Trois entreprises belges poursuivies pour avoir exporté un composant de gaz sarin en Syrie

18/04/18 à 10:24 - Mise à jour à 11:34

Source: Knack

La douane poursuit trois sociétés belges devant le tribunal correctionnel d'Anvers pour avoir exporté des produits chimiques de Belgique en Syrie sans les autorisations nécessaires. L'information est révélée par nos confrères de Knack.

Trois entreprises belges poursuivies pour avoir exporté un composant de gaz sarin en Syrie

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Le 15 mai, un procès sur l'exportation de produits chimiques en Syrie démarrera au tribunal correctionnel anversois. La douane assigne trois entreprises belges : un commerce de gros en produits chimiques pour utilisation industrielle, un bureau d'affaires qui fournissait des services administratifs jusqu'à ce qu'il fasse faillite en 2017, et une entreprise logistique.

Selon la douane, les trois entreprises n'ont pas soumis les autorisations requises pour l'exportation de grandes quantités de substances chimiques vers la Syrie et le Liban. La citation fait état de 24 envois entre 2014 et 2016 de 168 tonnes d'isopropanol, 219 tonnes d'acétone, 77 tonnes de méthanol et 21 tonnes de dichlorométhane. Depuis juillet 2013, il faut une autorisation pour exporter des produits chimiques en Syrie.

La douane n'a constaté l'absence des autorisations requises qu'une fois les substances chimiques déjà exportées. Cela pose question : la douane n'aurait-elle pas dû vérifier les exportations de manière proactive ?

L'une des quatre substances chimiques - l'isopropanol - peut servir de composante du sarin gaz. Il se retrouve également dans certains désinfectants, produits de nettoyage et en pharmaceutique.

D'après l'assignation, 96 tonnes d'isopropanol ont été exportées en Syrie au cours de cinq envois réalisés entre 2014 et 2016. D'après les trois entreprises, les destinataires sont des partenaires commerciaux privés avec qui ils entretiennent des relations commerciales depuis plus de dix ans, et ces derniers n'apparaîtraient sur aucune liste suspecte.

Les trois sociétés affirment qu'elles n'étaient pas au courant de l'obligation de soumettre une autorisation. Elles invoquent également le scanning, l'analyse et le contrôle d'identité automatique à la douane pour tous les conteneurs-citernes à destination de la Syrie.

L'hebdomadaire Knack et l'ONG allemande Syrian Archive ont découvert le scandale de l'isopropanol après avoir constaté dans la banque de données Comtrade des Nations-Unies que la Belgique est le seul pays de l'UE à exporter de l'isopropanol en Syrie depuis l'obligation d'autorisation instaurée en 2013.

Après avoir rejoint la Convention sur l'interdiction des armes chimiques en 2013, la Syrie a dû détruire son stock complet d'isopropanol. D'après l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques des Nations unies (OIAC), la Syrie a détruit 133 tonnes d'isopropanol.

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