Wathelet: "Quand j'ai vu que Reynders se désolidarisait, j'ai compris que j'étais cuit"

25/09/14 à 07:34 - Mise à jour à 07:34

Source: Le Vif

A près de 37 ans, le très prometteur secrétaire d'Etat CDH s'apprête à jeter l'éponge. Le dossier du survol de Bruxelles a eu raison de lui. Moins, toutefois, que les coups de couteau venus de son camp. Il s'en explique.

Wathelet: "Quand j'ai vu que Reynders se désolidarisait, j'ai compris que j'étais cuit"

© BELGA

Il y a peu de chances que Melchior Wathelet s'attarde en politique. Le milieu a assisté sans mot dire à sa chute, en plein vacarme assourdissant des avions. Pour ne pas dire qu'il l'a provoquée. En huit mois, sa carrière politique, lancée en 2003, a implosé.

Jusque-là, tout lui avait réussi. Député à 25 ans, puis chef de groupe à la Chambre, il met cinq ans à peine pour entrer au gouvernement fédéral. Il rempile dans le gouvernement Di Rupo, où il décroche un secrétariat d'Etat aux Réformes institutionnelles, à l'Energie et à la Mobilité, avant de reprendre à Joëlle Milquet le cabinet de l'Intérieur (en affaires courantes) et le prestigieux titre de vice-Premier ministre. Jusqu'au début de cette année 2014, il brille.

Chargé en 2011 de mettre en oeuvre le plan Schouppe, qui prévoit de nouvelles routes aériennes au-dessus de Bruxelles, Melchior Wathelet s'exécute et donne ses premières instructions à Belgocontrol en mars 2012. Très vites, certains s'impatientent : le FDF, le MR et même les élus CDH le pressent de concrétiser ce plan. Le 6 février 2014, une partie des Bruxellois, incrédules, se réveillent sous les vrombissements, de 6h à 23h. Questionné, le secrétaire d'Etat Melchior Wathelet rappelle que ce plan de survol, qui s'est entretemps rebaptisé "plan Wathelet", n'est pas le sien et qu'il ne fait qu'exécuter un accord conclu précédemment.

Trop tard : Wathelet est cuit. Honni par le mouvement citoyen "Pas question", qui s'oppose au survol de Bruxelles de cette manière et prend une ampleur folle ; lâché par le MR ; puis par son propre parti... Et singulièrement Joëlle Milquet.

Aujourd'hui, convaincu d'être une victime expiatoire et las de se faire insulter en rue, le Verviétois songe à tout plaquer pour se reconvertir dans le privé.

Dans Le Vif/L'Express de cette semaine, Melchior Wathelet s'exprime pour la première fois sur sa "fatal error". Sa vérité, en somme. Racontant comment il assume ce que certains appellent "un entêtement", comment et quand il a compris le piège qui se refermait sur lui, comment il a vécu son lâchage jusque par les siens et comment il espère bien rebondir.

Par Laurence van Ruymbeke

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