La première oeuvre d'Hugo Claus traduite d'un poème nazi

01/09/14 à 12:46 - Mise à jour à 14:12

En 2008, le premier poème d'Hugo Claus a été vendu aux enchères pour 2.400 euros. Aujourd'hui, la revue flamande Poëziekrant révèle que cette première oeuvre, intitulée "Grauwvuur", est en fait traduite d'un poème allemand paru dans le magazine national-socialiste DeVlag.

La première oeuvre d'Hugo Claus traduite d'un poème nazi

Hugo Claus en 1963. © BELGAIMAGE

Selon Georges Wildemeersch, spécialisé dans les écrits d'Hugo Claus, l'écrivain aurait traduit un poème de la poétesse allemande Elisabeth Emundts-Draeger, paru en mars 1942 dans DeVlag, le magazine de l'organisation nationale-socialiste flamande Deutsch-Vlämische Arbeitsgemeinschaft.

Wildemeersch explique au quotidien De Morgen que l'écrivain, âgé de 13 ans à l'époque, avait offert le poème à une compagne de classe assorti de la mention "Ne montrer à personne". D'après le spécialiste, la mère de l'écrivain était membre de l'organisation pendant la guerre, ce qui lui a coûté ses droits civils après la victoire des Alliés. Il serait donc plausible que Claus ait découvert le poème chez lui.

À treize ans, Claus vivait lui-même sous l'emprise du nazisme. Pendant quelques mois, il a même été membre d'une association de jeunesse nationale-socialiste (NSJV). L'écrivain aborde le thème de la collaboration dans son roman "Le Chagrin des Belges".

Belga/CB

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