Olivier De Schutter termine son mandat et veut créer un GIEC alimentaire

03/06/14 à 17:42 - Mise à jour à 17:42

Source: Le Vif

Le mandat de Belge Olivier De Schutter, qui était depuis 2008 rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, s'est achevé vendredi dernier. Avant de rejoindre en 2015 le comité des droits économique, sociaux et culturels, où il a été nommé par le gouvernement belge, il veut contribuer à la mise sur pied d'un groupe international d'expert sur les questions alimentaires.

Olivier De Schutter termine son mandat et veut créer un GIEC alimentaire

© Belga

M. De Schutter a quitté ses fonctions sur le pointe des pieds vendredi, sans publier de communiqué de presse. Il est remplacé par l'universitaire turque Hilal Elver. Interrogé mardi par l'agence Belga, M. De Schutter évoque des "avancées considérables" accomplies en matière de droit à l'alimentation depuis la grave crise alimentaire de 2008. Face à la volatilité et à la hausse tendancielle des prix, les Etats ont désormais "peur que les marchés ne soient plus fiables", dit-il. Un consensus émerge dès lors en faveur de la production locale et de la réduction de la dépendance aux importations.

La communauté internationale prend par ailleurs davantage en considération la qualité de la nourriture, face à la problématique de l'obésité. "Il ne suffit pas de booster les calories", dit M. De Schutter. Si, par le passé, on misait avant tout sur le soja, le maïs, le blé et le riz, il est aujourd'hui question de développer des politiques agricoles plus équilibrées.

La prise en compte de l'impact du changement climatique sur l'agriculture est une autre grande tendance marquante des dernières années, ajoute encore M. De Schutter.

Le Belge ne se détournera pas des questions alimentaires dans les prochains mois. Il compte même contribuer à la mise en place d'un groupe international d'experts calqué sur le modèle du GIEC (climat). Ce panel, appelé IPES-Food, ambitionne de jeter des ponts entre la communauté scientifique et les décideurs, explique-t-il. Ses promoteurs comptent sur le soutien de grandes agences onusiennes, comme le PNUE ou la FAO.

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