Live Revivez la grève nationale : la CSC espère un "signal clair du gouvernement pour la nouvelle année"

15/12/14 à 05:50 - Mise à jour à 20:30

Depuis ce matin, la Belgique vit au ralenti, au rythme d'une grève nationale. Ces actions sont dirigées contre des mesures du gouvernement fédéral Michel I.

Revivez la grève nationale : la CSC espère un "signal clair du gouvernement pour la nouvelle année"

/ © Belga

  • Fait rare: aucun embouteillage en soirée

    Aucun embouteillage n'était répertorié sur les routes belges en soirée et la plupart des blocages ont été levés, précise le centre flamand du trafic. "La circulation était fluide à Bruxelles dès 16h. Il n'y a pas d'embouteillages en Belgique", comme en témoigne également le site trafiroutes.wallonie.be, un fait plutôt exceptionnel. Des embarras pourraient toutefois avoir lieu mardi en raison de l'action de protestation des syndicats SLFP Police, SNPS, CSC Police et CGSP. La circulation des trains reprendra mardi matin, tout comme celle des autres transports en commun.

  • Les barrages et piquets levés, les syndicats ravis

    Les syndicats sont ravis de "l'excellente mobilisation des troupes et de l'excellente réaction de la population" en province de Namur. Quelques échanges verbaux ont parfois eu lieu entre grévistes et non grévistes et un homme a été blessé près d'un barrage filtrant à Andenne. Les accès et ronds-points menant notamment aux zonings industriels de Rhisnes, Seilles (Andenne), Créalys (Gembloux), Malonne, et Naninne étaient bloqués. "La nationale 4 à Naninne a été bloquée durant deux ou trois heures et la sortie Namur-Ouest sur la E42 a été bloquée également mais comme il y avait peu de circulation, ça n'a pas eu des conséquences catastrophiques", ajoute Luc Giltay. A Andenne, un homme a été blessé, d'après le parquet de Namur. Dans un barrage filtrant, un automobiliste a patienté dans la file et quand son tour est arrivé de franchir le barrage, des grévistes se sont à nouveau postés devant son véhicule. Perdant patience, il a forcé le passage. Les grévistes ont lancé une palette sur son véhicule mais celle-ci a rebondi et a blessé l'un d'eux se trouvant à proximité. Le conducteur est parti.

    La plupart des entreprises de la province ainsi que les complexes commerciaux de Jemeppe-sur-Sambre, Andenne, Couvin, Mettet, Philippeville, Florennes, Dinant, Ciney, ou encore Beauraing étaient fermés. D'après Luc Giltay, le personnel des services publics, des administrations communales, des CPAS et des services provinciaux étaient particulièrement mobilisés. La police, les hôpitaux privés et publics, les prisons d'Andenne, Namur et Dinant fonctionnaient en service minimum, soit en service du dimanche. La mobilisation était plus importante que lors de la grève du 1er décembre dans les crèches et les écoles.

    Liège

    La journée de grève en province de Liège s'est également achevée lundi sur un bilan globalement positif, selon les syndicats, bien que quelques incidents soient à déplorer. Les piquets de grève ont été levés progressivement dès le milieu d'après-midi. Les zonings de Villers-le-Bouillet, Flémalle, Hauts-Sarts, Sart-Tilman, Grâce-Hollogne, des Plenesses, Petit-Rechain, Saint-Vith et Eupen sont à nouveau accessibles, après environ 12 heures de blocage. Les piquets ont été levés également devant les galeries commerçantes, les grandes enseignes et les entreprises. Tant selon la CSC que la FGTB, la mobilisation était encore plus forte ce lundi que lors de la grève tournante du 1er décembre. De nombreuses grandes entreprises étaient à l'arrêt: ArcelorMittal, TNT, Technspace Aero, CMI, Knauf, Aviapartner, Skechers, Europors, Moury, Franki, Galère, Duchêne, AB InBev, Ter Beke, Coca-Cola, Malysse, Prayon, Carmeuse, Dumont-Wautier, PB Clermont, etc. La majorité des supermarchés étaient fermés, ainsi que bon nombre d'administrations communales. Beaucoup d'écoles ont également joint le mouvement, tandis que les hôpitaux fonctionnaient en service minimum, tout comme la prison de Lantin et les maisons de repos. Le transport public a été inexistant. La circulation des bus du TEC ne reprendra pas avant mardi.

