Bangladesh : au moins 200 morts après l'effondrement d'un immeuble

25/04/13 à 08:23 - Mise à jour à 08:23

Source: Le Vif

Les secours au Bangladesh luttent toujours pour extraire des survivants piégés sous les décombres d'un immeuble, un effondrement qui a fait au moins 200 morts et relance la polémique sur la sécurité dans l'industrie textile fournissant des marques occidentales.

Bangladesh : au moins 200 morts après l'effondrement d'un immeuble

© Image Globe

Les drapeaux sont en berne aujourd'hui et un jour de deuil national en hommage aux victimes de cet accident a été déclaré. Il s'agit du pire accident de l'industrie au Bangladesh.

L'immeuble de huit étages Rana Plaza s'est effondré comme un château de cartes à 09H00 (05H00 en Belgique) mercredi, à Savar, une ville à la périphérie de Dacca. Seul le rez-de-chaussée est resté intact et la scène évoquait les conséquences d'un puissant séisme.

Des ouvriers du textile travaillant au sein du bâtiment s'étaient publiquement inquiétés la veille de fissures, mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d'embaucher normalement le jour suivant. Munis de découpeuses et de foreuses, les pompiers et des membres de l'armée ont réussi à extraire au moins six personnes en vie au cours de la nuit après avoir fait passer des vivres et de l'oxygène dans des trous improvisés entre les gravats.

"Le bilan est désormais de 200 morts", a dit A.B.M. Masud Hossain, précisant que des milliers de personnes, certaines brandissant des photos de proches, étaient massées sur les lieux du drame dans l'attente de nouvelles des personnes toujours portées disparues.

Quelque 1.000 personnes étaient par ailleurs soignées à l'hôpital, selon Hiralal Roy, un médecin urgentiste de l'hôpital Enam, proche du lieu du drame.

Des problèmes de sécurité dans l'industrie du textile

Cet accident relance la polémique sur les conditions de sécurité et de travail dans le secteur textile au Bangladesh, le deuxième plus important au monde, qui fournit nombre de marques occidentales à bas prix.

En novembre 2012, un incendie dans une usine textile fournissant notamment la chaîne américaine Walmart avait fait 111 morts à la périphérie de Dacca. Selon des ouvriers, leurs responsables leur avaient demandé de rester à leur poste en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un exercice d'alerte incendie.

Selon Tessel Pauli, une porte-parole de Clean Clothes Campaign, une association de défense des travailleurs du textile basée à Amsterdam, cet accident est "symptomatique" des problèmes dans ce secteur au Bangladesh. "Ces accidents montrent un échec des marques (étrangères) à faire de la sécurité une priorité. Ils savent ce qui doit être fait et ne le font pas", a-t-elle dénoncé mercredi.

Selon l'Association des fabricants et exportateurs de textile au Bangladesh (BGMEA), les ateliers de confection situés dans l'immeuble employaient plus de 2.600 ouvriers. "Le groupe est choqué et profondément attristé par cet accident épouvantable à Savar et exprime ses condoléances à toutes les personnes concernées", a-t-il indiqué dans un communiqué.

La chaîne britannique de vêtements à bas prix, Primark, a indiqué que l'un de ses fournisseurs était basé au Rana Plaza. "Le groupe est choqué et profondément attristé par cet accident épouvantable à Savar et exprime ses condoléances à toutes les personnes concernées", selon un communiqué.

Walmart a de son côté dit enquêter pour savoir si elle avait des fournisseurs basés au Rana Plaza. La marque espagnole Mango et l'italien Benetton ont affirmé qu'aucun de leurs fournisseurs bangladais n'était impliqué.

Une enquête ouverte

Un responsable de la police, Monir Hossain, a indiqué qu'une enquête avait été ouverte à l'encontre du propriétaire du bâtiment, un membre du parti au pouvoir, pour violation des règles de construction.

Mustafizur Rahman, le responsable d'une unité de police spécialement chargée du secteur industriel, a par ailleurs affirmé à la presse que les propriétaires des ateliers situés dans l'immeuble avaient délibérément ignoré un appel de fermeture lancé par les autorités et demeuraient invisibles depuis la catastrophe. "Après avoir constaté les fissures mardi, nous leur avons dit de fermer les ateliers. Ils n'en ont pas tenu compte", a-t-il conclu.

En savoir plus sur:

Nos partenaires