Réchauffement : le nouveau rapport du Giec durcit le diagnostic de 2007

27/09/13 à 13:39 - Mise à jour à 13:39

Source: Le Vif

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a présenté ce matin à Stockholm la première partie de son nouveau rapport. "L'atmosphère et l'océan se sont réchauffés. La quantité de neige et de glaces a diminué, le niveau moyen de la mer s'est élevé et les concentrations de gaz à effet de serre ont crû", synthétisent-ils dans ce document. La responsabilité de l'homme dans ce processus est plus certaine que jamais.

Réchauffement : le nouveau rapport du Giec durcit le diagnostic de 2007

© Reuters

Alors que certains évoquent une "pause" dans le réchauffement de la planète, le Giec reconnait que celui-ci s'est poursuivi entre 1998 et 2012 "à un rythme moins accéléré que la moyenne calculée depuis 1951". Les experts précisent toutefois que "chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude que les précédentes depuis 1850".

Concernant l'ampleur possible ce réchauffement, il est probable que la Terre se réchauffe jusqu'à 4,8°C d'ici la fin du siècle. Le Giec a retenu quatre scénarios possibles, en fonction des quantités de gaz à effet de serre qui seront émises dans l'atmosphère dans les prochaines décennies. Dans le plus optimiste, le réchauffement se limiterait à une augmentation de 0,3°C. Depuis l'époque pré-industrielle, notre planète s'est déjà réchauffée de 0,8°C.

Il est désormais "extrêmement probable" que l'activité humaine soit la principale cause de cette augmentation de température. Le niveau de certitude des scientifiques est maintenant de 95%, soit 5% de plus qu'en 2007, date du dernier rapport.

Des conséquences plus importantes

Les climatologues s'attendent à ce que le réchauffement climatique provoque des événements météorologiques extrêmes plus intenses. "Les vagues de chaleur seront très probablement plus fréquentes et plus longues. A mesure du réchauffement de la Terre, les régions habituellement humides recevront plus de précipitations tandis que les régions les plus sèches en recevront moins, bien qu'il y aura des exceptions régionales", expliquent-ils

La hausse du niveau des mers est une autre conséquence majeure du réchauffement. A ce sujet, le Giec revoit aussi ses projections : les mers pourraient, en moyenne, monter de 26 à 82 cm d'ici 2100 contre 18 à 59 cm dans le rapport 2007. Ainsi, la côte belge serait menacée.

Les océans se remplissent et les glaces fondent : la banquise arctique estivale a perdu entre 9,4 % et 13,6 % de sa surface depuis 1979. Les experts n'excluent pas qu'elle ait totalement disparue au milieu du siècle, dans le cas du scénario le plus noir.

Joindre le geste à la parole

Suite à la publication du rapport du Giec, plusieurs organisations environnementales belges, critiquent dans un communiqué le manque de volonté des gouvernements pour instaurer une véritable politique du climat. "Les autorités qui ont validé ce rapport à Stockholm doivent maintenant joindre le geste à la parole et faire preuve de plus d'ambition aussi vite que possible" soulignent ainsi le WWF, Bond Beter Leefmilieu (BBL), Inter-Environnement Wallonie (IEW) et Greenpeace.

Le secteur de l'énergie, doit, selon ces associations, jouer un rôle clé. "Les prochaines années seront cruciales pour assurer la transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables. Il faut aussi éviter que les émissions de C02 n'augmentent encore suite à la création de nouvelles infrastructures," expliquent-elles.

Pour les experts du Giec, limiter le C02 ne suffira pas à inverser le processus : "les effets du changement climatique persisteront pendant de nombreux siècles même si les émissions de CO2 venaient à s'arrêter".

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