    Bruxelles

    Aucun incident majeur n'a été signalé à Bruxelles, a indiqué la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles Ilse Van de Keere. Quelques initiatives spontanées ont été signalées.La porte-parole de la police signale qu'un barrage filtrant a été mis en place en matinée au niveau du rond-point Schuman et de la rue de la Loi.

    Centre

    Les derniers piquets de grève encore en place ont été levés lundi en fin d'après-midi dans la région de Charleroi, où on ne signalait aucun autre incident. Selon les organisations syndicales, cette grève nationale est "un succès" également en Wallonie picarde. La mobilisation a été très importante aussi dans la région de Mons et dans le Centre.

  • Jambon: "La concertation autour d'une table, pas dans la rue"

    Le vice-premier ministre N-VA, Jan Jambon, a appelé les syndicats à choisir la voie des négociations. "On peut uniquement obtenir des solutions à la table des négociations, pas en paralysant l'économie", a-t-il souligné sur les ondes de la VRT. A ses yeux, avec les actions des dernières semaines, les syndicats ont eu l'occasion de faire passer leur message. "Maintenant, ça doit cesser", a-t-il ajouté.

    La grève nationale menée lundi n'a pas provoqué d'incident majeur, constate le ministre de l'Intérieur. "Mais l'économie a été paralysée pendant une journée, c'est quand même très regrettable à l'heure actuelle", a-t-il dit. Selon lui, tout le monde doit collaborer en vue de recréer de la croissance économique et des emplois. "Nous invitons les syndicats à travailler avec nous et à arrêter cette destruction économique".

    Jan Jambon

    Jan Jambon © Belga

  • Le secteur financier lui aussi touché par des piquets

    La grève nationale de lundi a également touché le secteur financier, principalement en matinée. Selon le syndicat BBTK, des piquets ont été installés devant les sièges de banques et assurances, ce que confirme Febelfin. La fédération précise toutefois que le personnel avait anticipé, en faisant pour la plupart du télé-travail. La majorité des agences bancaires du pays étaient ouvertes.

    Des piquets ont été organisés lundi matin devant le siège de Belfius, tour Rogier, bloquant l'entrée. "Plus de 3.200 personnes avaient opté pour le télé-travail, d'autres ont pris des vacances", souligne la porte-parole, Ulrike Pommée. Différentes actions ont aussi eu lieu devant plusieurs antennes administratives de BNP Paribas Fortis, tout comme le siège bruxellois. "Environ 20% du personnel était en congé, 18% en télé-travail et l'on comptait 3% de grévistes", précise une porte-parole. Le siège d'AG Insurance dans la capitale n'a pas été bloqué, alors que cela avait été le cas lors des grèves tournantes. Febelfin, la Fédération belge du secteur financier, confirme qu'il y a eu de nombreux piquets mais que l'impact sur les clients était minime.

  • La grève bien suivie dans les écoles

    La mobilisation dans l'enseignement a été plus forte lors de la grève nationale ce lundi que lors des grèves tournantes, ont indiqué la CSC et la CGSP Enseignement à l'agence Belga. Les enseignants contestent notamment le saut d'index et la réforme des pensions. De nombreuses écoles n'ont pas ouvert leurs portes lundi, tous réseaux et niveaux confondus. La mobilisation était également relativement bonne dans le fondamental, en général plus réticent à suivre les mouvements de grève, a précisé Pascal Chardome, président de la CGSP Enseignement. ,Quelques piquets de grève avaient été installés devant les écoles qui avaient annoncé leur intention de maintenir les examens. "Il s'agissait d'une grève interprofessionnelle mais certaines mesures de l'accord gouvernemental alimentent la grogne des enseignants", ajoute le président de la CGSP Enseignement.

