Une Belge raconte ses huit mois au sein du khalifat de l'Etat islamique

22/04/16 à 10:42 - Mise à jour à 11:48

Laura Passoni vient de Charleroi et a passé huit mois dans les entrailles de l'Etat islamique. Elle raconte son calvaire dans un journal italien.

Une Belge raconte ses huit mois au sein du khalifat de l'Etat islamique

Laura Passoni © Capture d'écran YouTube

Laura Passoni , 30 ans, a été condamnée début mars à 5 ans avec sursis. Cette Belge qui vit à Jumet près de Charleroi est accusée de participation à une organisation terroriste. Elle raconte pour la première fois son histoire au journal italien La Reppublica.

La jeune femme a quitté la Belgique en juillet 2014 avec son mari tunisien, qu'elle a rencontré sur internet, pour rejoindre la Syrie. Elle prend son jeune fils de quatre ans avec elle. Elle avait un emploi stable et son fils était scolarisé, mais elle espérait pouvoir vivre une vie meilleure là-bas. Elle n'avait jamais entendu parler de l'EI et dit avoir été happée par la propagande du khalifat.

Elle était déjà convertie, elle va se radicaliser.

Au point de croire qu'il n'y a que là que les vrais musulmans peuvent vivre et que cela serait l'endroit idéal pour élever son fils. Elle précise encore que c'était son idée de partir et que personne ne l'y avait obligé. Elle se rendra en Turquie via une croisière.

Très vite sa vision idéalisée du khalifat sera confrontée à l'horrible réalité. Elle ne pourra plus sortir seule de la maison. Elle ne peut pas non plus travailler. Elle se sent comme en prison et doit porter une burka. Après deux mois, elle supplie ses parents de venir la chercher. Il va lui falloir six mois pour réussir à s'échapper de façon quelque peu rocambolesque. Elle va réussir à prendre un avion pour la Turquie et, de là, un autre avion pour Charleroi où elle est directement arrêtée. En plus d'une peine de 5 ans avec sursis elle sera condamnée à une amende de 15.000 euros. Elle ne peut plus utiliser les réseaux sociaux et ses e-mails et son téléphone sont surveillés, dit-elle encore au journal italien.

Mais ce n'est rien par rapport à l'enfer qu'elle a vécu là-bas. Si elle parle, c'est surtout pour décourager d'autres femmes de partir. Elle supplie celles qui seraient tentées de ne pas tomber dans le même piège qu'elle. Elle ne dira pas non plus quel était le rôle réel de son mari au sein du khalifat.

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