Paul Magnette: "La gauche ne meurt jamais"

27/05/15 à 17:02 - Mise à jour à 17:02

Source: Belga

Plutôt que de se disperser dans un grand nombre de petites idées, la gauche doit se recentrer sur quelques-unes des grandes idées qui ont fait sa force, afin de la sortir de la crise qu'elle connaît actuellement, expose le socialiste Paul Magnette dans "La gauche ne meurt jamais", publié mercredi.

Paul Magnette:  "La gauche ne meurt jamais"

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"Il ne faut pas se mentir, la gauche est profondément en crise en Europe, à l'exception du petit village gaulois que constitue la Belgique francophone", constate M. Magnette en présentant son ouvrage à la presse, dans un café de la place Rouppe au coeur de Bruxelles. Il voit un paradoxe dans le fait que la crise du capitalisme financier depuis 2008 et la colère à l'égard de ses institutions n'ont pas généré un effet de balancier profitable à la gauche. "Nous ne parvenons pas à convaincre, on n'a pas mesuré ce qui a changé", dit-il en évoquant non seulement les partis socialistes européens, mais aussi les écologistes et les syndicats paralysés par la "nostalgie des 30 glorieuses".

Il cite, à titre d'exemple "une confiance en l'État devenue parfois si large qu'elle frise l'idolâtrie". Pourtant, les crises que la gauche a déjà connues par le passé enseignent que, quand elle a su ouvrir un vaste débat sur ses valeurs et ses pratiques, elle a pu imposer ses thèmes à l'agenda politique, estime Paul Magnette. En ce sens, "la crise de la gauche est une bonne nouvelle". Le bouleversement que constitue la persistance d'une croissance faible ces prochaines années représente aussi une opportunité pour la gauche, ajoute-t-il: les conflits redistributifs qui en naissent nécessiteront des arbitrages qui sont une chance pour une gauche dont l'égalité demeure "l'étoile polaire".

En 165 pages, le socialiste propose de retrouver la modernité en recourant aux grandes idées qui ont fait la force de la gauche: contribution du capital, juste rétribution du travail, réduction du temps de travail au bénéfice de l'émancipation personnelle ou des soins aux proches, statut unique des travailleurs, etc. "Nous devons inventer de nouveaux mécanismes de répartition", dit-il, s'empêchant toutefois de formuler des propositions concrètes qui seront l'objet du "chantier des idées" que le PS entame. Soulignant le besoin de modernité, Paul Magnette accorde un chapitre à l'individualisation des moeurs, au renforcement de l'hédonisme, du narcissisme des réseaux sociaux, etc.

"La gauche doit s'en réjouir, estime Paul Magnette: une société formée de citoyens qui ont confiance en eux-mêmes et sont attachés aux plaisirs de l'existence et à la convivialité est mieux armée qu'une autre pour éviter de retomber dans la violence, le mépris mutuel et le rejet de l'autre. La gauche a toujours été du côté de la fête".

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