Terrorisme : le rapport qui décortique les vraies raisons de l'échec policier

17/05/16 à 09:48 - Mise à jour à 09:48

Source: Le Vif/l'express

Sous-financée et déstabilisée, la police judiciaire fédérale, en tout cas à Bruxelles, n'était pas en ordre de marche avant les attentats terroristes. L'ancien chef de la PJ de Charleroi et conseiller de Joëlle Milquet n'est pas tendre envers l'état-major.

Le commissaire divisionnaire Jean-Pierre Doraene a souvent été en avance d'une guerre, notamment dans la lutte contre la criminalité en col blanc. En 1993, avec sa double casquette d'enquêteur et d'expert-comptable bardé de diplômes obtenus en cours du soir (il est fils de mineur), ce péjiste rigoureux a créé et dirigé pendant six ans l'Office central de la lutte contre la délinquance économique et financière organisée (OCEDEFO). Au début de l'affaire Dutroux, quand tout concourt à faire porter le chapeau de l'échec des enquêtes sur les disparitions d'enfants à la seule magistrature et à la PJ, il révèle les dessous de l'Opération Othello, démontrant que l'état-major de la gendarmerie avait mené une enquête parallèle sur Marc Dutroux. La réforme des polices accouche d'une "police intégrée, organisée à deux niveaux". Quand il prend la tête du service judiciaire d'arrondissement de Charleroi, Doraene s'emploie à réconcilier les frères ennemis de la gendarmerie et de la police judiciaire. Et, dans sa lutte contre la criminalité lourde, il implique les zones de police (anciennes polices communales). Sensibles à sa détermination, le Premier Ministre Guy Verhofstadt (Open VLD) et son conseiller "sécurité" de l'époque, Brice De Ruyver (Université de Gand), soutiennent ce chef policier atypique, dont les enquêteurs aident les magistrats à envoyer des pelletées de truands et de criminels devant les tribunaux et cours d'assises. Fin 2005, le procureur du roi, Christian De Valkeneer (actuel procureur général de Liège), lance la PJF aux trousses des "parvenus" du PS carolo. Quatre ans plus tard, Jean-Pierre Doraene quitte ce bateau agité pour rejoindre la direction générale de la police judiciaire. Dans son rapport Vitruvius (2010), il lance un cri d'alarme : la pyramide des âges de la police judiciaire va entraîner des départs massifs et une perte accélérée de savoir-faire. Le désastre était déjà annoncé mais en vain. D'autres mises en garde ne sont pas écoutées. Dans son rapport d'évaluation (mai 2012) du plan national de sécurité, le Conseil fédéral de police ...

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