CPAS: le gouvernement wallon se trompe de priorité

30/01/15 à 15:21 - Mise à jour à 15:21

Source: Belga

La Fédération des CPAS de Wallonie, réunie vendredi en assemblée générale à Namur, a approuvé une déclaration de politique régionale (DPR) "améliorée" qu'elle adressera au gouvernement wallon pour lui signifier qu'il "se trompe de priorité".

CPAS: le gouvernement wallon se trompe de priorité

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Le programme du gouvernement wallon prévoit notamment d'ouvrir la possibilité aux communes et CPAS qui le souhaitent de fusionner, dans un souci d'efficacité et d'économies d'échelle, un point qui hérisse la Fédération des CPAS. Car "la priorité n'est pas au remodelage de la tuyauterie institutionnelle, dont la plus-value sociale et économique est loin d'être démontrée, mais bien à la consolidation de la qualité du service public des citoyens", a martelé Claude Emonts, le président de la Fédération des CPAS de Wallonie, devant quelques centaines de responsables de CPAS. Ces derniers ont voté à l'unanimité moins deux abstentions une "DPR sociale" qu'ils remettront au gouvernement et aux députés wallons. Ce document "alternatif" invite à consolider l'autonomie des CPAS et leur primauté en matière de politique sociale locale, par rapport aux collèges et conseils communaux. "Nous ne sommes pas contre le changement, car nous pratiquons déjà les synergies" à travers des partenariats entre CPAS (association Chapitre XII, Inter-CPAS, clusters, etc), souligne M. Emonts, "mais nous tenons à préserver notre autonomie juridique". "Faire de la politique au CPAS ou au conseil communal, ce n'est pas la même chose ! Chaque personne qui fait de la politique communale devrait faire un stage au CPAS", s'est exclamée Rita Leclerc, présidente du CPAS de Tournai. Pour Claude Emonts, trop peu de conseillers communaux s'intéressent vraiment à l'action et à l'aide sociales. La Fédération propose dès lors aux communes de transférer aux CPAS leurs compétences sociales comme les PCS (plans de cohésion sociale) ou la gestion des ALE (agences locales pour l'emploi), afin de renforcer un organe faisant face à des besoins croissants, notamment l'accueil des exclus des allocations d'insertion. "Le financement du Fonds spécial de l'action sociale est indigne par rapport au Fonds des communes ou des provinces", s'insurge Philippe Defeyt, président du CPAS de Namur. L'augmentation structurelle de 1% par an est bien éloignée de celle de 3% par an du nombre de bénéficiaires du revenu d'intégration sociale (RIS), illustre-t-il. Certes le Fédéral est lui aussi fortement interpellé sur sa politique sociale, avec par exemple une demande d'augmentation progressive du taux de remboursement des RIS et des aides sociales, mais le gouvernement wallon fait l'objet d'une attention particulière. Il est invité à augmenter les moyens pour les dispositifs articles 60 et 61 (mise à l'emploi par le CPAS ou une collaboration externe), à supprimer la règle interne au Forem qui oblige les demandeurs d'emploi issus du CPAS à se réinscrire tous les trois mois, ou à rendre ces demandeurs d'emploi automatiquement éligibles à toutes les aides à l'emploi. Les politiques d'énergie et de logement sont aussi concernées, notamment en renforçant les moyens d'actions à l'encontre de propriétaires de logements vides ou insalubres ou de locataires "qui sont manifestement de mauvaise foi", afin de mettre ces logements à disposition des CPAS. Une récente étude de Belfius démontre à quel point les finances des CPAS sont sous pression. La contribution moyenne par habitant, pour éponger le déficit des CPAS, est ainsi passée de 127 euros en 2013 à 155 euros en 2014. "Ne tirons pas sur le pianiste, s'exclame Jean Spinette, président du CPAS de Saint-Gilles (Région bruxelloise). Ce sont là les effets collatéraux d'une crise financière et d'une politique d'austérité". Les CPAS wallons disent s'être inspirés de la Déclaration de politique régionale bruxelloise pour élaborer leur DPR alternative qu'ils remettront au ministre-président wallon Paul Magnette (PS) et au vice-président Maxime Prévot (cdH). Cette DPR en quatre pages a été rédigée par le président de la Fédération Claude Emonts (PS) et ses trois vice-présidents Nathalie Demortier (MR), Anne Van der Vaeren-Van der Elst (cdH) et Philippe Defeyt (Ecolo).

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