  • Peeters souhaite que s'ouvre une période de calme social et de sérénité

    Le ministre de l'Emploi, Kris Peeters, espère qu'une période de calme social et de sérénité s'ouvrira après les grèves des dernières semaines. Il attend un rapport du Conseil Central de l'Economie (CCE) sur le handicap salarial qui pourrait avoir une influence sur la concertation sociale. Le document sera remis mardi et les partenaires sociaux devront remettre un avis dans un délai de deux mois avant que le gouvernement ne réponde à son tour dans un délai d'un mois.

    Un rapport de décembre 2013 rappelait que cet écart avec les trois pays voisins (France, Allemagne, Pays Bas) s'établissait entre 1996 et 2012 à 4,8% et descendrait à 3,8% cette année. Le ministre rappelle également que le groupe des dix se réunit à nouveau mercredi pour régler les derniers points de l'harmonisation des statuts ouvrier/employé. Les partenaires sociaux devront également se prononcer sur la répartition de l'enveloppe bien-être. Une somme de 30 millions d'euros est également prévue en faveur d'une baisse des charges dans le secteur non-marchand.

    Kris Peeters

    Kris Peeters © Belga

  • La CSC fait le bilan

    La CSC a fait le bilan lundi après-midi, lors du rassemblement de "Tout autre chose" et de son pendant néerlandophone "Hart Boven Hard Brussels", de la mobilisation à Bruxelles à l'occasion de la grève nationale. La grève a été peu visible à Bruxelles. La circulation a été fluide et la faible affluence en rue était comparable à celle d'un jour férié. "C'est une très belle mobilisation", se défend Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC. "Ce n'est pas une manifestation. Une grève est une mise à l'arrêt de l'économie. Les arrêts de travail ont été extrêmement nombreux. Nous sentons la détermination des travailleurs pour que leurs voix soient enfin entendues par le gouvernement. Je pense qu'il serait suicidaire pour le gouvernement de ne pas entendre ces messages. Cela ne fait que deux mois qu'il est en place. Nous avons toujours dit que nous respections la légitimité démocratique du gouvernement, mais nous voulons qu'il entende la force du mouvement social." Marie-Hélène Ska a par ailleurs souligné la forte mobilisation des enseignants. "Nous sommes en période d'examens. Mais les enseignants ont montré qu'ils préparaient les générations de demain et qu'ils étaient conscients que c'était l'avenir de leurs élèves qui était en jeu actuellement. Beaucoup d'écoles ont été fermées et il y a eu de nombreux piquets devant les écoles."

  • Echauffourées sur le campus du Sart-Tilman

    Des incidents ont eu lieu lundi sur le campus de l'université de Liège au Sart-Tilman. Une trentaine de grévistes auraient pénétré dans le bâtiment de sciences appliquées et provoqué quelques dégâts matériels. Le campus et le parc scientifique du Sart-Tilman étaient en partie bloqués lundi par différents piquets installés aux principaux ronds-points y donnant accès. Des incidents ont éclaté en fin de matinée aux abords de l'un d'entre eux, qui se trouvait près du bâtiment B52 de sciences appliquées. Selon l'ULg, une trentaine de grévistes (dont certains auraient été cagoulés) ont pénétré dans la faculté pour réclamer que le personnel présent quitte les lieux. Il y aurait eu des insultes, des extincteurs vidés dans les locaux et des pneus de voitures endommagés (la police ne sait pas s'ils ont été crevés ou dégonflés). Par mesure de précaution, les responsables de l'université ont demandé au personnel de quitter les lieux. L'ULg n'a pas encore pu chiffrer l'ampleur des dégâts, mais la poudre des extincteurs risque d'avoir endommagé du matériel informatique. Certains membres du personnel ont été choqués. La police est intervenue en début d'après-midi mais les grévistes à l'origine de ces échauffourées étaient apparemment déjà repartis en car. L'ULg ne compte pas porter plainte, mais n'exclut pas que certains membres du personnel présents sur les lieux le fassent.

