Elio Di Rupo : "l'Europe ne doit pas s'inspirer du modèle allemand"

23/01/12 à 08:42 - Mise à jour à 08:42

Source: Le Vif

Le Premier ministre belge Elio Di Rupo, qui doit s'entretenir avec son homologue Angela Merkel ce lundi à Berlin, invite l'Allemagne à participer aux réformes socio-économiques européennes sur base d'un "modèle européen" défendu par les vingt-sept Etats-membres.

Elio Di Rupo : "l'Europe ne doit pas s'inspirer du modèle allemand"

© Belga

Le Premier ministre Elio Di Rupo a donné une interview que publie l'hebdomadaire allemand Der Spiegel ce matin. Il y soutient notamment que "l'Europe ne doit pas s'inspirer du modèle allemand ou du modèle d'un autre Etat-membre mais développer un modèle européen défendu par les Vingt-sept".

Elio Di Rupo ne nie pas le "rôle important" que joue l'Allemagne sur le plan économique. Elle vient en soutien des autres pays qui doivent lui en être reconnaissants, dit-il. "Cependant, l'Allemagne doit également coopérer avec les autres pays, car son avenir dépend aussi de leur prospérité", fait valoir le chef du gouvernement belge.

De la même façon, le Premier ministre socialiste observe qu'Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy s'entretiennent régulièrement du devenir européen ou de l'avenir de la zone euro. "Mais chaque pays doit pouvoir être entendu en ce qui concerne des décisions relatives aux dix-sept pays de la zone euro ou les Vingt-sept de l'Union européenne".

Sur le fond, au-delà de la nécessité d'adopter des politiques budgétaires strictes, Elio Di Rupo invite à "renforcer la demande et le pouvoir d'achat". Il ne sert à rien "d'étrangler l'économie", dit-il, rappelant que ce ne sont ni les citoyens ni les gouvernements qui sont responsables de la crise actuelle mais bien les marchés financiers.

Vincent Van Quickenborne approuve les propos d'Elio Di Rupo

Le vice-premier ministre libéral flamand Vincent Van Quickenborne ne trouve rien à redire à l'interview donnée au magazine Der Spiegel par Elio Di Rupo dans laquelle ce dernier invite l'Allemagne à ne pas trop s'immiscer dans les réformes économiques à réaliser en Belgique, et l'Europe à regarder au-delà de la rigueur budgétaire. "Il dit que l'Europe ne peut pas se contenter de prôner des mesures d'économies, à cet égard, il marque un point. L'Europe doit également veiller à la croissance et aux investissements", a réagi Vincent Van Quickenborne sur la VRT-Radio.

Il y a quelques jours, les libéraux flamands avaient étrillé le ministre socialiste Paul Magnette qui s'en était pris au Commissaire européen Olli Rehn pour son intransigeance budgétaire. Pour Vincent Van Quickenborne, il n'y a cependant pas lieu de comparer les deux interventions. "L'attaque de Magnette était personnelle, elle visait la politique menée par le Commissaire", a nuancé le ministre Open Vld.

"Si vous lisez bien les propos du Premier ministre, il soutient qu'il ne revient pas à un pays de déterminer ce qu'un autre pays doit faire", a-t-il fait observer. "Je ne l'ai pas entendu dire qu'il s'opposait à plus d'Europe, mais plutôt à une approche trop intergouvernementale. Le point de vue que défend le gouvernement est qu'il faut plus d'Europe, mais une Europe communautaire".

Elio Di Rupo rencontre Angela Merkel

Elio Di Rupo rencontrera la chancelière allemande Angela Merkel ce lundi à Berlin. Le Premier ministre poursuit ainsi sa tournée de rencontres avec ses homologues des pays voisins.

Il s'est rendu cette semaine aux Pays-Bas et au Luxembourg, pour y rencontrer respectivement le ministre-président néerlandais, Mark Rutte, et le Premier ministre grand-ducal, Jean-Claude Juncker.

Le Premier ministre s'envolera ce matin depuis Melsbroek à destination de Berlin, où l'attend un lunch avec la chancelière Angela Merkel.

Un certain nombre de dossiers bilatéraux devraient être au menu, mais les discussions porteront principalement sur l'organisation du sommet européen du 30 janvier. Lundi également, la chancelière rencontrera à ce sujet les présidents respectifs de la Commission européenne et du Conseil européen, MM. José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy.

Le Vif.be, avec Belga

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