Erdogan en panne d'influence

01/11/17 à 08:55 - Mise à jour à 08:56
Du Le Vif/L'Express du 27/10/17

Islam, culture, investissement : en dépit de ses outils, la diplomatie de la Turquie pâtit, en Europe et ailleurs, de la dérive autoritaire de son président.

Quand Abdullah Gül, prédécesseur de Recep Tayyip Erdogan à la présidence turque et cofondateur du Parti de la justice et du développement (AKP), recevait des dignitaires arabes, il dégainait pour détendre l'atmosphère une martingale infaillible : narrer les péripéties du dernier épisode du Siècle magnifique, série télévisée made in Turkey exaltant les hauts faits de Soliman Ier, dixième sultan de la dynastie ottomane. Distribué dans 40 pays, dont 22 moyen-orientaux, le feuilleton passait alors pour le vecteur le plus efficace de l'influence d'Ankara, plus performant encore que les instituts culturels et linguistiques Yunus-Emre, ainsi baptisés en hommage à un fameux poète et philosophe soufi. Sur la vaste scène du soft power - la diplomatie de la persuasion -, le régime islamo-conservateur d'Erdogan joue de tous les instruments de l'orchestre, de la flûte traversière à la grosse caisse. Dans son arsenal, le dernier cri de la propagande côtoie de vieux engins, détournés au besoin de leur vocation initiale, à l'image de la Diyanet, ou direction des Affaires religieuses, fondée en 1924 sous la férule de Mustafa Kemal Atatürk, père de la Turquie moderne, afin de diffuser l'idéal nationaliste et laïque. Surgeons de cet...

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