient traversé la frontière sans s'en rendre compte. Des circonstances climatiques que l'agence étatique de presse turque Anadolu a confirmées.

La tension monte entre la Grèce et la Turquie après l'arrestation de deux soldats

Deux gardes présidentiels. (Illustration) © Reuters

Dans un premier temps, le chef de l'état-major grec et son homologue turc se sont entretenus au téléphone "dans un bon climat" pour régler cette affaire au plus vite. Le retour des deux soldats était attendu rapidement. Les chefs d'état-major se sont entretenus une seconde fois ce jour-là, selon la source gouvernementale grecque. Mais les deux militaires grecs ont été placés en détention. Ils auraient été un temps soupçonnés d'espionnage et d'entrée en zone militaire interdite. Le porte-parole du gouvernement turc, Bekir Bozdag, a expliqué qu'une enquête avait été ouverte contre eux sur ces deux charges, mais qu'ils ont été placés en détention pour "entrée en zone militaire interdite" seulement.

Lundi, un tribunal turc a rejeté une demande de libération de deux soldats. Le chef de la diplomatie grecque, Nikos Kotzias, parlant avant que la décision du tribunal turc ne soit rendue, a appelé la Turquie à "mettre en oeuvre les dispositions du droit international et à ne pas transformer une procédure routinière en un problème juridique et politique majeur".

Les avocats des militaires grecs ont fait appel de leur mise en détention, mais leur demande a été rejetée par un tribunal.

La tension monte entre la Grèce et la Turquie après l'arrestation de deux soldats

© Google Maps

De vives tensions

Les relations entre la Grèce et la Turquie, toutes deux membres de l'OTAN, sont traversées par de vives tensions depuis plusieurs mois. Celles-ci sont également alimentées par le refus d'Athènes d'accéder à une demande d'Ankara d'extrader huit officiers turcs ayant trouvé refuge en Grèce après le coup d'État manqué en Turquie en juillet 2016.

L'un de ces militaires a même obtenu l'asile fin décembre, avant que cette décision ne soit "temporairement" suspendue par la justice début janvier à la suite d'un recours du gouvernement grec.

Mais le porte-parole du gouvernement turc a toutefois démenti toute velléité de lier le sort des deux soldats grecs à celui des officiers turcs. "La détention en Turquie des deux soldats qui ont traversé la frontière entre la Grèce et la Turquie n'est pas une affaire d'échange", a-t-il insisté. "Il n'y a rien de tel".

Les tensions sont également montées d'un cran après de fermes mises en garde du président turc Recep Tayyip Erdogan au sujet de l'exploitation du gaz dans les eaux chypriotes, dans l'est de la Méditerranée. M. Erdogan invoque les "droits inaliénables" de la communauté chypriote turque de l'île divisée sur ses ressources naturelles.

Et, il y a deux semaines, un patrouilleur turc avait percuté un navire grec près d'un îlot inhabité disputé en mer Égée orientale, suscitant une mise en garde envers Ankara du Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Les relations économiques perdurent

Malgré leurs relations délicates, plombées aussi par des différends territoriaux en mer Égée, Athènes et Ankara coopèrent en matière économique et commerciale. Les deux pays collaborent également étroitement pour limiter le flux migratoire vers l'Europe dans le cadre d'un pacte UE-Turquie conclu en mars 2016.

M. Erdogan a effectué début décembre une visite en Grèce, la première d'un président turc en 65 ans. Après une rencontre avec M. Tsipras, les deux hommes avaient affiché leur volonté d'arrondir leurs différends historiques et de poursuivre leur coopération en matière de réfugiés et d'économie.

Le président turc avait néanmoins causé des froncements de sourcils lors de cette visite en demandant "la révision du traité de Lausanne de 1923" qui délimite les frontières en Europe et au Moyen-Orient.

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