Daech détruit au bulldozer une cité historique assyrienne

06/03/15 à 09:03 - Mise à jour à 10:27

Source: Belga

Le groupe Etat islamique a commencé jeudi à détruire les ruines assyriennes de Nimroud, quelques jours après la diffusion par les jihadistes d'une vidéo montrant la destruction de sculptures préislamiques inestimables dans le nord de l'Irak, a annoncé le ministère du Tourisme.

Daech détruit au bulldozer une cité historique assyrienne

Des sculptures murales de la cité assyrienne de Nimroud, exposées ici au musée de Bagdad. © REUTERS

Daech a "pris d'assaut la cité historique de Nimroud et a commencé à la détruire avec des bulldozers", a dit le ministère du Tourisme et des Antiquités sur sa page officielle Facebook.

Un responsable des Antiquités a confirmé ces informations, précisant que les opérations de destruction avaient commencé jeudi après les prières de la mi-journée. Des camions qui ont pu être utilisés pour dérober des pièces archéologiques, ont par ailleurs été aperçus sur le site, a-t-il ajouté.

"Jusqu'à présent, nous ne pouvons pas mesurer l'ampleur des dégâts", a dit ce responsable sous couvert d'anonymat.

Nimroud, une cité fondée au 13e siècle avant JC, est située sur les rives du Tigre à quelque 30 km au sud-est de Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak, contrôlée par l'EI depuis juin dernier.

La forteresse de Nimroud (photo prise en 2009)

La forteresse de Nimroud (photo prise en 2009) © David King/Flickr (CC)

Dans une vidéo mise en ligne il y a juste une semaine, les djihadistes ont réduit en miettes des statues, frises et autres trésors pré-islamiques du musée de Mossoul, un acte dénoncé par la communauté internationale.

Après ces destructions, des archéologues ont fait part de leur crainte de voir Daech s'en prendre à d'autres sites historiques dans les régions sous leur contrôle en Irak, citant notamment les villes de Hatra, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, et de Nimroud, toutes deux au sud de Mossoul.

Les djihadistes estiment que les statues ou les tombes favorisent l'idolâtrie.

Cet avis est extrêmement marginal, même chez les religieux les plus traditionnels, pour qui ce qui pouvait être considéré comme une idole du temps du prophète Mahomet fait désormais partie du patrimoine.

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