  • "Tout autre chose" rassemble plus de 500 personnes à Bruxelles

    A l'appel de la plate-forme "Tout autre chose", plus de 500 personnes se sont rassemblées à La Tentation à Bruxelles pour dénoncer les récentes mesures gouvernementales. Parmi les personnes présentes, de nombreux membres de la CSC mais également de simples citoyens, des représentants du secteur associatif, des membres d'Ecolo au revenir de leur tournée des piquets de grève, des membres du D19-20 ou encore des jeunes qui ont organisé une soupe populaire sur la place Saint-Josse."Tout autre chose" regroupe une quarantaine de membres fondateurs parmi lesquels le secrétaire général du CNCD Arnaud Zacharie, le comédien David Murgia ou la réalisatrice Delphine Noëls. L'association "Vie Féminine" et la Ligue des droits de l'Homme ont également participé à sa création.

  • Kris Peeters sur les déclarations de Bart De Wever: "Le CD&V n'a pas besoin de belles-mères"

    Interrogé dans la presse flamande, le ministre de l'Emploi, Kris Peeters, a dit son irritation à la suite des déclarations du président de la N-VA, Bart De Wever, et de sa collègue de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten, sur la grève nationale et le rôle des syndicats. De tels propos ne sont pas de nature à mettre les gens autour de la table, a fait remarquer le vice-premier ministre CD&V qui a dit ne pas avoir besoin de "belles-mères".

  • Le Premier ministre appelle à la concertation

    Depuis lundi matin, le Premier ministre suit la situation de très près, que ce soit du point de vue de la mobilisation ou de celui de la sécurité. Le cabinet du Premier ministre rappelle qu'il y a, d'après lui, un espace important laissé à la concertation sociale (aménagement des fins de carrière, liste des métiers pénibles, etc.). "Pour qu'il y ait une concertation, il faut que chacun vienne s'asseoir autour de la table, acteurs politiques et syndicaux", a-t-on ajouté. Le cabinet du Premier ministre insiste à cet égard sur la réunion du groupe des 10 (qui rassemble les partenaires sociaux) qui a eu lieu la semaine passé et celle qui se tiendra mercredi. Une réunion du comité A, qui chapeaute la fonction publique de l'ensemble du pays, est également prévue mardi matin.

    Charles Michel.

    Charles Michel. © Belga

  • La CSC espère un "signal clair du gouvernement pour la nouvelle année"

    Le président de la CSC, Marc Leemans a dit espérer un "signal clair du gouvernement pour la nouvelle année", durant sa visite de différents piquets de grève lundi.

    "Nous prendrons maintenant quelques semaines afin d'évaluer la situation: que ce soit l'impact de nos actions, mais aussi les ajustements du gouvernement, dans l'espoir qu'il y en ait, a indiqué M. Leemans. "Nous espérons un signal clair du gouvernement pour la nouvelle année et j'espère que l'on ne dépassera pas cette période, sinon tout pourrait recommencer. Nous ne désirons pas mener des actions à tout prix. Elles sont organisées parce que de nombreuses personnes sont convaincues de payer la facture du gouvernement. Le gouvernement a eu une chance d'éviter les actions, mais nous n'avons pas eu l'impression qu'il ait saisi cette occasion." M. Leemans estime n'avoir vu aucune main tendue ces six dernières semaines.

  • Les activités des supermarchés perturbées

    Les actions qui s'inscrivent dans le cadre de la grève nationale se sont faites ressentir sur les activités de grandes enseignes de supermarchés lundi. Plusieurs filiales se trouvent ainsi fermées ou inaccessibles à cause de la mise en place de piquets de grève.

    Les centres de distribution du groupe Colruyt à Ath et à Malines sont bloqués. L'enseigne précise qu'il est actuellement difficile de quantifier le nombre des magasins fermés à cause de la grève. "Certains supermarchés ont ouvert et ensuite fermé leurs portes 30 minutes plus tard", explique le porte-parole de Colruyt, Jan Derom.

    Lidl indique, de son côté, que près de la moitié de ses 300 magasins n'ont pas ouvert leurs portes, principalement en Wallonie. Quatre magasins sur cinq sont toutefois ouverts en Flandre, selon le porte-parole de la chaîne, Pieterjan Rynwalt.

    Au total, 620 des 748 magasins Carrefour de Belgique sont ouverts, selon son porte-parole, Baptiste van Outryve. Le pourcentage de magasins fermés est légèrement supérieur en Wallonie qu'en Flandre.

