13/03/17 à 11:09 - Mise à jour à 11:08

Parole de citoyen

Jusqu'en 1960, la Belgique, état unitaire avec une importante colonie, était considérée sur un plan international comme un pays stable, exemplaire et respectable. Cette réputation nous a même permis d'élever Bruxelles au rang de capitale de l'Europe.

Parole de citoyen

Le contrôle de l'effectivité par le fisc. Voilà une question qui pourrait intéresser la commission parlementaire. © BRUNO FAHY/BELGAIMAGE

Après de nombreuses réformes successives sur fond communautaire, la structure administrative et politique de notre pays s'est totalement modifiée et avec elle, la mentalité de nos gouvernants et celle de nos concitoyens.

Depuis quelques décennies, la presse belge et internationale, témoin privilégiée et avertie de ces changements, relate de très nombreux remous et scandales, souvent en relation avec notre sphère politique. C'est dans ce cadre que surgissent aujourd'hui, le scandale du Kazakhgate, celui des intercommunales, pour ne citer que ces derniers ! C'est également dans ce contexte que nos hommes politiques sont observés et critiqués par une population en colère qui se sent laissée pour compte et moquée par ses dirigeants.

Au vu de cette situation déliquescente, nous avons tous le devoir de réagir et d'agir ! C'est notre responsabilité de citoyen et donc celle de PROXIMITE qui, en tant que groupe communal indépendant de tout parti, entend condamner le désordre actuel qui se manifeste au sein même du milieu politique par l'absence d'éthique, l'attrait du pouvoir et celui de l'argent.

Les intercommunales, véritables "parking" pour amis politiques, font, dans l'ombre, partie de ce milieu politique.

Publifin, intercommunale liégeoise, qui à travers les rémunérations octroyées, a confondu légalité et éthique, s'engage - par obligation - à supprimer deux tiers de ses administrateurs. L'intercommunale ORES supprime soudainement soixante postes d'administrateurs. Le TEC, composé de cinq sociétés et de six conseils d'administration, compte quatre-vingt-cinq administrateurs tandis que De Lijn, société soeur en Flandre n'en compte que onze, ...... la Région wallonne et les partis politiques semblent enfin découvrir le scandale des intercommunales et de tous leurs "nominés politiques" généralement très discrets... !

Cinquante-deux ministres ou secrétaires d'État assurent la gestion de notre pays. C'est plus du double des Pays-Bas, c'est plus qu'en France ou en Allemagne. De leur côté, les francophones de Belgique sont gouvernés au niveau de la Région et de la Communauté par quatorze ministres alors que pour des responsabilités identiques, la Flandre n'en compte que neuf. Cela représente cinquante pour cent de ministres en plus pour gérer les seules affaires francophones d'une Région et d'une Communauté qui peinent à sortir la tête hors de l'eau.

Pourquoi gonfler toutes ces structures politiques ? Pourquoi tant de "nominés" ? Pourquoi deux ministres présidents wallons là où hier, un seul suffisait?

Dans de telles conditions, il n'est pas difficile de comprendre le manque de respect et de confiance de la population dans ses dirigeants qui, sans cesse, annoncent le meilleur et se gaussent de la bonne gouvernance, de la transparence, de la rationalisation, de la simplification ou encore de la concertation... Sans pour autant voir apparaître un quelconque changement.

La politique et ses acteurs reflètent actuellement la triste image d'un véritable métier confortable voire d'une caste dont apparemment on ne sort pas. Elle permet de faire carrière en cumulant des mandats et même d'autres activités professionnelles. Nos gouvernants ont-ils, tel un Roi-Soleil, un don particulier de polyvalence et de compétence dans toutes les matières sans pour autant en assumer réellement les responsabilités ? Aujourd'hui ministre, demain ministre ailleurs et après-demain ministre dans un autre domaine et ceci, quel que soit le résultat de leur gestion ou de l'héritage transmis. Ministre coûte que coûte, se maintenir ou s'élever dans le système est, semble-t-il, devenu le véritable objectif, la récompense suprême pour les "bons serviteurs" de partis, piliers du pouvoir. Tous ces arrangements entre politiciens sont malsains. Ils empêchent tout renouvellement ou émergence d'idées neuves et hypothèquent ainsi la crédibilité de la gestion du pays. Les échanges entre la société et le monde politique sont ténus ou inexistants et éloignent nos politiciens de la réalité et de la société qu'ils sont censés représenter. Ils se comportent en gestionnaire exclusif de notre pays, mais ne sont tenus responsables de rien. Les Rixensartois sont les témoins malheureusement privilégiés de cette "gestion", de cette absence de responsabilité et du gâchis que représente le RER qui, à lui seul, témoigne à suffisance des kilomètres de paysage saccagé, gares inachevées et milliards dépensés !

