L'épidémie d'Ebola qui touche la RDC n'aurait pas de lien avec celle d'Afrique de l'ouest

26/08/14 à 06:50 - Mise à jour à 06:50

Source: Le Vif

République démocratique du Congo (RDC) est confrontée depuis 1976 à sa septième épidémie de fièvre hémorragique Ebola, circonscrite cette fois dans une région reculée du pays et distincte, selon Kinshasa, de celle qui sévit en Afrique de l'Ouest, 1.427 personnes sont décédées depuis le début de l'année.

L'épidémie d'Ebola qui touche la RDC n'aurait pas de lien avec celle d'Afrique de l'ouest

© AFP

La dernière épidémie en date, survenue à Djera, dans la province de l'Equateur (nord-ouest du pays) a été déclarée dimanche et a fait au moins deux morts, selon le ministre congolais de la Santé, le Dr Félix Kabange Numbi, cité par les médias locaux. M. Kabange a toutefois affirmé que celle-ci n'avait "aucun lien avec celle qui sévit en Afrique de l'Ouest". "L'expérience acquise lors des six précédentes épidémies d'Ebola sera mise à contribution pour contenir cette maladie", a encore déclaré le ministre, assurant que l'épidémie était "circonscrite au secteur de Djera" dans le territoire de Boende, ville située à près de 800 km au nord-est de Kinshasa et à 300 km à l'est de Mbandaka, le chef-lieu de la province bordant notamment la République centrafricaine.

C'est en RDC, alors appelée Zaïre, que le virus Ebola est identifié pour la première fois en 1976 à Yabuku dans la même province de l'Equateur, a rappelé lundi la radio onusienne Okapi. Le virus d'Ebola s'était alors propagé simultanément dans deux régions frontalières entre le Soudan et le Zaïre, près d'une rivière dont il tire le nom. La flambée épidémique la plus meurtrière a fait 280 morts en RDC sur 318 cas officiellement enregistrés dans le pays. Au Soudan où 284 personnes ont été contaminées, le virus a tué 151 patients. L'année suivante, la maladie frappe encore la RDC. La seule personne infectée ne survivra pas. L'épidémie (souche Ebola Zaïre) ressurgit en 1995. Cette fois-ci, c'est dans la ville de Kikwit au Bandundu (ouest) que la maladie sévit: sur 315 cas, 254 s'avèrent mortels. Un médecin a raconté avoir vu une infirmière être contaminée pour avoir simplement fermé les yeux de sa collègue qui venait de mourir. En 2007, la même épidémie frappe Mweka 1 au Kasaï-Occidental (centre), faisant 187 morts sur les 264 cas enregistrés.

La fièvre hémorragique a particulièrement sévi entre avril et octobre dans cette province. L'année d'après, l'épidémie ressurgit dans la même province dans la cite de Mweka 2. Elle est plus contenue que l'année précédente. Trente-deux cas et quatorze morts sont recensés. En 2012, une épidémie d'Ebola est déclarée à Isiro en Province orientale (nord-est). Elle fera 29 morts sur les 57 cas recensés.C'est la dernière épidémie d'Ebola que le pays a connue avant celle de Djera. Le virus a aussi touché les pays voisins de la RDC. En 2000 et 2001, pour la première fois, il frappe l'Ouganda (souche Ebola Soudan) ravageant le nord du pays. Entre le début de l'épidémie en septembre et sa fin officielle en février, 425 personnes contractent la maladie pour la plupart à Gulu mais aussi dans le district de Masindi dans le nord et à Mbarara (ouest). En quelque mois, la fièvre hémorragique a tué 224 personnes.

Au Gabon, une épidémie de fièvre hémorragique Ebola (Ebola Zaïre) se déclenche entre octobre 2001 et mai 2013 dans la province de l'Ogooué-Ivindo (nord-est) faisant 53 morts sur un total de 65 cas répertoriés. Cette épidémie était la quatrième de ce type dans cette même province rurale et peu peuplée, couverte de forêt équatoriale et voisine du Congo-Brazzaville, qui a également été touché (44 morts). Les trois précédentes épidémies au Gabon, l'une en 1994 et deux en 1996, avaient fait près de 100 morts.

En 2003, la fièvre (Ebola Zaïre) sévit au Congo (Brazzaville) voisin, faisant, entre janvier et avril, 128 morts sur 143 personnes contaminées soit un taux de mortalité de 90%. L'épidémie a particulièrement flambé dans le département de la Cuvette-Ouest (nord-ouest) frontalier de l'Est gabonais, à la suite de la manipulation par les populations de carcasses de gorilles ou chimpanzés trouvés morts dans les forêts, ayant succombé au virus d'Ebola.

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