"Oui, De Wever veut garder les Wallons à bord"

12/12/12 à 14:21 - Mise à jour à 14:21

Source: Le Vif

Geert Van Istendael et Benno Barnard ont co-écrit " Het Belgisch labyrint", un livre sur la Belgique et son histoire. Ils donnent leur avis sur l'avenir du pays.

"Oui, De Wever veut garder les Wallons à bord"

Vous connaissez sans nul doute la thèse nationaliste flamande qui pose qu'au fond la Belgique est restée ce qu'elle a toujours été: un produit monoculturel de la francité, pour la francité ? De sorte que la Belgique, dans cette vision, ne pourra pas continuer à exister vu que la Flandre n'en a vraiment plus envie ?

Van Istendael: la Belgique produit de la francité ne constitue qu'un aspect de l'histoire. La Belgique en tant que produit du catholicisme clérical, contre le protestant hollandais Guillaume Ier, relève du second aspect. D'ailleurs pour le moment les deux aspects ont disparu, non? Et pourquoi la formation d'une autre Belgique est-elle entravée?

Barnard: C'est évidemment la question qui se pose et qui reste à prouver. Ce n'est pas entièrement faux, mais - j'ai plusieurs amis flamingants dont le flamingantisme se teinte de différence nuances, certains prônent la république flamande, d'autres l'union des Pays-Bas sans la Wallonie et d'autres encore les "Grands" Pays-Bas. A ce propos, Bart De Wever appartient à cette dernière tendance, celle des Dix-Sept Provinces.

Van Istendael: Hé? De Wever veut garder les Wallons à bord?
Barnard: Oui, De Wever voudrait que les Wallons soient de la partie. Mais dans un rapport "Grands Pays-Bas" et sur base d'adhésion volontaire ou quelque chose de ce genre.

Si nous avons bien lu votre livre intitulé " Het Belgisch labyrint", c'est aussi votre idéal?

Van Istendael: J'estime que 1830 est une erreur tragique. Cette date aurait dû se trouver en note en bas de page des livres d'histoire. Mais ce n'est pas le cas et je ne peux pas revenir 182 ans en arrière. C'est notre pays, et il faudra compter avec lui. Et si on veut le dissoudre comme un morceau de sucre, je suppose dans le café européen, il faudra le faire prudemment, histoire que nous ne soyons pas éclaboussés de café.

Barnard: Les Tchèques et les Slovaques l'ont fait - peut-être qu'on peut le faire. Peut-être oui. Mais je trouverais ça dommage parce que ce qui me fascine dans ce pays, c'est qu'il faut toujours tenir compte de l'autre. Il va de soi que la Belgique est une construction improbable. Et si elle continue d'exister, on aura encore plus de réformes de l'état. On continuera à bricoler et à faire de la plomberie pour adapter le désordre du passé aux besoins du présent. Je ne trouve pas que ce soit une si mauvaise qualité de la Belgique. Je la trouve même très humaine.

HJA

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