Stefaan Van Hecke
Stefaan Van Hecke
Stefaan Van Hecke est chef de groupe de Groen-Ecolo dans la Chambre.
Opinion

29/09/14 à 11:16 - Mise à jour à 02/10/14 à 12:28

Le futur gouvernement déclare la guerre aux navetteurs

Tailler dans le budget des transports en commun est un cercle vicieux qui mène invariablement à une destruction structurelle d'un service public essentiel selon Stefaan Van Hecke, chef de file de Groen.

Le futur gouvernement déclare la guerre aux navetteurs

/ © Belga

En moyenne, le prix des billets de train augmenterait de 10%. Ce serait l'une des propositions d'un plan d'épargne pour La SNCB du futur gouvernement. Celui-ci voudrait aussi revoir le plan d'investissement de la SNCB et supprimer des trains. Si ces propositions deviennent réalité, ce n'est rien de moins qu'une déclaration de guerre à tous ceux qui se déplacent en train. Mais c'est aussi une vision complètement biaisée de la mobilité puisqu'il est au contraire capital d'investir dans le rail si l'on veut tenter de résorber les énormes problèmes de trafic que connait la Belgique. Et que fait-on des voitures de sociétés qui coûtent à la société 4 milliards d'euros ? Pas la moindre rumeur d'une éventuelle refonte du régime fiscal qui est favorable aux voitures de société afin de réattribuer ce budget à d'autres dépenses.

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Le futur gouvernement déclare la guerre aux navetteurs

Les modifications que l'on compte faire au plan d'investissement SNCB (2013-2025), soit un budget de 26 milliards en 13 ans, sont-elles aussi inquiétantes. Les investissements prévus manquaient déjà d'ambitions et n'étaient pas suffisants pour faire du train belge un moyen de transport moderne et agréable. Ce plan était d'ailleurs basé sur les chiffres du Bureau fédéral du Plan (BFP) qui estimait que le nombre de kilomètres par voyageurs augmenterait de 45% entre 2008 et 2030, ce qui représente une évolution de 1.7 % par an. Pour faire face à cette demande, il faudrait, plutôt que de tailler dans les budgets, au contraire faire de gros investissements sur le matériel, l'infrastructure et la sécurité. Surtout autour et entre les grandes villes. Lorsqu'on voit le nombre d'années qu'il faut pour installer un RER autour de Bruxelles, il est urgent de s'y mettre dès aujourd'hui pour les autres grandes villes du pays. Pourtant le signal du gouvernement en formation va exactement à l'opposé, en cadenassant toute velléité d'amélioration pour les treize années qui viennent. En faisant des économies sur les investissements jusqu'en 2025, on reporte de facto les nombreux et indispensables investissements aux calendes grecques.

Le détricotage du réseau ferroviaire est inadmissible

La suppression de davantage de lignes va encore venir compliquer la vie de ceux qui vivent dans des régions moins bien desservies. L'argument que ces trains peuvent être remplacés par des bus est fallacieux puisque dans les compagnies de transports en commun aussi on tente de faire un maximum d'économies en supprimant des lignes. Or la suppression de lignes et des trains ont un effet pervers. Ceux qui ne peuvent retourner chez eux, puisqu'il n'y a plus de train en soirée, ne vont pas non plus prendre le train pour s'y rendre. Du coup, le nombre de voyageurs sur ces lignes vont diminuer. Des lignes que l'on peut facilement supprimer quelques années plus tard par manque de voyageur. Ce cercle vicieux mène invariablement vers une destruction structurelle du réseau et d'un service public essentiel

Plutôt qu'un billet plus cher, des formules attractives.

Les pistes du gouvernement pour réaliser des économies à la SNCB proposent aussi une augmentation du ticket de train. Là aussi ce n'est pas la meilleure réponse au chaos qui règne sur nos routes à l'heure de pointe. Il faudrait au contraire rendre le rail plus attractif. Même financièrement. En développant, par exemple, des formules qui pourraient fidéliser des voyageurs qui ont des trajets très divers et qui ne savent que faire avec un abonnement au trajet fixe. Avant, il existait une carte à 50% qui coûtait 110 euros et qui était valable durant un an. Mais on n'a jamais fait de publicité autour de cette offre et elle a été supprimée en 2010. Pour quoi ne pourrait-on pas réintroduire cette carte avec une grande campagne d'information ? Il est probable que cela rendrait heureux de nombreux voyageurs.

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