L'image que nos mandataires transmettent par média interposé donne plus à penser à une succession de critiques acerbes, d'invectives démesurées, de conflits permanents, de lutte pour le pouvoir. La régionalisation renforce cet état d'esprit et complique la situation puisqu'actuellement, il faut composer à des niveaux de pouvoir différents et avec parfois des gouvernements de coalitions asymétriques.

Aujourd'hui, même pour des causes humanitaires, nos politiciens sont incapables de se rassembler.

Le cumul des mandats exécutifs est également un sujet d'actualité qui interpelle. La charge ministérielle est-elle à ce point légère qu'elle laisse suffisamment de temps pour d'autres occupations professionnelles? Le titre de "bourgmestre empêché" avait pour ambition de limiter les mandats exécutifs de nos ministres. Notons au passage que cette notion de "bourgmestre empêché", se transforme subrepticement en "bourgmestre en titre" et aujourd'hui en "bourgmestre nommé". L'objectif recherché initialement et qui protège encore quelques privilégiés vacille totalement et jette encore un peu plus le discrédit sur les pratiques politiciennes d'autogestion irresponsable.

Notre pays traverse une période d'incertitude économique, budgétaire et même existentielle. Le temps est aux restrictions. Il est, dès lors, difficile de comprendre l'apparent train de vie coûteux mené par nos mandataires en recherche permanente de notoriété.

L'éloignement du monde politique, sa mauvaise communication, l'image qu'il donne en Belgique, mais aussi à l'étranger nous interpelle pour le moins. Il y a matière à s'interroger sur le saupoudrage ou la dilution des responsabilités entre le fédéral et les régions ainsi que sur l'imbroglio et la multiplication des représentations belges en milieu international... Trois ministres en charge de l'agriculture, quatre des relations internationales ... etc ! Il en est de même pour les différentes délégations qui représentent notre pays à l'étranger. La présence de ministres présidents régionaux aux funérailles de Mandela était-elle vraiment indispensable? Quatre ministres du gouvernement fédéral au côté du Roi et de la Reine à l'occasion de l'intronisation du Pape François ... ou encore la présence, à deux reprises de certains ministres à la coupe du monde de football au Brésil, avec tous les frais annexes que cela implique? Apparemment, les difficultés budgétaires ne sont vraiment pas les mêmes pour tout le monde.

Il y a donc bien de multiples raisons à chercher essentiellement dans le monde politique, les motifs pour lesquels les citoyens votent pour les extrêmes.

Un mandat politique doit reposer sur la confiance des électeurs. Pour convaincre, nos élus se doivent de respecter les principes d'exemplarité, d'intégrité, de probité et d'impartialité. Leur conduite doit être non seulement irréprochable, mais le sens de l'abnégation et de modestie doit également les habiter. Ils doivent pouvoir prouver et tout particulièrement aujourd'hui, face à l'affluence de réfugiés, que les mots qu'ils s'attribuent et dont on ne comprend pas toujours le sens profond (Progressiste ? Réformateur ? Humaniste ?), ne sont pas des mots creux.

Y a-t-il encore aujourd'hui des Hommes et des Femmes d'Etat e qui possèdent la capacité d'arbitrer, de s'élever au-dessus des divisions, de se situer au-dessus des vrais conflits et qui d'autre part possèdent et vivent la notion de service ?

A eux de nous démontrer que Paul Valéry avait tort en écrivant : "La politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde." !

Etienne Dubuisson

Conseiller communal

Fondateur de PROXIMITÉ

PROXIMITÉ est un groupe rixensartois, indépendant de toute structure politique. Ses élus siègent au Conseil communal, au Conseil de la Zone de Police et au Conseil du CPAS. Ils ne sont membres d'aucune intercommunale et ont fait le choix de n'avoir aucun autre mandat politique extérieur. Depuis dix années d'existence, ils entretiennent un dialogue permanent avec les Rixensartois par le biais des "Carnets de PROXIMITÉ".

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