Le Mrax rappelle que Jan Jambon n'en est pas à sa première déclaration provocatrice

19/04/16 à 17:30 - Mise à jour à 18:45

Source: Belga

Le mouvement contre la racisme et la xénophobie (MRAX) rappelle dans un communiqué publié mardi que Jan Jambon n'en est pas à sa première déclaration provocatrice, alors que la polémique enfle après les propos tenus samedi dans le quotidien flamand De Standaard par le ministre de l'Intérieur. Ce dernier avait jugé qu'"une partie significative de la communauté musulmane a dansé à l'occasion des attentats".

Le Mrax rappelle que Jan Jambon n'en est pas à sa première déclaration provocatrice

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Le mouvement contre le racisme et la xénophobie souligne que les seuls faits avérés concernent un incident et deux arrestations à Bruxelles-Ville. "Bien que l'attitude de cette poignée de fauteurs de troubles présumés musulmans par le ministre de l'Intérieur soit scandaleuse, l'instrumentalisation de ce fait divers isolé pour jeter l'opprobre sur l'ensemble d'une communauté l'est tout autant!"

Le Mrax évoque par ailleurs dans son communiqué les propos tenus par M. Jambon sur le plateau de VTM le 9 avril dernier, où il comparait la traque des terroristes islamistes à Bruxelles à la cache des Juifs sous le régime nazi. "Cette comparaison est choquante pour tout le monde.

En tant qu'association fondée par des résistants juifs communistes, nous la trouvons d'autant plus odieuse", s'indigne le Mrax. L'association mentionne ensuite les propos tenus en début de législature par le vice-premier N-VA, à savoir que "les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons." "Même s'il avait ultérieurement tempéré son propos, il ne semble pas être devenu beaucoup plus prudent avec son expérience ministérielle longue de bientôt deux ans", indique Carlos Crespo, président du Mrax.

Le Mrax estime que ces déclarations provocatrices constituent la marque de fabrique de la N-VA au gouvernement fédéral. "Les seules danses auxquelles on assiste depuis trop longtemps sont les obscènes danses du ventre de Jambon, De Wever, et Francken devant l'électorat d'extrême-droite." Le Mrax réunira mardi 26 avril son conseil d'administration pour décider des suites juridiques à donner à ces propos.

L'Exécutif des musulmans condamne des propos stigmatisants et des amalgames

L'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) a également condamné mardi les déclarations du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA).

"Nous estimons qu'elles stigmatisent cette communauté et qu'elles sont inacceptables de la part d'un ministre qui a en charge la protection de tous les citoyens, y compris ceux de confession musulmane.

Les musulmans de notre pays ont toujours condamné unanimement tous les attentats terroristes et ce, quels qu'en soient le lieu et les auteurs. Il en est de même pour les attentats qui ont touché notre pays et qui nous ont profondément meurtris", a déclaré l'EMB dans un communiqué.

Ces propos mettent aussi à mal les efforts de l'Exécutif pour lutter contre le radicalisme, notamment par des formations dispensées aux imams, conseillers islamiques dans les prisons et professeurs de religion, l'encadrement des mosquées ou l'ouverture d'une ligne téléphonique anti-radicalisme.

L'organe de représentation du culte musulman regrette la radicalisation du discours politique de "certains" à l'heure où il veille, dit-il, à déconstruire les discours de haine. "Le discours de certains devient de plus en plus radical et nourrit la haine envers une communauté toute entière, qui se sent injustement stigmatisée, a-t-il ajouté.

L'EMB met par ailleurs en garde le monde politique contre le risque de récupération de ce genre de propos à l'heure où le rôle des politiques est de maintenir la cohésion sociale. Il lance un appel au gouvernement, aux politiques et à toute la société civile "pour qu'ils rejettent catégoriquement de tels discours, qui créent l'amalgame et alimentent la peur et la haine envers les citoyens belges de confession musulmane".

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