Explosion et incendie à Doel, mais "pas d'incident nucléaire"

01/11/15 à 08:29 - Mise à jour à 14:20

Source: Belga

Un incident s'est produit samedi soir à la centrale de Doel à Beveren, mais celui-ci n'était pas de nature nucléaire. Un transformateur du réacteur n°1 s'est embrasé et une petite explosion s'est produite, mais l'incendie a pu être maîtrisé rapidement.

Explosion et incendie à Doel, mais "pas d'incident nucléaire"

La centrale de Doel et le port d'Anvers. © BELGA/Kristof Van Accom

La centrale de Doel dispose de sa propre équipe de pompiers, mais la caserne de Beveren a également été appelée en renfort.

Aucun combustible ne se trouvait dans le réacteur actuellement à l'arrêt, et il n'y a donc eu aucun danger pour le personnel et l'environnement de la centrale, a ajouté la porte-parole d'Electrabel Els De Clercq.

Il y a eu une brève chute de tension sur le réseau électrique, selon Elia

Une brève chute de tension a eu lieu samedi soir sur le réseau électrique en même temps que l'explosion et l'incendie d'un transformateur à la centrale de Doel 1, selon Elia, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité à haute tension.

Cette chute de tension a été perceptible localement, dans le nord du pays. "Il est possible que les gens l'aient remarqué depuis chez eux. Les ampoules ont pu brièvement clignoter", explique-t-on dimanche chez Elia.

Il n'y a pour le moment aucun impact de cet incident à Doel sur le réseau. La sécurité d'approvisionnement est toujours assurée, affirme-t-on également.

Le transformateur de Doel 1, où ont eu lieu samedi soir une petite explosion et un incendie, envoie normalement sur le réseau de l'électricité produite par le réacteur éponyme. Celui-ci étant actuellement à l'arrêt, aucun courant n'est envoyé. Le transformateur y était cependant encore couplé afin de pouvoir retirer de l'électricité du réseau.

D'après Electrabel, qui exploite la centrale nucléaire, on ignore encore le lien entre l'incendie et cette chute de tension.

Aucune preuve d'un acte malveillant, selon le parquet

L'origine de l'explosion et de l'incendie du transformateur de la centrale de Doel 1 samedi soir est accidentelle et il n'y a aucune preuve d'un acte malveillant, fait savoir dimanche la section de Termonde du parquet de Flandre orientale. Aucun expert n'a dès lors été désigné pour y mener une enquête.

L'exploitant de la centrale Electrabel et l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) mènent actuellement l'enquête pour déterminer les causes et les circonstances de l'incident. Le parquet a été averti mais a décidé de pas envoyer d'expert sur les lieux. "Il n'y avait aucune raison pour le parquet d'intervenir et des experts de l'AFCN sont déjà sur place. Il s'agit d'un incident aux origines accidentelles", assure-t-on.

Incendie d'une vingtaine de minutes

La petite explosion a retenti samedi soir, peu avant 23h00. Elle a été suivie d'un incendie dans le transformateur du réacteur Doel 1. La détonation a été assez importante et a été entendue dans les environs de la centrale nucléaire de Doel. L'incendie a duré une vingtaine de minutes, a précisé Els De Clercq, porte-parole de la centrale.

Les extincteurs automatiques installés au-dessus du transformateur se sont mis en route et les pompiers de l'entreprise se sont chargés de mettre fin au sinistre. Les hommes du feu de Beveren avaient été appelés sur place mais n'ont finalement pas dû intervenir.

Le réacteur nucléaire de Doel 1 est déconnecté du réseau depuis le 15 février dernier conformément à la loi de sortie du nucléaire qui prévoyait l'arrêt du réacteur après 40 ans d'exploitation. L'incident survenu n'a donc pas de conséquences directes sur l'approvisionnement énergétique de la Belgique. Aucun combustible ne se trouvait dans le réacteur et il n'y a donc eu aucun danger pour le personnel et l'environnement de la centrale.

Pas de conséquences directes pour l'approvisionnement énergétique

Le réacteur nucléaire de Doel 1 est déconnecté du réseau depuis le 15 février dernier conformément à la loi de sortie du nucléaire qui prévoyait l'arrêt du réacteur après 40 ans d'exploitation. L'incident survenu n'aura donc pas de conséquences directes sur l'approvisionnement énergétique de la Belgique.

Actuellement, seul le réacteur 4 de la centrale de Doel, dont le fonctionnement n'a pas été perturbé, est opérationnel et fournit 1.000 MW d'énergie.

Le gouvernement fédéral a décidé en juin dernier de prolonger l'exploitation des réacteurs de Doel 1 et Doel 2 jusqu'en 2025. La ministre de l'Énergie Marie-Christine Marghem doit cependant encore faire voter son second projet de loi sur la prolongation des réacteurs, puis signer une convention avec l'exploitant. Si cette convention n'est pas signée au 30 novembre, Doel 1 et 2 seront fermés.