    Chez Delhaize, 88 des 138 magasins en gestion propre sont inaccessibles, annonce le porte-parole de la chaîne Roel Dekelver. Les 550 établissements franchisés -Shop&Go, Proxy Delhaize et AD Delhaize- sont restés ouverts.

  • Les grévistes de la CGSP lancent des oeufs sur la N-VA

    A l'appel de la CGSP services publics, quelque 200 personnes selon la police se sont rassemblées lundi à 11h00 devant le siège du gouvernement bruxellois, boulevard du Régent, à Bruxelles. Rejoint par divers manifestants, le groupe s'est ensuite rendu à 13h00 rue Royale. Il a lancé plus de 700 oeufs sur la N-VA puis du lait sur la fédération flamande des entreprises.

    La police a fermé une partie de la rue Royale pour bloquer l'accès au bâtiment de la N-VA. Elle a également employé les gaz lacrymogènes dans une altercation véhémente avec les militants. Une délégation a été reçue par le ministre-président du gouvernement bruxellois Rudi Vervoort et par la secrétaire d'Etat à la Région de Bruxelles-Capitale en charge de la fonction publique Fadila Laanan. "On a obtenu de réamorcer la concertation sociale", se réjouit Jean-Pierre Knaepenbergh, président de la FGTB Bruxelles et secrétaire générale de la centrale services publics. "Elle est bloquée au fédéral, mais elle été aussi un peu bloquée ici. On a obtenu de pouvoir négocier sur la propreté publique, sur le SIAMU (Service d'Incendie et d'Aide médicale urgente) et sur les nouvelles institutions qui doivent être créées au niveau régional dans le cadre des transferts de compétences liés à la sixième réforme de l'Etat. Ils nous ont garanti que les gens transférés du fédéral conserveraient leur statut". Entre 08h00 et 10h00, la CGSP a rejoint en soutien le piquet de grève tenu à la police fédérale, avenue de la Couronne. Les syndicalistes ont distribué des tracts aux feux de signalisation.

  • Près de 2.500 travailleurs mobilisés pour bloquer les zonings à l'Est du pays

    Quelque 2.500 travailleurs se sont mobilisés lundi pour bloquer les zonings des Plenesses, de Petit-Rechain et d'Eupen, a annoncé le front commun CSC-FGTB en cours de matinée. Des équipes volantes ont également rejoint Saint-Vith et Malmedy et fait fermer diverses administrations, écoles et commerces dans l'arrondissement de Verviers et de la communauté germanophone.

    C'est un succès total et nous sommes très satisfaits de la mobilisation, a précisé Daniel Richard, le Secrétaire Régional Interprofessionnel de la FGTB Verviers & Communauté germanophone. Marc Goblet, secrétaire fédéral FGTB, a d'ailleurs soutenu les travailleurs durant une bonne partie de la matinée du côté de Chaineux alors que Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, a rejoint les Plenesses en cours de matinée. Spa Monopole, Delacre (Verviers), Corman (Goé), SCA (Verviers), 3B (Battice), NMC (Raeren), Câblerie (Eupen), Sapa (Raeren), AstenJohnsson (Eupen), Ahlstrom (Malmedy) ont également été fermées par les travailleurs de ces diverses entreprises.

    Les piquets volant ont quant à eux pris la direction de Saint-Vith en début de matinée pour renforcer les piquets formés par les travailleurs qui bloquaient le zoning. Des tracts y ont été distribués aux automobilistes. Ces mêmes piquets ont organisé un barrage filtrant à Malmedy. Il a été levé peu avant midi. Les administrations verviétoises sont toutes restées fermées. Des piquets se trouvaient devant la plupart des écoles de Verviers, Herve, Eupen et Saint-Vith. Plusieurs entreprises comme Meurens (Aubel), Scar (Herve) ou encore Procoplast (Eupen) ont également reçu la visite d'équipes volantes "et les travailleurs qui ne pouvaient se permettre de se mettre en grève vu les pressions exercées ont apprécié ce soutien", précise Daniel Richard. En communauté germanophone, des accès importants sur Eupen, Eynatten et Welkenraedt ont également été bloqués par les travailleurs en grève. Le service minimum est assuré dans les hôpitaux. Une action de sensibilisation, avec distribution de tracts, a été organisée au CHPLT de Verviers. Un léger incident est survenu entre un automobiliste et un gréviste à Dison, a-t-on appris de sources syndicales et policières. Les piquets devraient être levés en milieu d'après-midi mais il n'est pas exclu que l'action se poursuive jusqu'en début de soirée en communauté germanophone.

