E.Van Rompuy: "De Wever est un fossoyeur de la Belgique"

03/11/13 à 15:02 - Mise à jour à 15:02

Source: Le Vif

Après le MR via Charles Michel, d'autres partis ont réagi aux propositions de la N-VA. "Poudre de perlimpinpin", "arsenic", "parti immature" : volée de bois vert des deux côtés du pays.

E.Van Rompuy: "De Wever est un fossoyeur de la Belgique"

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Deux responsables du CD&V, le député flamand Eric Van Rompuy et l'ancien ministre Mark Eyskens, ont clairement pris dimanche leurs distances avec le projet de programme électoral à base de confédéralisme présenté par les nationalistes de la N-VA en vue des élections de l'an prochain. "C'est inacceptable pour nous", a affirmé le député flamand Van Rompuy lors de l'émission dominicale Mise au Point de la RTBF. Selon lui, le CD&V n'a "jamais prôné" un tel confédéralisme, qu'il a qualifié de "séparatisme".

Des propos qui ont ravi le ministre bruxellois des Finances, Guy Vanhengel (Open Vld). Il s'est en effet félicité de la distance prise par le CD&V envers les positions de la N-VA. "C'est du séparatisme", a-t-il lui aussi lancé en dénonçant les côtés "néfastes et diaboliques" des propositions de la N-VA. M. Van Rompuy a accusé le président de la N-VA, Bart De Wever, d'être "plutôt un fossoyeur" de la Belgique qu'un (candidat) Premier ministre au niveau fédéral.

Il a souligné qu'après la mise en oeuvre de la sixième réforme de l'Etat - agréée par huit partis francophones et néerlandophones (PS, sp.a, CD&V, cdH, MR, Open Vld, Ecolo et Groen) et en cours d'adoption par le parlement -, le centre de gravité aura basculé en faveur des Régions et des Communautés, qui disposeront de l'essentiel des moyens financiers, n'en attribuant plus que 15 pour cent à l'Etat fédéral.

L'ancien ministre et Premier ministre Mark Eyskens, une autre figure du parti social-chrétien flamand, a pour sa part dénoncé - comme d'autres intervenants des débats télévisés de dimanche sur la RTBF et sur RTL-TVI - la manière de procéder du président de la N-VA. "Il fait de l'auto-exclusion au niveau fédéral", a-t-il souligné. Du côté francophone, le ministre-président Rudy Demotte a qualifié le projet de programme de la N-VA de "poudre de perlimpinpin" - une "resucée en période creuse" - mais aussi d'"arsenic" destiné à empêcher le fonctionnement de l'Etat.
Le président du PS, Paul Magnette, qui était sur le plateau de L'Invité sur RTL-TVI, a pour sa part noté que la N-VA était un parti "un peu immature", tout en ayant dévoilé son "but ultime, la fin de la Belgique.

M. De Wever a présenté mercredi les propositions que la direction de la N-VA présentera à un congrès du parti appelé à approuver le programme des nationalistes flamands pour les élections générales (européennes, législatives et régionales) du 25 mai prochain. Elles sont fondés sur une vision "confédérale" de la Belgique démantelant largement le gouvernement fédéral en supprimant par exemple le poste de Premier ministre et en transférant à la Flandre et à la Wallonie l'essentiel des compétences, à l'exception de la défense, de la politique d'immigration et de la dette, qui serait résorbée en 25 ans. Le gouvernement fédéral passerait de quinze à seulement six membres, trois pour chaque communauté désignés par leurs parlements et leur gouvernement respectifs. La N-VA, en dépit de ses convictions républicaines, souhaite conserver la fonction royale, mais en la rendant purement protocolaire, sur le modèle scandinave.

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