Médecine à deux vitesses: Chambre seule? Dans ce cas, c'est le professeur qui opère

16/02/18 à 13:49 - Mise à jour à 16:03

Source: De Morgen

À en croire une information du quotidien De Morgen, les patients opérés à l'UZ Leuven ont le choix: soit ils prennent une chambre seule et ils ont la garantie que c'est le professeur qui opère, soit ils optent pour une chambre avec plusieurs personnes, et là il est possible que ce soit un assistant qui manie le scalpel.

Médecine à deux vitesses: Chambre seule? Dans ce cas, c'est le professeur qui opère

© Getty Images/iStockphoto

Le journal cite l'exemple d'un homme de 26 ans devant subir une opération aux yeux à l'UZ de Louvain et à qui une lettre propose explicitement le choix. "Pour les patients en chambre seule, on garantit que l'intervention est entièrement réalisée par le membre du corps enseignant lui-même. Pour les patients en chambre de plusieurs personnes, certaines parties de l'intervention peuvent être réalisées de manière qualitative par un collègue du membre du corps enseignant, un assistant en formation ou ophtalmologue - consultant (sous la supervision du membre du corps enseignant)."

La plateforme flamande des patients déclare que ce n'est pas la première fois qu'un patient signale cette pratique. Chaque fois, il s'agissait de l'UZ de Louvain.

L'hôpital confirme que c'est là sa politique générale. "C'est un hôpital de formation", souligne le médecin en chef Johan Van Eldere. "Nous avons plus de 500 médecins en formation. Ces gens doivent pouvoir apprendre le métier. Les patients qui exigent que le professeur fasse tout lui-même sont considérés comme des patients privés. C'est aux patients de choisir s'ils souhaitent, ou non, une intervention privée. Mais au niveau de la qualité du traitement, il n'y a absolument aucune différence."

La ministre de la Santé publique (Open Vld) est formelle : "ce genre de pratiques dépassent les bornes, et sont illégales." On ignore si d'autres hôpitaux font la même chose. Le professeur Annemans pense que oui. "Ce n'est pas déontologique et au fond c'est une forme de médecine de classes. Ils peuvent dire que les assistants font du aussi bon boulot, ce qui n'est pas faux. Mais ce que ça cache, c'est que ces médecins peuvent compter des suppléments plus élevés pour une chambre seule. Une partie de cet argent va d'ailleurs à l'hôpital. Ils ont donc également intérêt à mettre un maximum de patients en chambre seule."

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