La Belgique envisage d'étendre ses frappes à la Syrie: qui est pour, qui est contre ?

02/03/16 à 16:12 - Mise à jour à 20:13

Source: Afp

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, s'est dit favorable mercredi à ce que les avions de combat belges qui participent déjà à la coalition anti-Etat islamique conduite par les Etats-Unis étendent leurs frappes au territoire syrien.

La Belgique envisage d'étendre ses frappes à la Syrie: qui est pour, qui est contre ?

/ © Belga

La Belgique participe à cette coalition avec six avions de combat F-16, en alternance avec les Pays-Bas, dont les appareils sont actuellement sur place.

Les avions belges, déployés d'octobre 2014 à fin juin 2015 en Irak, doivent reprendre leur mission en juillet.

La Haye a récemment décidé d'étendre ses frappes à la Syrie, en réponse à la demande faite par les Etats-Unis à leurs partenaires d'en faire davantage pour intensifier la lutte contre les groupes jihadistes, à commencer par l'EI.

"Je crois qu'on ne peut effectivement pas se limiter à des actions en Irak sans poursuivre ces actions au-delà de la frontière (syrienne, ndlr) quand les groupes terroristes franchissent la frontière. Les Néerlandais viennent déjà de prendre cette décision, les Danois aussi, je pense que nous sommes dans la même logique", a déclaré M. Reynders, interrogé par la radio privée Bel-RTL.

"On accompagne d'ailleurs déjà des opérations du porte-avions français en Méditerranée, le Charles-de-Gaulle. On ira devant le Parlement belge pour en débattre, j'ai vu que des parlementaires souhaitaient même qu'on aille plus loin, vers la Libye", a ajouté le chef de la diplomatie belge.

Reynders confirme l'"encouragement" américain

Selon l'agence Belga, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a "encouragé" le gouvernement belge à agir "aussi en Syrie" dans une lettre envoyée récemment à son homologue belge Steven Vandeput. M. Carter avait réuni début février à Bruxelles ses homologues de la coalition pour les inciter à contribuer davantage, en équipements, personnels et financements, à ses opérations en Irak et en Syrie.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a confirmé mercredi, dans l'avion qui le ramenait de Beyrouth, l'"encouragement" des Etats-Unis à la Belgique d'étendre son intervention militaire contre l'Etat islamique à la Syrie. La question vaut la peine d'être débattue et présentée au gouvernement, estime le chef de la diplomatie belge

La Belgique reprendra en juillet sa participation à l'opération américaine pour combattre l'Etat islamique. Cette participation s'était jusqu'à présent limitée à l'Irak.

Dans une lettre du 26 février, les Etats-Unis remercient la Belgique pour son engagement et l'encouragent à étendre son intervention en Syrie.

Le cdH favorable à l'extension de la mission des F-16

Le cdH se dit favorable à la demande adressée par les Etats-Unis à la Belgique d'étendre à la Syrie ses missions de bombardement contre Daesh.

Les centristes soutiennent l'extension de la participation belge depuis l'automne, rappellent-ils. Ils ont d'ailleurs déposé une proposition à ce sujet. Selon eux, il est temps maintenant de clarifier les choses.

"Dans les faits, la Belgique intervient déjà en Syrie: d'une part puisque notre frégate soutenait les missions offensives du porte-avions Charles-de-Gaulle; et d'autre part parce que les F-16 néerlandais qui bombardent actuellement l'EI en Syrie sont défendus au sol par des militaires belges. Il est donc urgent de mettre fin à cette confusion et de clarifier cet important choix politique en toute transparence", ont déclaré le président, Benoît Lutgen, et le député Georges Dallemagne.

Ces frappes aériennes coordonnées avec des actions au sol sont indispensables pour éradiquer Daesh, estime le cdH qui demande un débat urgent au parlement.

Le PS s'oppose à une intervention dans les conditions actuelles

Les conditions ne sont pas réunies pour une intervention des F-16 belges en Syrie, estime par contre le PS. Les socialistes francophones réclament un mandat clair des Nations Unies. Or, il n'est question aujourd'hui que d'une demande des Etats-Unis.

"Une éventuelle participation belge ne peut se faire qu'avec un mandat clair des Nations Unies. Aujourd'hui, il est dès lors pour nous hors de question que la Belgique réponde positivement à cette demande américaine", a déclaré le parti dans un communiqué.

Le PS réclame par ailleurs la tenue d'un débat à la Chambre. Une telle décision ne peut être prise à la va-vite, estime-t-il, évoquant les déclarations du ministre de la Défense de septembre dernier à propos de troupes belges au sol.

Les socialistes ont soutenu la participation belge à la mission "Inherent Resolve" lancée par les Etats-Unis pour combattre Daesh en Irak mais sous conditions, notamment le respect du droit international humanitaire, un soutien régional, un cadre onusien et une limitation à l'Irak.

"Etendre cette mission à la Syrie sort donc du périmètre clair tracé par la résolution du parlement belge", juge le PS.

La Chambre avait approuvé le 26 septembre 2014, à une large majorité, une résolution demandant au gouvernement belge de participer à la lutte internationale contre Daesh et soutenant la décision prise deux jours plus tôt en comité ministériel restreint d'engager six F-16 en Irak.

En savoir plus sur:

Nos partenaires