Une médication inappropriée à la base de nombreuses hospitalisations

01/10/16 à 09:00 - Mise à jour à 30/09/16 à 15:30

Source: Belga

Environ 30% des hospitalisations de personnes âgées sont liées à une surconsommation, une sous-consommation ou une utilisation inappropriée de médicaments, notamment à cause de doses inadéquates.

La mise en place d'une approche multidisciplinaire permet cependant de diminuer les risques, a indiqué vendredi Anne Spinewine, chercheuse en pharmacie clinique au Louvain Drug Research Institute de l'UCL, lors d'une conférence de presse en marge de la journée internationale des personnes âgées programmée samedi.

Des études révèlent que 15% des personnes âgées de 70 à 79 ans et près de 20% des plus de 80 ans consomment au moins dix médicaments par jour alors que 50 à 60% en prennent au moins cinq quotidiennement. Près d'une personne âgée sur deux reçoit par ailleurs un médicament inapproprié, pour lequel les risques sont supérieurs aux bénéfices.

"Une médication inappropriée augmente les risques d'effets secondaires et d'hospitalisation", commente Anne Spinewine. "On constate par exemple une prise trop élevée d'anti-inflammatoires et de benzodiazépines pour les troubles du sommeil. Les médicaments pour la prévention des accidents vasculaires cérébraux ou des fractures sont par contre souvent omis."

Le Louvain Drug Research Institute de l'UCL étudie plusieurs approches afin de diminuer les risques liés à une mauvaise utilisation des médicaments, comme l'intégration d'un pharmacien clinicien dans le service de gériatrie. "Cela permet d'améliorer la qualité de prescription", explique la chercheuse. "La communication avec le généraliste à la sortie de l'hôpital contribue également à un meilleur suivi."

Le groupe participe par ailleurs à deux projets (OPERAM et COME-ON) destinés à corriger la médication des personnes âgées grâce à un logiciel ou à des concertations entre les différents acteurs de la santé (médecins généralistes, pharmaciens, infirmiers). "Les résultats préliminaires sont positifs", précise Anne Spinewine. "Des recommandations seront ensuite transmises aux autorités de la santé."

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