François Hollande veut rassembler l'Europe autour de la sécurité

19/07/16 à 20:15 - Mise à jour à 20:14

Source: Afp

La "première priorité" de l'Europe, après une nouvelle série d'attentats, est "la sécurité et la défense", a lancé mardi le président français François Hollande à Lisbonne, première étape d'une tournée européenne visant à rassembler les 27 autour de son initiative post-Brexit.

François Hollande veut rassembler l'Europe autour de la sécurité

François Hollande, le 19 juillet 2016 à Lisbonne © REUTERS

"Dans le cadre de la nouvelle impulsion que nous entendons donner à la construction européenne, la première priorité c'est la protection, c'est la défense, c'est la sécurité de nos frontières, non pas pour nous replier mais pour être capables de vivre ensemble", a-t-il déclaré devant la presse. "Il y a un devoir plus grand qui doit nous saisir : d'abord protéger les Français, c'est mon devoir, protéger les Européens c'est notre responsabilité", a insisté François Hollande aux côtés son homologue portugais Marcelo Rebelo de Sousa.

Le président français s'est rendu mardi à Lisbonne pour discuter des moyens de relancer l'UE, notamment dans le domaine de la défense, après de nouveaux attentats en Europe.

Après l'attaque au camion bélier qui a fait 84 morts le 14 juillet à Nice, quatre passagers d'un train ont été grièvement blessés à la hache et au couteau lundi soir en Bavière, dans le sud de l'Allemagne, par un jeune demandeur d'asile afghan. Les deux attaques ont été revendiquées par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) que la coalition internationale conduite par les États-Unis combat en Irak et Syrie.

Défi du terrorisme

A l'issue d'un deuil national de trois jours en France, le président Hollande a entamé une tournée européenne à Lisbonne mardi, puis Dublin jeudi, pour préparer un sommet crucial en septembre sur l'avenir de l'Europe. Il a néanmoins reporté à la rentrée plusieurs étapes - Vienne, Prague, Bratislava - prévues cette semaine et écourté sa visite à Lisbonne après l'onde de choc suscitée par l'attentat de Nice. Avant de s'envoler au Portugal, le chef de l'Etat avait présidé un Conseil des ministres qui a entériné une prolongation de l'état d'urgence en France de trois mois. A Lisbonne, il s'est dit prêt à "aller jusqu'à trois mois de plus".

Face au défi du terrorisme et aux crises régionales qui font rage aux portes mêmes de l'Europe, de la Syrie à la Libye, la France appelle les Européens à en faire plus pour leur défense. "Il revient aux Européens d'assurer leur propre sécurité", martèle le président français. La France estime de son côté "faire déjà plus que son devoir" au Sahel où elle est en première ligne, avec 3.500 soldats face aux jihadistes, mais aussi au Moyen-Orient où ses chasseurs ont encore bombardé l'EI dans la nuit de lundi à mardi. "Taper à Mossoul, taper en Irak, c'est aussi assurer notre sécurité en France, voire globalement en Europe", a souligné mardi le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Recherche d'un consensus

La décision du Royaume-Uni de sortir de l'UE a aussi provoqué un électrochoc, rendant plus urgente encore, selon plusieurs capitales européennes, la nécessité de réformer l'Europe pour la rendre plus "lisible" et retrouver la confiance des citoyens. Le président français, la chancelière allemande Angela Merkel et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi ont appelé le 27 juin à Berlin à une "nouvelle impulsion" pour l'Europe. Ils doivent se retrouver le 22 août en Italie.

Dans ce contexte lourd, François Hollande a pris son bâton de pèlerin pour tenter de forger un consensus autour de quelques priorités : plus de défense européenne, plus d'investissements créateurs d'emplois, et plus d'Europe pour la jeunesse. "Il faut maintenant entrer dans des propositions concrètes. Il faut aussi rassembler les 27. Il ne s'agit pas d'en rester à ce qu'on a dit à trois. Dans ce travail, chaque Etat a voix au chapitre", insiste un diplomate français. Cette dynamique vise à jeter les bases d'un "consensus politique" au sommet de Bratislava le 16 septembre pour lancer ensuite "rapidement" le chantier de la modernisation de l'UE.

Côté défense, la France propose de renforcer la capacité à planifier et conduire des opérations communes. L'Europe doit pouvoir mobiliser plus vite des soldats et "mutualiser" plus de moyens militaires, selon un diplomate français.

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