Alep: l'UE durcit le ton contre Moscou mais évite la référence à des sanctions

21/10/16 à 08:28 - Mise à jour à 08:28

Source: Afp

Les 28 pays de l'Union européenne, réunis en sommet jeudi à Bruxelles, ont "fermement condamné" la participation de la Russie à l'offensive du régime syrien contre Alep, mais ont évité la référence à de possibles sanctions qui suscitait des réticences, de l'Italie notamment.

Alep: l'UE durcit le ton contre Moscou mais évite la référence à des sanctions

Vue aérienne sur Alep. © REUTERS

Le texte finalement adopté par les 28 dirigeants de l'UE, diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi, ne mentionne plus le recours possible à "des mesures restrictives (sanctions, ndlr) complémentaires" visant des "soutiens" du régime de Damas, comme le faisait un projet d'accord consulté jeudi matin par l'AFP.

"L'Union européenne est en train d'envisager toutes les options disponibles si les atrocités continuent", peut-on simplement lire dans les conclusions.

Les 28 y demandent aussi "une cessation immédiate des hostilités" à Alep, comme l'a rappelé Donald Tusk, président du Conseil européen. Et que les secours puissent accéder "sans entrave" aux civils dans tout le pays.

"Tout devrait être fait pour étendre le cessez-le-feu, apporter l'aide humanitaire à la population civile et créer les conditions pour ouvrir des négociations sur une transition politique en Syrie", ajoute le texte final.

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a reconnu implicitement qu'il n'était pas favorable à la référence explicite à des sanctions pouvant cibler la Russie.

"Je crois que cela n'aurait pas de sens d'insérer ici une référence à des sanctions, et du reste c'est la même position que celle approuvée par les ministres des Affaires étrangères lundi" lors d'une réunion à Luxembourg, a fait valoir M. Renzi à l'issue du sommet.

Il a estimé que l'essentiel était "de faire toutes les pressions possibles pour arriver à un accord en Syrie".

"Je pense qu'il y a un consensus assez large concernant les options stratégiques vis-à-vis de la Russie", a argué de son côté la chancelière allemande Angela Merkel.

A propos de l'attitude de Moscou en Syrie, "on a compris qu'il faut une solution commune, il faut des compromis entre nous (...) Ce souhait d'aboutir à une voix unique a été une priorité", a-t-elle assuré.

Mercredi soir, Mme Merkel et le président français François Hollande avaient pourtant brandi la menace de sanctions contre Moscou, à l'issue d'une réunion musclée à Berlin avec le président russe Vladimir Poutine.

Des réserves sur les sanctions

Mais des réserves se sont exprimées à l'arrivée au sommet à Bruxelles qui prendra fin vendredi.

"Ce qui se passe à Alep est inacceptable, je le condamne de la façon la plus ferme, mais est-ce que la sanction est la bonne discussion aujourd'hui? C'est condamnable, il faut voir de quelle manière", a souligné le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel.

Les sanctions sont "une option", qui ne rencontre pas d'unité au sein de l'Union pour l'instant, a confirmé son homologue suédois Stefan Löfven.

Moscou est sous le feu des critiques des Occidentaux pour sa participation à l'offensive lancée depuis un mois par le régime syrien contre la partie est d'Alep, tenue par les rebelles.

Les raids aériens russo-syriens ont été temporairement suspendus depuis mardi, mais l'incertitude demeure sur la durée de cette "pause humanitaire".

Déjà lundi les chefs de la diplomatie des 28 avaient dénoncé les attaques du régime syrien et de ses alliés "particulièrement la Russie". Celles-ci "pourraient constituer des crimes de guerre" passibles de poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, avaient-ils estimé.

Le "débat stratégique" sur la relation UE-Russie convoqué jeudi au sommet des chefs d'Etat --réclamé en mai par Matteo Renzi--, visait initialement à examiner un possible assouplissement de la position de l'UE à l'égard de Moscou dans le dossier ukrainien.

Depuis son annexion, jugée illégale, de la Crimée en mars 2014, la Russie est frappée par des mesures restrictives (interdictions de séjour, gels d'avoirs dans l'UE) concernant près de 200 personnes ou organisations et par de lourdes sanctions économiques.

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