Le parti Islam croit en l'avenir islamiste de Bruxelles, Maingain veut le faire interdire

06/04/18 à 17:39 - Mise à jour à 20:31

Source: Belga

Le parti Islam, qui compte se présenter dans 28 communes en Wallonie et à Bruxelles lors des élections communales du 14 octobre prochain, a dévoilé vendredi des éléments de son programme, basé sur les principes du coran et de la charia et visant à l'établissement d'une "démocratie islamiste".

Le parti Islam croit en l'avenir islamiste de Bruxelles, Maingain veut le faire interdire

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L'un des cofondateurs du parti, Redouane Ahrouch, qui est conseiller communal à Anderlecht, a expliqué à l'agence Belga qu'Islam prônait l'établissement d'un État islamique en Belgique ainsi que l'instauration de la charia.

Un objectif qui doit être atteint sans pour autant toucher à la Constitution belge, a toutefois souligné M. Ahrouch, par ailleurs chauffeur de bus à la STIB.

"Nous rassemblons et nous cherchons tout ce qui est bien dans les autres partis. Notre programme est une synthèse de tous les partis, de l'extrême gauche à l'extrême droite", a-t-il dit.

M. Ahrouch souhaite aussi séparer les hommes et les femmes dans les transports publics.

"Durant les heures de pointe, certaines personnes, surtout d'origine étrangère, profitent du fait que les véhicules sont pleins à craquer pour se +coller+ aux femmes. Ce ne sont pas seulement les femmes musulmanes qui se sentent ainsi humiliées. C'est pourquoi je plaide pour les hommes montent à l'avant et les femmes à l'arrière", a-t-il précisé.

Selon M. Ahrouch, un tiers de la population bruxelloise est musulmane. "Avec ce nom (Islam), nous représentons ce groupe", a ajouté le conseiller communal anderlechtois.

"D'ici douze ans, en 2030, Bruxelles sera principalement composée de musulmans. Et que souhaitez-vous: un médiateur ou un extrémiste? Tous comme les francophones ont le FDF (devenu DéFI, ndlr), il y a maintenant le parti Islam pour les musulmans.

Le parti Islam compte deux conseillers communaux, l'un à Anderlecht, l'autre à Molenbeek.

"Il faut avoir le courage d'interdire un parti comme Islam"

Sur Twitter, Olivier Maingain (Défi) a manifesté sa volonté d'interdire le parti Islam. "Il faut avoir le courage d'interdire un parti comme Islam qui a un projet théocratique contraire à la démocratie. Pour cela, il faut un fondement juridique. A cette fin,votons ma proposition d'inscrire la laïcité dans la Constitution. A la majorité de prendre enfin attitude."

Vives réactions du monde politique flamand

Les réactions ont été vives en Flandre après la révélation d'éléments du programme électoral du parti Islam.

"Un parti politique nommé Islam grandit en Belgique. Ils appellent sans complexe à l'introduction de la charia. La charia est en violation avec les droits de l'homme. Les partis pour la charia sont donc antidémocratiques. De vrais loups déguisés en agneaux! #soumission", a affirmé - en français - le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA), sur Twitter.

"Dans leur monde régi par la charia, les femmes n'ont pas de droits. Et cela commence avec une ségrégation dans le transport public. Ce parti Islam me révolte. C'est pour cette raison que @SafaiDarya (la militante des droits de l'homme belgo-iranienne Darya Safai, qui a rejoint la N-VA, ndlr) et des milliers d'autres femmes ont dû fuir l'Iran. C'est cracher sur l'Europe", a-t-il ajouté.

Deux partis membres de la coalition gouvernementale au pouvoir en Flandre et au fédéral, la N-VA et l'Open Vld, ont annoncé leur volonté d'élaborer une base légale pour interdire les partis extrémistes tels que le parti Islam - ce qui n'est actuellement pas possible en Belgique, contrairement à l'Allemagne. Ils songent à une modification de la Constitution après les élections de mai 2019.

"La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme autorise l'interdiction des partis qui s'opposent aux droits libéraux et à la démocratie", a souligné le porte-parole de la N-VA, Joachim Pohlmann, interrogé par l'agence Belga.

Une opinion partagée par les libéraux flamands. "Nous avons encore trop souvent des problèmes avec les principes fondamentaux des Lumières et ne les appliquons pas tous de manière cohérente, mais je propose de le faire" dans le préambule de la Constitution, a affirmé le chef de groupe Open Vld à la Chambre, Patrick Dewael, dans une carte blanche publié sur le site de l'hebdomadaire 'Knack'.

Les propos de l'un des cofondateurs du parti Islam, Redouane Ahrouch, sur la proposition de séparer les hommes et les femmes dans les transports publics ont aussi provoqué une vive réaction de la secrétaire d'Etat bruxelloise à l'Égalité des Chances, Bianca Debaets (CD&V), qui les a qualifiés de "choquants" et d"anticonstitutionnels" dans un communiqué.

"Ces propos sont très choquants et contraire à notre constitution et à la Déclaration européenne des droits de l'homme. Ils constituent une menace pour notre démocratie et notre vivre ensemble. Prôner une séparation entre les femmes et les hommes dans les transports en commun va totalement à l'encontre de nos valeurs fondamentales et de nos libertés. Je vais demander à l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes d'analyser ces propos et de voir dans quelle mesure ils incitent à la discrimination sur base du sexe. S'il est prouvé juridiquement qu'ils constituent une incitation à la discrimination, je ferai en sorte que des mesures adéquates puissent être prises", a ajouté Mme Debaets, rejointe par son président de parti, Wouter Beke, sur Twitter.

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