Contrôle budgétaire: "Des économies réalisées sur le dos des plus faibles", pour Ecolo

19/03/17 à 13:58 - Mise à jour à 19:30

Source: Belga

Tout comme le PS, Ecolo déplore de nombreux points de l'accord sur le contrôle budgétaire du gouvernement fédéral, présenté ce dimanche. De son côté, la cheffe du groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, a aussi émis des doutes sur la manière dont le gouvernement fédéral était parvenu à compenser le dérapage budgétaire annoncé, tout en engageant des dépenses supplémentaires.

Contrôle budgétaire: "Des économies réalisées sur le dos des plus faibles", pour Ecolo

Georges Gilkinet © Belga

Le gouvernement fédéral tente de faire oublier les mesures d'économie réalisées depuis le début de la législature sur le dos des plus faibles et de masquer la faiblesse de ses résultats en matière socio-économique, il ne présente pas le début d'une stratégie de mobilisation autour d'un vaste plan d'investissement misant sur la création d'emplois du futur, a déploré dimanche Ecolo, à la suite de l'annonce d'un accord sur l'ajustement budgétaire du gouvernement fédéral.

"Depuis des mois, les écologistes appellent de leurs voeux un vaste Plan d'Investissement, misant résolument sur la création des emplois du futur et visant à rencontrer les enjeux énergétiques et climatiques. Ils espéraient en voir au moins l'ébauche dans le cadre de l'ajustement budgétaire, mais doivent constater qu'on n'en trouve pas trace, pas plus que de mesures pour une fiscalité plus juste. L'autosatisfaction du gouvernement n'a qu'un seul objectif: faire oublier les mesures d'économies réalisées depuis le début de la législature sur le dos des plus faibles, masquer la faiblesse de ses résultats en matière socio-économiques et l'absence d'une réforme fiscale qui viserait à rendre l'impôt plus juste et plus efficace", a commenté dimanche Georges Gilkinet, député fédéral Ecolo.

Les Verts ont tenu à rappeler que le gouvernement avait décidé depuis le début de la législature d'"économies linéaires en sécurité sociale pour près de 3 milliards d'euros, frappant de front les plus vulnérables: les malades, les travailleurs à temps partiel, les femmes, les jeunes et les pensionnés". Selon eux, le taux d'emploi stagne et si les chiffres du chômage baissent, c'est principalement du fait de l'exclusion d'un nombre très important de demandeurs d'emploi. En l'absence de réforme ambitieuse, le système fiscal est plus injuste que jamais, laissant trop souvent impunie la grande fraude fiscale et pesant trop lourdement sur les artisans et les PME.

Il y a comme un "stuut"

La cheffe du groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, a, elle aussi, émis dimanche des doutes sur la manière dont le gouvernement fédéral était parvenu à compenser le dérapage budgétaire annoncé, tout en engageant des dépenses supplémentaires.

"Le #begov annonce un dérapage d'1 milliard d'euros qui se transforme en dépenses supplémentaires. Il y a comme un 'stuut'...Où sont les tableaux? ", s'est interrogée Mme Fonck, sur son compte twitter.

Un peu plus tôt dans la journée, Elio Di Rupo, le président du PS réagissait en dénonçant de la sorte les résultats du contrôle budgétaire présentés dimanche à la presse: "Soit le gouvernement de Charles Michel fait de la magie, soit il manipule les chiffres."

Une nouvelle fois les familles, les PME et les malades passent à la caisse

Le président du cdH, Benoît Lutgen, a accueilli dimanche "avec grande inquiétude et circonspection" l'exercice budgétaire conclu cette nuit par le gouvernement fédéral. "S'il annonce des moyens supplémentaires pour la justice et la police, qui ne vont malheureusement pas combler les soustractions des exercices précédents, le gouvernement ne prévoit rien pour remettre sur pied le budget des soins de santé, alors qu'il n'a cessé de plumer les malades et ceux qui les soignent à coups d'économies budgétaires", a commenté dimanche M. Lutgen.

Celui-ci a par ailleurs dit n'observer aucune correction budgétaire au profit des familles et de leur pouvoir d'achat, le gouvernement s'en tenant à sa politique brutale, sans effort nouveau pour redresser le pouvoir d'achat de nos concitoyens, alors que les comparaisons internationales démontrent que la Belgique est le seul pays européen où celui-ci a diminué ces dernières années. Les PME et les autres créateurs d'emploi sont eux aussi lésés, aux yeux du président du centre démocrate Humaniste: "MR et N-VA ont renoncé à faire baisser l'impôt des sociétés, un enjeu dont ils parlent manifestement plus volontiers dans les médias qu'au conseil des ministres, a commenté Benoît Lutgen. Face à ce qu'il considère comme une nouvelle capitulation budgétaire, le cdH affirme qu'il mettra tout en oeuvre pour forcer le parlement à prendre les responsabilités que le gouvernement refuse de prendre, et qu'il votera sa proposition de loi cdH visant à baisser l'impôt des sociétés.

"A force de répétition, ces trahisons et capitulations budgétaires deviennent une des principales marques de fabrique d'un gouvernement MR/N-VA déjà tristement réputé pour sa brutalité envers nos concitoyens, et en particulier contre les plus fragiles. Plus que jamais, le cdH entend s'opposer à une telle posture politique désespérément marquée par l'absence d'humanité et le manque de vision politique", a conclu son président.

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