Magnette craint une Europe ultralibérale

12/01/12 à 09:43 - Mise à jour à 09:43

Source: Le Vif

Paul Magnette n'a pas mâché ses mots à l'égard de la Commission européenne jeudi dans les médias. Il a dénoncé le risque de glissement vers une "Europe ultralibérale". Le porte-parole du Commissaire européen Olli Rehn a relativisé ces critiques.

Magnette craint une Europe ultralibérale

© Belga

"Comme les grands Etats, la Belgique doit tenir tête à la Commission européenne, sinon nous allons glisser vers une Europe ultralibérale", a-t-il souligné. La politique économique et budgétaire imposée aux Etats membres prépare "une récession de 15 ans", estime encore M. Magnette qui s'interroge sur la légitimité démocratique dont dispose la Commission pour mener une telle politique.

Le socialiste francophone reconnaît une attitude différente entre le nord et le sud du pays à l'égard de la Commission européenne. En Flandre, il y a, spontanément, un plus grand respect envers certaines institutions, constate-t-il tout en pointant des arrière-pensées politiques.

"Beaucoup d'hommes politiques flamands se cachent derrière la Commission européenne parce qu'ils veulent mener une politique de droite", a-t-il affirmé.

La semaine passée, le gouvernement fédéral a décidé de geler des dépenses pour un montant d'1,3 milliard d'euros afin de répondre à une demande des instances européennes. La mesure est technique, et même "absurde", estime M. Magnette. Mais la Belgique a dû s'y résoudre pour répondre à la Commission. "Ca ne veut rien dire mais on veut bien le faire", a-t-il ajouté.

"Il est facile de critiquer l'arbitre"

Le porte-parole du Commissaire européen Olli Rehn a relativisé jeudi les critiques formulées par le ministre socialiste Paul Magnette à l'égard de la Commission. "Dans les périodes difficiles, il est toujours facile de critiquer l'arbitre, et c'est aussi rentable pour un politicien", a déclaré Amadeu Altafaj sur les ondes de la VRT.

M. Altafaj a rappelé que les règles budgétaires strictes critiquées dans certains Etats membres avaient été approuvées par ces derniers. "Les trois pour-cent (le seuil de déficit budgétaire admis), ce n'est donc pas un diktat de la Commission européenne", a-t-il fait remarquer.

Le porte-parole conteste aussi que cette institution soit devenue un bastion ultralibéral. "La Commission européenne n'est pas néo-libérale, socialiste ou écologiste. Nous avons des hommes politiques de tous les partis".

Levif.be avec Belga

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