Incidents au parlement, ce qu'en pensent les éditorialistes flamands

05/12/14 à 11:25 - Mise à jour à 12:04

Le coup de théâtre lors des questions du jeudi semble devenir une nouvelle tradition à la chambre constatent De Morgen et De Standaard. Il est vrai que les sujets de clashs ne manquent pas.

Incidents au parlement, ce qu'en pensent les éditorialistes flamands

/ © Belga

Pour De Standaard on ne peut que constater que les dérapages et coups d'éclat lors des traditionnelles questions parlementaires du jeudi sont en passe devenir une habitude. "La majorité tombe chaque semaine sur une tuile. Quand ce n'est pas une discussion sur les gros salaires des managers, c'est le passé de Jambon qu'on déterre. Ajoutez à cela une opposition en ébullition- menée hier par un Kristof Calvo et une Laurette Onkelinx virulents- et vous obtenez semaine après semaine un très spectaculaire combat d'influence". Mais le quotidien se pose tout de même la question si le spectacle en vaut toujours la peine. Les sujets en questions étaient le climat et le passé de Jan Jambon. Rien qui ne vaille de tels éclats selon le journal.

"Cela ressemble à une dictature"

De Morgen revient plus largement sur l'incident et y consacre sa Une, sous le titre "Cela ressemble à une dictature", et son édito qui est lui intitulé "Psychodrame". Yves Desmet se demande dans son édito "si l'opposition n'a pas voulu tester les progrès d'un Siegfried Bracke qui avait laissé une impression mitigée lors de son baptême du feu, mais qui est resté hier d'un calme olympien. La crise avait pour point de départ les éventuelles connexions entre Jan Jambon et Jean-Marie Le Pen". Un fait qui selon l'éditorialiste "choque bien plus la Wallonie que la Flandre où au contraire on s'étonnerait plus du fait que des figures de proue du mouvement flamand ne se soient justement pas acoquinées avec des gens d'extrême droite". Ceci dit, toujours selon Desmet, "cela ne suffit pas à expliquer cette dose massive de venin et d'émotions fortes". Pour lui l'explication viendrait surtout de "l'incompréhension totale du PS devant l'impudence du MR et dont la phrase "comment ont-ils osés" d'Onkelix est symptomatique. L'attitude d'une arrogance jamais vue du gouvernement Michel vient encore envenimer les choses". L'aversion est en ce moment telle, que pour Desmet "une discussion civilisée semble aujourd'hui impossible".

Dictature. Majorité et opposition semblent au moins s'accorder sur ce point précis, selon le journal De Morgen. En effet , "C'est la dictature de la minorité" fulmine Michel dans les couloirs du parlement. Onkelinx n'est pas en reste, et, toujours dans les couloirs, déclare "cela ressemble plus à une dictature qu'à une démocratie lorsque la majorité a toujours raison." Le journal constate également que le parlement est devenu un outil à part entière dans la lutte entre fractions. Une lutte qui se théâtralise de plus en plus. Car pour De Morgen il n'y a pas de doute, tout cela est théâtralisé.

Le politologue Carl Devos, interviewé par De Morgen, précise encore : "C'est plus une question d'attitude. Ce gouvernement aime dire qu'il est courageux dans ces temps difficiles parce qu'il se sent porté par le choix des électeurs. Lorsqu'on répète en permanence que l'accord gouvernemental sera appliqué sans détour, il est normal que les partenaires soient méfiants et se demandent quelle est la marge possible dans les discussions. L'opposition se permet plus, car elle sent qu'elle a plus de prise. Car si le gouvernement a une majorité, il est aussi critiqué de toute part. Et De Morgen de conclure que "tant pour la majorité que pour l'opposition, ce genre de coup d'éclat est nocif. Car les derniers sondages le montrent : gouverner en temps de crise ne rend aucun gouvernement populaire, mais une succession sans fin de conflits politiques ne l'est guère plus"

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