Michel: "Notre responsabilité est d'être solidaire dans des coalitions internationales"

03/03/16 à 18:31 - Mise à jour à 18:31

Source: Belga

Le Premier ministre Charles Michel a insisté jeudi devant la Chambre sur le devoir de solidarité que la Belgique devait remplir à l'égard de ses partenaires dans la guerre contre Daesh. Il a toutefois insisté sur la nécessité d'une solution politique et d'un débat au parlement sur l'extension de la mission des avions de combat F-16 belges à la Syrie.

Michel: "Notre responsabilité est d'être solidaire dans des coalitions internationales"

Charles Michel © BELGA

"Notre responsabilité comme Européens est d'être solidaire dans des coalitions internationales pour assurer la sécurité chez nous et la stabilité aux frontières de l'Europe", a-t-il déclaré en réponse à de nombreuses questions.

La Belgique prendra le relais au mois de juillet des Néerlandais dans les opérations aériennes de lutte contre l'Etat islamique. Les Etats-Unis ont donc adressé en fin de semaine dernière un courrier aux autorités belges leur demandant d'étendre le champ d'action des chasseurs-bombardiers engagés dans cette lutte à la Syrie. Leurs interventions étaient limitées à l'Irak jusqu'à présent.

Le gouvernement répondra rapidement, a assuré le Premier ministre, sans préciser de délai.

M. Michel (MR) a également identifié les fondements juridiques d'une intervention: la résolution des Nations Unies de novembre 2015 autorisant de combattre Daesh dans les territoires contrôlés par l'organisation terroriste et l'article 51 de la Charte des Nations-Unies consacrant la légitime défense.

Le gouvernement ne veut toutefois pas se limiter à une solution militaire. "J'ai toujours plaidé pour une stratégie qui tire les leçons du passé. L'exemple de la Libye nous montre qu'à côté de l'option militaire, il faut une solution politique", a expliqué le chef du gouvernement.

S'il a laissé entrevoir l'option que choisira le gouvernement dans sa réponse aux Etats-Unis, %. Michel s'est néanmoins montré prudent sur son contenu exact. La prudence était également de mise dans la majorité parlementaire. Sans un mandat international, la Belgique sortira de l'ordre juridique international, a averti le député Veli Yuksel (CD&V), tout en soulignant qu'il ne serait pas possible de vaincre Daesh sans action militaire. Une action militaire ne doit pas reléguer au second plan les efforts politiques mais les renforcer, a fait remarquer pour sa part Tim Vandeput (Open Vld).

L'opposition n'a pas parlé d'une seule voix. Georges Dallemagne (cdH) a plaidé en faveur d'un élargissement de la mission des F-16 belges à la Syrie. La Belgique participe d'ailleurs ou a déjà participé à des opérations militaires en Syrie, que ce soit en escortant l'an passé le porte-avions français Charles de Gaulle ou en assurant la surveillance de la base d'où opèrent les avions néerlandais actifs dans ce pays. "Aujourd'hui, il y a une hypocrisie: la Belgique intervient sans le dire en Syrie", a-t-il lancé.

Le PS est en revanche opposé à l'élargissement de la mission belge dans les conditions actuelles. Les socialistes réclament un mandat des Nations unies. "La Syrie n'est pas l'Irak, c'est une situation militaire et politique beaucoup plus complexe", a expliqué Sebastian Pirlot.

Le PTB avait déjà voté contre l'intervention des F-16 en Irak. Il a exprimé la même hostilité à l'égard de toute participation belge à des opérations en Syrie.

"Nous apportons la guerre, la mort dans ces pays. Nous apportons le chaos et le chaos emmène avec lui le terrorisme", a tonné Raoul Hedebouw.

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