04/12/17 à 11:18 - Mise à jour à 11:38

Pensions dans l'enseignement: "Vivre pour travailler ou travailler pour vivre ?"

Peu de secteurs sont aussi durement touchés par les réformes des pensions que l'enseignement.

Pensions dans l'enseignement: "Vivre pour travailler ou travailler pour vivre ?"

© Getty Images/iStockphoto

Les enseignants qui sont maintenant en début de carrière, devront travailler 5 à 8 ans de plus et recevront 400 à 600 euros net en moins par mois pour leur pension, si toutes les mesures prévues sont mises en oeuvre. Si le système de la pension à points était introduit, la ponction pourrait être encore plus grave. La reconnaissance du travail des enseignants comme un métier lourd pourrait être une issue mais il n'y a pas de moyens prévus pour cela.

Les mesures adoptées et celles qui sont prévues affectent profondément l'enseignement.

Tout d'abord, elles portent atteinte à l'attractivité de la profession enseignante. Les salaires dans l'enseignement sont, à diplôme égal, significativement plus bas que dans le secteur privé et les avantages tels qu'une voiture de société, une pension complémentaire, une assurance hospitalisation, un ordinateur portable, un smartphone, etc., n'y existent pas. Jusqu'à récemment, cela était partiellement compensé par un bon régime de retraite. Défaire l'un des "bénéfices" les plus importants de l'enseignement a de graves conséquences sur la qualité du recrutement. Actuellement, la filière de formation à l'enseignement est déjà souvent un deuxième choix. L'enseignement deviendra de plus en plus un choix négatif pour les jeunes ou, pour les plus âgés, une issue en cas de perte de travail ailleurs. Au lieu qu'on y investisse les meilleures forces, l'enseignement risque de devenir une profession dévalorisée. Avec toutes les conséquences pour le niveau de notre enseignement.

Deuxièmement, le régime de retraite n'est pas praticable. Ce n'est pas parce que nous vivons plus longtemps que nous sommes en forme plus longtemps et que nous avons suffisamment d'énergie. Donner cours en 2017 demande vraiment beaucoup d'énergie. À partir d'un certain âge, il n'en reste plus assez pour se tenir devant une classe (à temps plein) et pour combiner toutes les autres tâches. Jusqu'à récemment, seulement 30% des enseignants étaient en bonne santé à la fin de leur carrière. Et on veut les faire travailler cinq à huit ans en plus. Moins de six pourcent des collègues de plus de 60 ans se trouvent aujourd'hui en fonction, dans la plupart des cas par nécessité financière. Aujourd'hui, un enseignant sur huit risque l'épuisement professionnel, un risque qui augmente brusquement à l'âge de cinquante-cinq ans. Si soixante plus devient la règle, le nombre de burn-out sera multiplié alors qu'il est déjà anormalement élevé. Vivons-nous pour travailler ou travaillons-nous pour vivre ?

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Peu de secteurs sont aussi durement touchés par les réformes des pensions que l'enseignement

Troisièmement, les mesures sont indécentes. Il y a actuellement plus d'un demi-million de chômeurs. Un jeune sur cinq cherche du travail. Faire travailler les gens plus longtemps se fait au détriment des nouveaux arrivants sur le marché du travail. En quelque sorte, les pères et les mères occupent les jobs de leurs fils et de leurs filles. Ce devrait être l'inverse. On arrive dans une situation où le travailleur plus âgé voit sa santé décliner et le jeune travailleur obtient moins de chances sur le marché du travail. C'est absurde.

Enfin, les mesures ne sont pas nécessaires. On nous dit constamment que les pensions deviendront impayables en raison du vieillissement de la population. C'est complètement incorrect. Le coût du vieillissement augmente de 0,2% du PNB par an, tandis que la productivité du travail (base de notre prospérité) augmentera bien plus chaque année selon l'OCDE. Il y a donc assez de marge pour supporter le vieillissement. De plus, la hausse de ces coûts ne représente qu'une fraction des capitaux parqués annuellement dans les paradis fiscaux. En d'autres termes, nos pensions sont parfaitement payables si nous le choisissons.

Nous ne participons pas à la politique de diviser pour régner qui veut monter les travailleurs du secteur privé contre ceux des services publics. Ce ne sont pas les pensions de la fonction publique qui sont trop élevées - à l'exception des parlementaires et des hauts dignitaires - mais les autres pensions qui sont trop basses. Nous sommes solidaires avec tous les travailleurs qui défendent une pension plus élevée. Après une carrière complète, tout le monde devrait avoir droit à une retraite d'au moins 1500 euros.

C'est pourquoi nous exigeons:

1. Le maintien de l'âge légal de la retraite à 65 ans et la possibilité de sortir à 58 ans.

2. Le maintien de la bonification diplôme, du tantième 1/55 et du calcul actuel du salaire de référence

3. La non-instauration du système à points prévu pour les pensions.

4. La création d'emplois 'fin de carrière' adaptés pour les collègues de plus de cinquante-cinq ans.

5. La reconnaissance du métier d'enseignant comme "profession lourde".

6. La réduction de la charge de travail.

7. La sécurité d'emploi pour les jeunes qui débutent dans l'enseignement

Les signataires de cette carte blanche sont tou(te)s délégué (e) d'un des syndicats de l'enseignement ACOD Onderwijs, CGSP Enseignement, COC (christelijke onderwijscentrale), COV (christelijk onderwijzersverbond), CSC Enseignement, SEL-SETCA.

Marc Vandepitte, leraar secundair onderwijs, Mechelen (COC)

Jean-Pierre Kerckhofs, enseignant école secondaire, Bruxelles (CSC)

Isabelle Bouchat, enseignante école secondaire, Namur (CSC)

Gaetan Carlier, onderwijzer basisschool, Brussel (COV)

Ann Claes, educatief medewerker Basiseducatie, Antwerpen (ACOD)

Lieve Debaecke, leraar secundair onderwijs, Roeselare (COC)

Vito Dell Aquila, enseignant école secondaire, Fléron (SEL)

Geert De Maertelaere, lector Erasmushogeschool, Brussel (ACOD)

Sven De Smet, leraar secundair onderwijs,Menen (COC)

An De Winter, educatief medewerker Basiseducatie, Gent (COC)

Rita Fabiani, maître-assistante université, Mons (CGSP)

Simon Heijens, leraar secundair onderwijs, Stokkem-Bilzen (ACOD)

Laurence Louis, enseignante école secondaire, Liège (CGSP)

Lisa Marechal, educatief medewerker Basiseducatie, Gent (ACOD)

Laurence Marlier, enseignante école secondaire, Wavre (CSC)

Philippe Naime, enseignant école secondaire, Verviers (CGSP)

Alain Parmentier, enseignant école secondaire, Namur (SEL)

Tinneke Quirijnen, leraar secundair onderwijs, Turnhout (COC)

Bruno Stas, enseignant école secondaire, Charleroi (CSC)

Fabien Tassier, enseignant école secondaire, Charleroi (SEL)

Liesje Ulburghs, diversiteitscoach Arteveldehogeschool, Gent (ACOD)

Vincent Vancauwenberghe, enseignant école secondaire, Liège (CSC)

Reninka Vanden Dorpe,secretariaatsmedewerker basisschool, Kortenberg (ACOD)

Wim Vercruysse, onderwijzer basisschool, Wijgmaal (COV)

Hilde Willaert, lector Hogeschool, Gent (ACOD)

Kevin Wolfs, leraar secundair onderwijs, Antwerpen (ACOD)

Une pétition avec les revendications de cette carte blanche peut être signée à https://www.petitions24.com/teachers_pension#form

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