La population d'animaux marins réduite de moitié en 40 ans

16/09/15 à 10:58 - Mise à jour à 10:57

Source: Belga

En 40 ans, les populations d'animaux marins se sont vu diviser par deux en moyenne. Près de trois milliards d'êtres humains sont directement menacés par ce phénomène dû notamment à une pêche ne respectant pas le rythme de reproduction des poissons.

La population d'animaux marins réduite de moitié en 40 ans

© Reuters

C'est le constat alarmant posé par le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans son rapport "Planète Vivante Océans 2015" publié mercredi.

Le poisson constitue une denrée vitale pour près de la moitié de la population mondiale en tant que principale source de protéines. Ceci est particulièrement vrai pour des populations précarisées, dont certaines communautés côtières. Or, entre 1970 et 2012, un déclin de 49% des populations marines a été constaté selon le rapport. Pour dresser cet état des océans, le WWF et la Zoological Society of London ont comparé des études ayant observé quelque 5.829 populations marines appartenant à 1.234 espèces. Il en ressort ainsi que les populations de poissons les plus touchées par cette érosion sont celles essentielles à la pêche commerciale et à la pêche de subsistance, soit celles nécessaires à l'alimentation humaine. "Le rapport fait état d'un spectaculaire recul de 74% des effectifs de la famille englobant des poissons aussi prisés que le thon, le maquereau et la bonite", stipule-t-il.

La détérioration de l'environnement dans lequel vivent ces animaux est également en partie responsable de leur déclin. Les récifs coralliens, les mangroves et les prairies sous-marines souffrent ainsi énormément de l'activité humaine. Ceux-ci pourraient même avoir disparu d'ici 2050. "Sachant que plus de 25% de toutes les espèces marines en sont les hôtes et que près de 850 millions de personnes bénéficient directement de leurs services économiques, sociaux et culturels, la perte des récifs coralliens représenterait une extinction catastrophique, aux conséquences dramatiques sur les communautés", commente le WWF.

Le directeur général du WWF International, Marco Lambertini, met ainsi en garde face aux risques que représente le déclin des océans. "L'effondrement des écosystèmes océaniques est en mesure de déclencher une grave crise économique et de compromettre les résultats de la lutte que nous menons pour éradiquer la pauvreté et la malnutrition", prévient-il. Si la surpêche est la première cause de cet effritement de la biodiversité marine, le rapport souligne également les effets délétères du réchauffement climatique. "L'élévation des températures et de l'acidité des océans, attribuable au dioxyde de carbone, aggrave les impacts négatifs de la surpêche et des autres grandes menaces, telles la dégradation des habitats et la pollution." Face à ce constat alarmant, l'organisation non gouvernementale rappelle qu'il est encore temps d'agir. La 21e conférence des parties à la Convention-cadre de l'ONU sur les changements climatiques, qui se tiendra au mois de décembre à Paris, constitue une opportunité importante d'inverser le cours des événements. "L'océan est une ressource renouvelable capable de répondre aux besoins de toutes les générations futures si les pressions auxquelles il est exposé sont efficacement atténuées", note M. Lambertini.

Le rapport avance ainsi plusieurs pistes pour préserver les ressources océaniques, en sauvegardant et reconstituant le capital naturel marin, en consommant de manière plus réfléchie les produits des mers et en promouvant de manière active le développement durable. Le WWF rappelle ainsi que la création de réserves marines est un investissement intelligent puisque chaque dollar dépensé dans ce but en rapporte trois en matière d'emploi, de protection côtière et de pêcheries, selon une récente étude de l'ONG. La protection des habitats marins cruciaux permettrait ainsi un bénéfice évalué entre 490 et 920 milliards de dollars entre 2015 et 2020. La semaine passée, la branche belge de WWF mettait aussi en avant la "semaine de la pêche responsable", visant à promouvoir les produits bénéficiant des labels MSC (pêche durable) et ASC (aquaculture responsable).

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