L'ampleur des dégâts consécutifs à l'incident de samedi soir n'est pas encore connue, mais devra être évaluée avant une éventuelle relance du réacteur.

"L'incident est indépendant du redémarrage et de la prolongation"

L'incident qui s'est produit samedi soir à Doel 1 a eu lieu dans la zone non-nucléaire de la centrale et est donc indépendant de son possible redémarrage et de la prolongation de Doel 1 et 2, assure dimanche l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN).

Electrabel, l'exploitant des lieux, a averti l'AFCN de l'incident. Etant donné que l'explosion et l'incendie sont survenus dans la zone non-nucléaire, il n'y a pas de raison pour l'Agence d'intervenir directement, explique sa porte-parole Nele Scheerlinck, ajoutant que l'AFCN suivra cependant la situation.

L'incident est indépendant du potentiel redémarrage et de la prolongation de Doel 1 et 2, pour laquelle l'AFCN a déjà donné son feu vert. "Un tel incident peut se produire partout, dans n'importe quelle grande usine ou installation", souligne la porte-parole.

Les installations de l'intercommunale ISVAG à Wilrijk à l'arrêt

Les installations de traitement des déchets de l'intercommunale ISVAG à Wilrijk, dans la banlieue anversoise, ont été mises à l'arrêt samedi soir, a annoncé l'échevin anversois Philip Heylen sur Twitter. Cette information a été confirmée par l'intercommunale. D'autres entreprises pourraient avoir été touchées par cet incident mineur, mais aucune confirmation n'était disponible vers 1h.

L'unité de traitement de l'ISVAG s'est mise automatiquement à l'arrêt à la suite de la panne de courant consécutive à l'incendie d'un transformateur de la centrale de Doel. L'intercommunale brûle des déchets pour les transformer en énergie distribuée auprès de 20.000 familles. "Nous n'avons constaté aucun dégât à notre turbine, tout est parfaitement sous contrôle", a commenté un membre de la direction de l'ISVAG. Les activités de l'intercommunale redémarreront normalement une fois qu'Electrabel aura donné son feu vert.

Étant donné que l'arrêt d'urgence est survenu pendant la nuit lors d'un week-end, les conséquences devraient demeurer très limitées, autant pour les clients que pour les fournisseurs. On ignore cependant si la coupure de courant a eu un impact dans d'autres entreprises de la région.

Les perturbations pour les particuliers ne devraient également être que relatives. Le gestionnaire de réseau Eandis n'a pas eu connaissance de gros désagréments.

Johan Vande Lanotte déplore un "énième incident"

L'incident à la centrale nucléaire de Doel 1 démontre encore une fois combien il est imprudent de ne pas exiger d'étude sur l'impact environnemental du redémarrage et de la prolongation de la durée de vie de Doel 1, dénonce dimanche le député sp.a Johan Vande Lanotte, au lendemain de l'explosion.

"Il s'agit du énième incident dans une centrale nucléaire, cette fois justement dans celle que l'on veut prolonger. Cela en dit long sur le choix qui est fait de vouloir continuer à faire fonctionner ces vieilles installations", constate encore le socialiste.

Johan Vande Lanotte rappelle que son parti et Groen ont proposé d'ajouter un câble supplémentaire entre les Pays-Bas et la Belgique au lieu de prolonger les centrales de Doel 1 et 2. "S'il apparaît que cela n'était plus possible et que l'on devait faire face à des pénuries d'électricité, cela sera la responsabilité du gouvernement", assène-t-il.

Ecolo-Groen veut interpeller le ministre de l'Intérieur Jan Jambon

Ecolo a annoncé dimanche avoir déposé une interpellation auprès du ministre de la Sécurité et de l'Intérieur, Jan Jambon (N-VA), à propos de l'incident survenu samedi soir.

"Jusqu'à quand va-t-on prendre des risques avec la sécurité?", s'est interrogé le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Jean-Marc Nollet. "Avec ces vieilles centrales nucléaires, il y a au moins deux constantes: leur dysfonctionnement est devenu leur mode de fonctionnement classique et la réponse d'Electrabel se veut à chaque fois rassurante. Tout va très bien Madame la Marquise", a-t-il ironisé.

Selon M. Nollet, le gouvernement fédéral "doit prendre la mesure des risques qu'il fait encourir aux populations en s'obstinant de la sorte dans sa stratégie de valet d'Electrabel".

"Ces centrales sont vieilles. Il est logique que les incidents s'y multiplient. Elles sont aujourd'hui devenues un danger quasi permanent. La logique de l'autruche est devenue intenable", s'est insurgé le chef de file des Verts à la Chambre, plaidant pour le respect du calendrier de sortie du nucléaire établi par une loi en 2003.

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