  • "Une majorité de Belges regrette les grèves"

    D'après Agoria, 61% des Belges estiment que les grèves mettent nos emplois en danger et 59% espèrent qu'aucune nouvelle action ne sera menée après le 15 décembre, rapporte lundi la fédération de l'industrie technologique. En collaboration avec iVox, le groupement sectoriel a sondé 1.000 Belges sur leur opinion au sujet des grèves.

    Toujours d'après cette enquête, 85% des citoyens seraient opposés à l'utilisation de piquets ou de barrages empêchant les non-grévistes de travailler. "Les grèves montent les gens les uns contre les autres. Cette polarisation doit maintenant cesser", estime Marc Lambotte, CEO d'Agoria. La fédération rappelle que de nombreuses entreprises technologiques subissent une grève pour la troisième fois en quelques semaines, ce qui a des conséquences sur leur production.

    "Les entreprises du secteur TIC ou celles qui ne sont pas situées dans un zoning industriel sont généralement actives aujourd'hui grâce à la mise en place du télétravail. Un grand nombre de travailleurs ont également pris congé", note toutefois la fédération. Lundi, le Syndicat des Indépendants et des PME (SDI) a également fait savoir que, d'après une enquête qu'il a menée auprès auprès de 480 entreprises, 78% des commerçants et des TPE n'approuvent pas la manière dont sont menées les grèves de décembre par les syndicats. De son côté, la CSC Bruxelles-Hal-Vilvorde assure que le mouvement de grève rencontre un fort soutien de la population. "Dans les blocages filtrants mis en place, les automobilistes montrent beaucoup de compréhension. La plupart nous encouragent même et indiquent que s'ils en avaient la possibilité, ils rejoindraient les piquets", a ainsi témoigné un délégué présent sur les barrages.

  • Peu de grévistes dans le secteur du commerce

    Le secteur du commerce serait peu concerné par les grèves, indique lundi la fédération du commerce et des services (Comeos) dans un communiqué. "Mais les établissements sont touchés par des actions menées essentiellement par des gens extérieurs au secteur, qui bloquent l'accès des magasins aux clients et au personnel qui veut travailler", pointe Comeos, qui qualifie la situation "d'inacceptable". Lors des trois grèves régionales, la fédération a compté en moyenne 5% de grévistes dans les magasins en Flandre et 20% en Wallonie et à Bruxelles.

    "Très peu de magasins ont dû fermer leurs portes par manque de personnel", explique le CEO de Comeos, Dominique Michel. "Toutefois, les piquets de grève empêchant les travailleurs non grévistes et les clients d'accéder aux centres commerciaux, rues commerçantes ou magasins ont contraint ces magasins de rester portes closes. On s'attend à une situation identique aujourd'hui, jour de grève nationale."

    Comeos affirme respecter le droit de grève, mais la fédération fustige néanmoins le recours aux piquets de grève. "En procédant de la sorte, les magasins où seuls trois ou quatre travailleurs font grève sont tout de même contraints de fermer leurs portes. Le plus choquant étant selon nous le blocage préventif de certaines routes par la police. Il nous semblerait plus logique que la police fasse lever ces piquets le plus rapidement possible. En ne les priant pas de dégager la voie publique, les autorités soutiennent ainsi les grévistes qui bloquent illégalement les ronds-points. Tout qui se risquerait à bloquer un rond-point un autre jour serait arrêté sur-le-champ. Visiblement, la loi ne s'applique pas pendant les grèves. Nous espérons qu'il n'en sera pas de même ce lundi et que la loi sera respectée", conclut M. Michel.

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