Climat: après des années de blocage, enfin un accord sur le "burden sharing"

24/10/15 à 10:47 - Mise à jour à 21:29

Source: Belga

Les ministres en charge de la politique climatique des trois Régions et du Fédéral se sont entendus dans la nuit de vendredi à samedi sur l'épineux dossier du "burden sharing", à quelques semaines de la conférence internationale sur le climat de Paris, a annoncé la ministre bruxelloise Céline Fremault, qui présidait les débats.

Climat: après des années de blocage, enfin un accord sur le "burden sharing"

© BELGA

Les termes de cet accord de principe n'ont pas été dévoilés officiellement. Selon lesoir.be et la VRT, l'effort auquel s'est engagé le pays de réduire de 15% ses émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 2005 se répartit en un objectif de 15,5% pour la Flandre, 14,7% pour la Wallonie et 8,8% pour Bruxelles, le fédéral intervenant via des mesures techniques sur le transport et des mécanismes de contrôle.

L'objectif de production de 13% d'énergie renouvelable en 2020 passera par une ambition de 10% pour la Flandre, 11,5% pour la Wallonie et 3,5% pour Bruxelles, le fédéral visant 2,75%.

La répartition des revenus de mise aux enchères des quotas de CO2 (326 millions d'euros d'héritage du passé puis 188 millions par an) constituait un point sensible des négociations. Selon la VRT et lesoir.be, pour les revenus engrangés, la Flandre recevrait 50%, la Wallonie 29%, Bruxelles 6% et le fédéral 15%. Pour les revenus à venir, la Flandre capterait 50%, la Wallonie 30%, Bruxelles 8% et le fédéral 12%.

Enfin, pour le financement climatique international que la Belgique annoncera au sommet de Paris, 50 millions d'euros seraient assumés pour moitié par le fédéral, à 29% par la Flandre, à 16,5% par la Wallonie et à 4,5% par Bruxelles.

Ces chiffres n'ont pas encore été confirmés. Les ministres Marie-Christine Marghem (Fédéral), Joke Schauvliege (Flandre), Paul Furlan (Wallonie) et Céline Fremault (Bruxelles) doivent en effet revenir vers leurs gouvernements respectifs pour confirmer cet accord de principe avant lundi, date d'une conférence de presse annoncée.

Le dossier du "burden sharing" bloquait depuis six ans. Plusieurs ministres avaient exprimé ces dernières semaines leurs espoirs d'aboutir à un accord, jugé nécessaire pour la crédibilité de la Belgique à l'approche du sommet de Paris sur le climat qui débute fin novembre. Ce sommet conjuguera la 21e conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et la 11e conférence des parties au protocole de Kyoto.

Ecolo regrette le manque d'ambition d'un "accord minimaliste"

Ecolo appellait samedi les différents gouvernements belges, après l'annonce d'un accord entre les Régions sur le "burden sharing", à ne pas "s'arrêter à cet accord minimaliste, d'oser l'ambition et de choisir l'avenir plutôt que de le subir".

"Selon les éléments disponibles aujourd'hui, et sous réserve des précisions que nous attendons avec impatience, Ecolo nourrit de très fortes inquiétudes quant à la capacité des trois Régions et du Fédéral d'atteindre les objectifs de 15% de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de 13% d'énergie renouvelable", souligne le parti dans un communiqué. "En matière de financement climatique international, le montant annuel annoncé de 50 millions d'euros est largement insuffisant."

L'accord conclu dans la nuit de vendredi à samedi, qui détaille la répartition des efforts consentis par les Régions et le Fédéral pour atteindre les objectifs climatiques belges pour 2020, était "devenu indispensable tant l'inertie belge devenait ridicule sur la scène européenne", ajoutent les coprésidents d'Ecolo, Zakia Khattabi et Patrick Dupriez.

Néanmoins, pour le parti, en faisant de la question de la répartition un enjeu crucial, les gouvernements régionaux et fédéral éludent en réalité la question essentielle des moyens pour parvenir aux objectifs fixés.

"Chaque jour qui passe nous laisse penser que la Belgique avance vers le sommet de Paris sans ambition, sans engagements concrets et sans stratégie digne de ce nom", regrette Ecolo.

Nos partenaires