Pour la N-VA, "le CD&V est le plus gros souci"

18/12/14 à 09:30 - Mise à jour à 19/12/14 à 10:17

Source: Le Vif

Le Vif/L'Express a assisté discrètement à l'étape anversoise du Tour pour la Flandre de la N-VA, une soirée interdite à la presse. Objectif : vérifier que les propos tenus aux membres du parti correspondent aux communiqués officiels. Verdict : presque.

Pour la N-VA, "le CD&V est le plus gros souci"

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Vendredi 12 décembre, 20 heures, Vlaamse Kaai, à Anvers. La salle Zuiderkroon est comble : 450 membres de la N-VA y sont réunis. Dans le cadre de leur Tour pour la Flandre, les représentants du parti nationaliste ont sillonné les provinces flamandes pour terminer, ce soir, en apothéose dans le fief de Bart De Wever. "Vous allez entendre quels engagements de la N-VA prendront forme dans l'accord de gouvernement (et lesquels pas)", peut-on lire sur l'invitation à cet événement interdit à la presse. Grosses pointures au rendez-vous : De Wever, bourgmestre d'Anvers et président du parti ; Jan Jambon, ministre de l'Intérieur ; Johan Van Overtveldt, ministre des Finances ; la sénatrice Annick De Ridder et le député flamand Kris Van Dijck.

Bart De Wever prononce le discours introductif. Jan Jambon et Johan Van Overtveldt présentent ensuite tour à tour les engagements préélectoraux de la N-VA axés sur cinq thèmes : récompenser le sens des responsabilités, droits et devoirs, renforcer la cohésion, moins de pouvoirs publics pour une meilleure gouvernance, et choisir l'avenir.

Après une bonne heure de présentation, questions des militants. "Le CD&V a un pied dans le gouvernement et l'autre en dehors. Comment allez-vous dompter ce cheval de Troie ?", demande l'un. Après un moment d'hésitation, De Wever se lance : "A la presse, on dirait "mais non, ça va encore, vous exagérez...". Mais, non, en fait, ça ne va pas : il y a un problème. Il est essentiel de raconter l'histoire de la relance socio-économique d'une même voix. En fait, il faut trouver les bonnes personnes qui pédalent pour atteindre le même objectif. Les choses se compliquent si l'un des quatre [partenaires] se retrouve sur le porte-bagages. Surtout si, en plus, il ne cesse d'appuyer avec son pied sur le pneu arrière. On commence alors à faire du surplace. J'ai l'impression que c'est le cas. Parfois, souvent, quotidiennement... J'entends certains dire : "On ne doit plus faire d'économies. Je sais que les autres membres du gouvernement ne sont pas d'accord, mais je le raconte quand même aux journaux." Comment est-il dès lors possible de partir en guerre avec un soldat pareil ? C'est le plus gros souci de cette coalition. Le CD&V a des difficultés internes : il n'y a pas que des syndicalistes rouges qui manifestent dans les rues, mais des verts aussi...", dénonce-t-il. Une allusion bien sûr au syndicat chrétien, qui débraie lui aussi.

"Si le CD&V ne pédale pas avec nous, à un moment donné, les pieds vont se prendre dans les rayons et nous allons tomber. Et je souhaite bonne chance à celui qui fait tomber ce gouvernement."

Par Dominique Dewael

Dans Le Vif/L'Express de cette semaine, le reportage. Avec :

- De Wever : "La mort de Fabiola, une mesure d'économie"

- Van Overtveld : " Nous n'avons pas oublié le confédéralisme, mais nous pensons, en toute humilité, qu'il est préférable de se concentrer sur le socio-économique"

- Jambon : "Menin se situe au carrefour de trois pays : la Flandre, la Wallonie et la France"

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