Un millier de pompiers dans les rues de Bruxelles

13/12/13 à 12:06 - Mise à jour à 12:06

Source: Le Vif

Près d'un millier de pompiers, selon la police, bloquaient vendredi matin le tunnel situé entre le carrefour Arts-Loi et la place Madou, sur la Petite Ceinture, à Bruxelles. Cela entraîne d'importants embarras de circulation.

Un millier de pompiers dans les rues de Bruxelles

© Image Globe

A l'appel des syndicats réunis en front commun, les pompiers manifestent depuis 10h00 dans le centre-ville de Bruxelles, alors que se déroule au même moment un conseil des ministres au 16, rue de la Loi.

Les manifestants sont partis de la colonne du Congrès pour s'approcher de la zone neutre. Ils devaient y déposer symboliquement des casques de pompiers. Vers 13h00, une délégation devrait être reçue au cabinet de la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet.

Les syndicats estiment que l'avancée du dossier relatif aux statuts, entre autres, "ne rencontre pas suffisamment les aspirations du personnel des services d'incendie". "De l'avis des sapeurs-pompiers eux-mêmes, il s'agit d'ailleurs d'un recul", selon la secrétaire fédérale CGSP-Pompiers, Liliane Lemauvais.

Les syndicats dénoncent notamment des réunions sans support documentaire, des réunions ajournées, etc. Ils se plaignent aussi de l'absence de véritables propositions de négociation.

Les pompiers obtiennent la promesse d'une étape transitoire dans la réforme

A la suite de la manifestation des pompiers devant le cabinet du Premier ministre à Bruxelles, en marge du conseil des ministres, une délégation syndicale a été reçue, vendredi, à 13h, par la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet (cdH). Celle-ci leur a promis de créer une étape transitoire afin que les pompiers plus anciens ne soient pas lourdement pénalisés.

Mil Luyten, secrétaire fédéral à la CGSP, se dit satisfait de la promesse faite par la ministre. "Elle nous a promis de créer une étape transitoire afin que les pompiers plus anciens ne soient pas lourdement pénalisés. Maintenant, le comité C, composé des sections services publics des 3 syndicats de la FGTB, de la CSC et de la CGSLB, étudiera en détail les textes mardi prochain. Si leurs propositions nous paraissent insuffisantes, nous reviendrons manifester à Bruxelles."

Les pompiers ont envahi la zone neutre à 11h30, après un face-à-face tendu avec les forces de police. Ils ont manifesté leur mécontentement devant l'empressement des autorités à vouloir faire passer pour la fin de l'année des modifications administratives et salariales défavorables aux hommes du feu. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre de la réforme de la sécurité civile, entamée en 2007 pour harmoniser le secteur.

Manifester est un droit, mais pas avec du matériel de secours à la population

Le chef du groupe PS au parlement bruxellois, Philippe Close, n'a pas caché vendredi un certain malaise face aux débordements qui ont eu lieu lors de la manifestation des hommes du feu qui ont forcé un barrage policier pour pénétrer dans la zone neutre, notamment, selon lui, en utilisant du matériel de service.

"Le droit de manifester est incontestable. Oui, il faut des manifestations visibles et médiatiques pour se faire entendre. Cependant, l'ampleur de la mobilisation a conduit à une paralysie complète de la circulation en Région bruxelloise. Et pour cause, les manifestants sont venus en nombre avec camions et autres véhicules de service. Ils ont forcé les barrages policiers et on dénombre quatre policiers blessés", a-t-il déploré dans un communiqué.

Par ailleurs, il semblerait, a-t-il ajouté, que le personnel du SIAMU ait participé à cette manifestation avec deux véhicules d'intervention (une autopompe et une auto-échelle).

Le SIAMU étant un organisme d'intérêt public de la Région Bruxelles-Capitale on peut aisément se demander s'il est acceptable que des véhicules d'intervention supposés devoir servir exclusivement à porter secours à la population soient utilisés dans le cadre de ces manifestations, si le personnel du SIAMU manifestant était de service et si une enquête est envisagée concernant l'utilisation de véhicules et d'hommes afin de participer à cette la manifestation.

"En suivant cette logique va-t-on voir défiler des chars dans notre capitale si soudainement l'armée voulait manifester, s'est encore interrogé M. Close, demandant au secrétaire d'Etat Christos Doulkeridis, chargé de la lutte contre l'incendie et l'aide médicale urgente, de se faire respecter afin que le matériel et les deniers publics ne soient pas utilisés à d'autres fins que celle de leur fonction première au service de la population.

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