Commission Attentats : "C'est la police fédérale qui devait fermer le métro"

01/06/16 à 20:25 - Mise à jour à 22:21

Source: Belga

Il n'était pas judicieux de prévoir une fermeture automatique du métro le 22 mars, a expliqué mercredi le directeur faisant fonction du centre fédéral de crise, Alain Lefèvre, devant la commission d'enquête parlementaire.

Commission Attentats : "C'est la police fédérale qui devait fermer le métro"

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A 7h58, le premier attentat est commis à l'aéroport de Bruxelles-National. A 8h06, la permanence du centre de crise reçoit un appel de la police fédérale annonçant une explosion à l'aéroport, d'origine inconnue, sans donner d'informations sur des victimes. Les premiers contacts sont pris.

A 8h20, une première réunion de coordination commence. Entre ce moment et 8h50, les principaux (et nombreux) acteurs concernés arriveront au centre. A 8h45, l'Organe de Coordination de l'Analyse de la Menace (OCAM) partage oralement son analyse et annonce le passage au niveau 4 de menace, soit le niveau maximum. Aucune mesure de sécurité n'y est automatiquement liée.

A 8h52, le ministre de l'Intérieur prend la décision de fermer le métro à titre de précaution au moins jusqu'à midi. L'OCAM a déjà cité dans de nombreuses évaluations le métro bruxellois comme une cible d'attentat. Des "grandes capacités" sont nécessaires pour y assurer un haut niveau de sécurité. Celles-ci n'étant pas disponibles, le ministre décide la fermeture.

La Direction des opérations de police administrative (DAO) de la police fédérale prend les contacts nécessaires pour que la décision soit exécutée, conformément à un protocole conclu entre la police fédérale et la STIB. "Il n'est pas judicieux de dire que cela doit être automatique", a insisté M. Lefèvre. "Il ne peut y avoir d'automatisme en matière de sécurité, ce serait inapproprié". Cinquante quatre minutes ont été nécessaires: "C'est une procédure de collecte d'informations et d'analyse. Cela prend du temps. Il faut prendre des décisions en connaissance de cause", a souligné le directeur, rappelant au passage que d'autres villes confrontées à des attentats n'avaient pas ordonné la fermeture de leur métro.

"Une heure pour déclencher la phase fédérale (du plan d'urgence)"

Le procureur fédéral arrivera à 8h57 et à 9h, il qualifie l'explosion à Zaventem de terroriste. Pourtant, à entendre les témoins déjà entendus par la commission d'enquête, l'hypothèse terroriste était déjà évoquée dans les minutes qui ont suivi l'attentat. "Oui, nous pouvions le penser", a reconnu M. Lefèvre mais la compétence de qualifier un événement de terroriste appartient au pouvoir judiciaire et il tient à la garder.

A 9h11, un terroriste se fait exploser dans une rame de métro à la station Maelbeek. La STIB n'a jamais reçu l'ordre de fermer son réseau. C'est à 9h12 que le patron de la société prend lui-même cette décision, informé de l'attentat qui venait de se produire. Le ministre de la Mobilité et le ministre-président bruxellois ont demandé que ce genre de décision leur soit désormais communiquée, ou à leur représentant.

Une solution structurelle devra toutefois être trouvée, estime le directeur, ces personnes ne pouvant être joignables en permanence. Il a évoqué une cellule interdépartementale de la mobilité, précisant au passage que les décisions étaient prises au centre de crise et non par lui, et qu'il incombe aux autorités compétentes de les exécuter. Dans les rangs parlementaires, une plus grande simplification est privilégiée.

"Il faut une heure pour déclencher la phase fédérale (du plan d'urgence) alors qu'on sait très rapidement qu'il s'agit d'un acte terroriste", a fait remarquer Georges Dallemagne (cdH). Le président Patrick Dewael (Open Vld) a avancé l'idée d'un "CP-Ops" fédéral, soit un coordinateur des opérations, comme c'est le cas dans les plans provinciaux de secours. La suggestion a d'ailleurs été faite dans les premières conclusions présentées par les experts de la commission. Autre moyen, en cours d'élaboration, pour accroître l'efficacité des opérations: une plate-forme Incident & Crisis Management System (ICMS) qui permettra à tous les acteurs concernés par une situation de crise de pouvoir consulter les informations disponibles.

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