Migrants : produire de l'électricité verte pour gagner 24 heures de légalité

02/10/17 à 13:56 - Mise à jour à 13:56

Source: Le Vif

Une start-up belge se propose de lutter contre le réchauffement climatique et d'apporter une solution au problème des réfugiés sans-papiers.

Migrants : produire de l'électricité verte pour gagner 24 heures de légalité

© www.refugreenergy.org

La startup Refugreenenergy veut lancer un nouveau concept : garantir des heures de légalité à des migrants en échange de production d'électricité verte. Concrètement, les réfugiés signent un pico-contrat qui leur donne droit à

1) 24 heures de légalité

2) un salaire de 1,60 euro (calculé en fonction du prix du kilowatt).

Le Vif/L'Express a rencontré ce week-end, à Bruxelles, Thibault Leroy, à la base de l'idée de ces picocontrats. Il affirme que cette idée remonte à deux ans : il passait par hasard au parc Maximilien un jour de 2015, et il y a fait la connaissance de Kamal, découvre que celui-ci, avant de fuir le Soudan, était champion cycliste dans sa région. "Cette rencontre a été le point de départ du projet. Si le réchauffement climatique exacerbe la crise des réfugiés, utilisons les réfugiés pour lutter contre le réchauffement climatique."

Refugreenenergy envisage de mettre des vélos à disposition des réfugiés. Ces vélos servent à charger des batteries détachables. L'électricité 100 % sans carbone, stockée dans ces batteries est livrée à domicile, au bureau, dans un café qui offre le WiFi... Partout où surgit un besoin urgent d'électricité. Une batterie permet de recharger huit fois un smartphone ou cinq fois un ordinateur portable.

Le concept emprunte aux livraisons de repas en vélo qui se sont multipliées dans les rues des principales villes de Belgique. A partir de janvier 2018, via une application pour téléphones intelligents, on devrait pouvoir commander une batterie. L'électricité de cette batterie serait vendue 5 % au-dessus du prix du marché.

Nicolas Sudden, concepteur du projet, souligne sa simplicité : "C'est le principe de la dynamo. Au lieu d'alimenter l'éclairage du vélo, cette électricité va à la batterie. Nous prévoyons des tandems, ou même des vélos à trois voire quatre places pour plus d'efficacité. Grâce à Refugreenenergy, une batterie de téléphone intelligent ou d'ordinateur portable qui se vide plus vite que prévu ne sera plus un problème : on pourra se faire livrer n'importe où dans la Région de Bruxelles-Capitale une batterie de secours."

Refugreenenergy projette de livrer ses premiers watts début 2018. Après Bruxelles, la prochaine ville desservie devrait être Anvers. L'application sera disponible à partir du 1er janvier prochain.

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