Di Rupo en campagne: "transformer la colère en changement"

23/03/14 à 14:20 - Mise à jour à 14:20

Source: Le Vif

"Un parti séparatiste qui veut faire exploser la Belgique ne pourra jamais gouverner dans l'intérêt du pays tout entier (...) et ça, le PS ne pouvait l'accepter et, à l'avenir, il ne l'acceptera jamais", a lancé dimanche le Premier ministre Elio Di Rupo en conclusion du congrès de lancement de la campagne de son parti.

Di Rupo en campagne: "transformer la colère en changement"

© Belga

Suspecte de vouloir dépecer la Belgique et son modèle social, la N-VA a été régulièrement pointée du doigt durant ce congrès, la vice-première ministre Laurette Onkelinx dénonçant au passage le "double jeu" du MR qu'elle a décrit comme l'"associé" francophone du parti séparatiste flamand.

"Heureux d'être en famille, un militant parmi les siens", Elio Di Rupo avait délaissé dimanche son costume de Premier ministre pour prendre pied dans la campagne. Vantant une nouvelle fois la "recette belge" faite de rigueur et de relance, qui a marqué l'action de son gouvernement, il a laissé le soin au président Paul Magnette d'énoncer les grandes lignes du programme socialiste. Conscient des difficultés vécues par bon nombre de citoyens, ce dernier les a invités à "transformer la colère en changement".

Au nom de la "gauche utile", Elio Di Rupo a appelé à l'unité alors que certaines réformes passent mal dans les rangs syndicaux et que l'opposition écologiste, mais aussi le PTB tentent de relayer la contestation.

Le 25 mai, c'est "l'avenir de notre modèle social" qui se jouera, dès lors "aucune voix ne pourra s'égarer", a-t-il insisté.

"Alternative progressiste aux recettes néo-libérales"

Secoué classiquement par la droite, avec laquelle cependant il n'hésite pas à nouer des coalitions ces dernières législatures, le PS a centré son congrès sur la nécessité de préserver le modèle social de la Belgique - la Sécu, l'index - tout en s'engageant à revaloriser le pouvoir d'achat des travailleurs et des allocataires, un programme qu'il entend financer par une réforme fiscale juste qui prend un peu plus encore au capital.

"Nous sommes fiers d'avoir le gouvernement le plus progressiste et le plus social d'Europe", a claironné Elio Di Rupo selon qui le PS, "partenaire fort et responsable", a le devoir d'incarner une "alternative progressiste" aux "recettes néo-libérales d'ici ou d'ailleurs dans le monde".

Mais c'est sur sa gauche que le PS sent venir les menaces les plus pressantes en vue du 25 mai, et c'est à l'aune de celles-ci qu'il a dès lors relancé les appels à l'"action commune" avec les mondes syndical et mutuelliste. Alors que le PTB a le vent en poupe dans les sondages, Laurette Onkelinx a dit être prête à défendre le bilan socialiste face à une "gauche tribunicienne, qui fait toujours des grands discours sur tout mais qui n'obtient jamais rien".

"Continuer à faire payer un peu plus les '1%' des Belges les plus riches"

Paul Magnette s'est attardé sur les grandes lignes du programme dont la lutte contre les inégalités à l'école (remédiation) et l'emploi (contrat d'1 an pour chaque jeune sortant de l'école) constitueront les grandes priorités. "Et oui, nous voulons continuer à faire payer un peu plus les '1%' des Belges les plus riches" car "oui, nous voulons permettre aux 99 autres pour-cent de vivre mieux, car quand on entend certains à droite, on a l'impression que les travailleurs ne sont qu'un coût et une charge", a-t-il dit.

"Plus forts, ensemble", les quelque 2.000 militants rassemblés dimanche à Flagey, au Studio 4 et dans les salles et couloirs adjacents, ont donné de la voix durant le congrès, un événement que les organisateurs auront façonné pour l'image, en ne lésinant pas sur les gadgets, drapeaux et crécelles.

Le PS approuve son programme et sa liste européenne

Par ailleurs, le parti socialiste a également adopté l'ensemble de son programme en vue des élections européennes, fédérales et régionales du 25 mai à l'unanimité.

Le congrès a adopté la liste européenne avec 96% de votes favorables, 7 votes contre et 1 abstention. La liste est emmenée par Marie Arena, suivie de Marc Tarabella et Hugues Bayet.

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