Crise en Tunisie - Les islamistes d'Ennahda annoncent des concessions sur le projet de future Constitution

22/08/13 à 18:44 - Mise à jour à 18:44

Source: Le Vif

(Belga) Les islamistes au pouvoir en Tunisie ont annoncé jeudi avoir revu plusieurs points litigieux du projet de Constitution, notamment sur la place de l'islam, au moment où le pays est plongé dans une profonde crise politique.

Crise en Tunisie - Les islamistes d'Ennahda annoncent des concessions sur le projet de future Constitution

Le groupe islamiste Ennahda à la Constituante (89 députés sur 217) a indiqué avoir trouvé un accord avec cinq petits partis pour supprimer du projet l'article 141 dont la disposition la plus critiquée par l'opposition prévoyait qu'aucune révision constitutionnelle ne pouvait porter atteinte à "l'islam en tant que religion de l'État". Pour l'opposition, cette formulation laissait la porte ouverte à l'introduction de la charia en Tunisie, même si le parti Ennahda a assuré avoir renoncé à instaurer la loi islamique comme source de droit dans le pays. Par ailleurs, les islamistes ont indiqué que les articles 1 et 2 du projet qui font consensus ne pourront faire l'objet d'aucun amendement. Le premier stipule que "La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, sa religion est l'islam, sa langue est l'arabe et son régime la république". Le second dit: "La Tunisie est un État à caractère civil basé sur la citoyenneté, la volonté du peuple et la primauté du droit". Enfin, dans le préambule, la formule "sur la base des enseignements de l'islam" est remplacée par "sur la base de l'attachement de notre peuple aux enseignements de l'islam". Ces changements répondent des revendications de l'opposition laïque dont une grande partie des élus boycottent les travaux de l'Assemblée nationale constituante (ANC) en raison de la crise politique déclenchée par l'assassinat du député d'opposition Mohamed Brahmi fin juillet. Cette coalition réclame la démission du gouvernement et son remplacement par un cabinet d'indépendants avant tout pourparlers, notamment sur le contenu de la future Constitution dont la rédaction a pris près d'un an de retard. (Belga)

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