L'armure de Trump se fissure ? "Mike Pence ne veut plus être son colistier"

10/10/16 à 15:09 - Mise à jour à 16:10

Source: Knack

Il semble qu'entre Trump et son colistier, Mike Pence, l'entente ne soit plus au beau fixe. Au point qu'après le deuxième débat qui opposaient les candidats à la Maison Blanche, les couloirs de Washington bruissaient de la rumeur qui voulait que Pence ne souhaitait plus faire partie de l'équipe Trump. Au sein même de son parti, Trump semble de plus en plus seul.

L'armure de Trump se fissure ? "Mike Pence ne veut plus être son colistier"

© Reuters

Le débat de cette nuit est venu clôturer une semaine particulièrement difficile pour Donald Trump. Avec comme point d'orgue la révélation d'une vidéo datant de 2005 où on le voit tenir des propos machistes et vulgaires à propos des femmes. Il se vante de sa façon d'approcher les femmes qui l'attirent en tenant des propos évoquant des comportements proches du harcèlement sexuel. "Quand t'es une star, elles te laissent faire. Tu peux tout faire", affirme-t-il, en utilisant un mot très cru pour le sexe féminin. M. Trump confie aussi ne pas pouvoir s'empêcher d'embrasser les belles femmes et d'avoir tenté de séduire sexuellement une femme mariée, en recourant, là encore, à un mot vulgaire.

Les réactions n'ont pas tardé et de nombreux pontes du parti l'ont publiquement désavoué durant le week-end. Jusqu'à son colistier qui s'est dit choqué sur Twitter : "Je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre. En tant qu'époux et père, j'ai été outré par les propos et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo datant de 11 ans", a-t-il ajouté, en saluant toutefois le fait que M. Trump ait présenté des excuses.

Des excuses réitérées lors du débat de cette nuit, Trump en précisant qu'il s'agissait là de discussions de vestiaires. Il va cependant rapidement les minimiser en disant qu'il y avait des sujets plus graves à traiter.

Un plus tard dans le débat Trump va égratigner directement Mike Pence en le désavouant publiquement sur la Syrie. Mike Pence avait appelé à ce que les États-Unis attaquent directement les forces syriennes afin de venir en aide aux civils d'Alep. "Nous n'en avons pas parlé et je dois dire que je ne suis pas d'accord avec lui sur ce sujet" dira Trump.

Pence va-t-il faire un pas de côté ?

Pence était l'un des premiers à le féliciter après le débat sur Twitter et s'est dit fier d'être à ses côtés, mais cela ne va pas empêcher les rumeurs de rapidement se propager. Plusieurs sources, dont le très respecté The Atlantic, ont annoncé que Pence avait demandé officiellement de ne plus faire partie de la campagne de Trump et ne plus être son colistier.

Ce serait une première dans l'histoire moderne des États-Unis, mais aussi un coup terrible pour la campagne de Trump. Harcelée par les médias, Kellyanne Conway, directrice de campagne, a pourtant assuré que Mike Pence restait "à 100%" derrière Donald Trump et qu'il ferait activement campagne dès lundi.

On notera également qu'une autre bourde commise lors du débat par Trump pourrait encore le faire chuter davantage. Pour beaucoup il a commis une lourde faute politique en menaçant Mme Clinton de prison, tel un "dictateur de république bananière" et en se plaçant debout derrière elle sur le plateau du débat, renforçant une impression de comportement menaçant.

L'échange, qui a coupé le souffle à la salle, a eu lieu pendant un segment consacré à l'affaire des emails privés de Hillary Clinton, lorsqu'elle était chef de la diplomatie américaine. Cette affaire, exploitée depuis des mois par les républicains, pèse sur la campagne de Mme Clinton et dimanche encore Donald Trump a porté le fer dans la plaie. Il a promis de nommer un procureur spécial s'il était élu président pour mener l'enquête sur son opposante.

"Si je gagne, je vais donner l'ordre à mon ministre de la Justice de nommer un procureur spécial pour faire la lumière sur votre situation, parce qu'il n'y a jamais eu autant de mensonges, autant de choses cachées", a-t-il affirmé.

Cette menace de jeter en prison un opposant politique en cas de victoire électorale lui a valu une volée de bois vert, du camp démocrate mais aussi de certains républicains.

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