La loi d'Obama sur l'assurance-maladie sauvée aux forceps

28/06/12 à 19:39 - Mise à jour à 19:39

Source: Le Vif

La Cour suprême des Etats-Unis a validé dans sa quasi-intégralité la réforme maîtresse de Barack Obama, la loi sur l'assurance maladie, une décision historique qui touchera des millions d'Américains et affectera l'élection présidentielle de novembre.

La loi d'Obama sur l'assurance-maladie sauvée aux forceps

© Bloomberg

Au terme de trois mois de débats et de spéculations qui ont déchaîné les passions dans tout le pays, le président conservateur de la Cour, John Roberts, a sauvé la loi, en se joignant aux votes des quatre juges progressistes sur les neuf que compte la juridiction suprême.


La pièce maîtresse de la réforme, l'obligation pour tout Américain de se doter d'une assurance maladie, a été approuvée dans son principe, donnant une victoire au président démocrate à un peu plus de quatre mois de la présidentielle de novembre.


La plus haute juridiction du pays a cependant apporté une limite à l'extension de l'aide aux plus pauvres à 16 millions de personnes, que contestait également plus de la moitié des Etats américains. Elle a estimé que les Etats ne devaient pas perdre l'ensemble des fonds fédéraux pour ce programme s'ils refusaient de l'élargir.


"Les Etats sont plus dépendants des fonds fédéraux pour ce programme que pour n'importe quel autre", a déclaré la haute cour. "Rien n'empêche le Congrès de fournir des fonds pour élargir la couverture médicale et d'exiger que les Etats acceptant ces fonds se plient à certaines conditions pour leur utilisation. Ce que le Congrès n'est pas libre de faire, c'est de pénaliser les Etats qui choisissent de ne pas participer à ce nouveau programme en confisquant les fonds existant" pour l'aide aux plus démunis, a ajouté le président de la Cour en lisant la décision.


La décision a été accueillie par des clameurs devant la Cour où s'étaient massées un millier de personnes, dont certaines se montraient enthousiastes et d'autres attristées.


Plus de la moitié des Etats, tous républicains, avait demandé à la Cour de retoquer l'ensemble de la réforme maîtresse de Barack Obama.


La Floride et 25 autres Etats, ainsi qu'une organisation patronale et quatre particuliers, demandaient que l'obligation individuelle de se doter d'une assurance santé soit déclarée anticonstitutionnelle et réclamaient que la loi soit retoquée dans son ensemble, estimant qu'elle ne pouvait pas survivre sans cette pièce maîtresse. Ils jugaient que la loi constitue une violation des libertés individuelles et un élargissement considérable de l'autorité du gouvernement fédéral sur les prérogatives des Etats.


"Nous avons répondu à l'appel de l'histoire", avait déclaré Barack Obama lors de l'adoption de la loi en mars 2010. "Nous avons prouvé que ce gouvernement - un gouvernement du peuple et par le peuple - oeuvre encore pour le peuple".


Son rival républicain Mitt Romney, qui avait pourtant institué une législation similaire au niveau de l'Etat du Massachussetts dont il était gouverneur, a promis que, si la Cour suprême n'abrogeait pas le texte, il s'empresserait de le faire dès son entrée à la Maison Blanche.


Sans attendre, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a promis de se battre pour abroger la loi.


La plus grande réforme du président démocrate vise à assurer une couverture maladie à 32 millions d'Américains qui en sont dépourvus.


"Je crois qu'il est bon de nous assurer que tous dans ce pays puissent avoir une couverture médicale décente sans être ruinés quand ils sont malades", a scandé mardi le président Obama.


Réforme santé : Obama salue "une victoire pour tous" les Américains


La décision de la Cour suprême des Etats-Unis validant la loi sur l'assurance maladie est "une victoire pour tous" les Américains, a déclaré jeudi le président Barack Obama.


"Quelles que soient les arrière-pensées politiques, cette décision d'aujourd'hui est une victoire pour tous ceux qui, dans tout le pays, sont plus en sécurité grâce à cette loi et à la décision de la Cour suprême de la valider", a affirmé le président Obama dans une déclaration formelle depuis la Maison Blanche.


La Cour suprême des Etats-Unis a validé jeudi matin dans sa quasi-intégralité cette loi sur l'assurance maladie, dont le principe est que tout Américain devra se doter d'une assurance maladie, une décision qui touchera des millions d'entre eux.


La réforme vise notamment à assurer une couverture maladie à 32 millions d'Américains qui en sont dépourvus.


"Nous allons continuer à mettre en oeuvre cette loi. Nous travaillerons ensemble afin de l'améliorer là où on peut. Mais ce que nous ne ferons pas, ce que ce pays ne peut pas se permettre, c'est de revivre les batailles politiques d'il y a deux ans" au moment de l'adoption de la loi en 2010, a-t-il insisté dans une mise en garde aux républicains qui ont promis jeudi de tout faire pour abroger le texte.


Dans leur arrêt, "(les juges) ont réaffirmé le principe fondamental qu'ici, en Amérique, dans le pays le plus riche au monde, aucune maladie ou accident ne devrait conduire à la faillite financière d'une famille", a conclu M. Obama.


LeVif.be, avec Belga

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