Etienne Dujardin
Etienne Dujardin
Juriste et Chroniqueur
Opinion

05/04/16 à 10:59 - Mise à jour à 08/04/16 à 14:44

"Ce samedi à la Bourse, la police n'a fait que son travail"

Les critiques des forces de l'ordre du bourgmestre socialiste de Bruxelles, Yvan Mayeur ou du Président de la Ligue des droits de l'homme font polémiques depuis ce week-end. Les policiers, eux font simplement leur travail dans des conditions difficiles pour protéger l'ensemble des citoyens.

"Ce samedi à la Bourse, la police n'a fait que son travail"

Alexis Deswaef, Président de la Ligue des droits de l'Homme © DR

Je trouve déplorable la réaction de Monsieur Alexis Deswaef, Président de la Ligue des droits de l'Homme ce week-end qui est venu à la bourse pour manifester avec des dizaines de personnes alors qu'il savait très bien que tout rassemblement était interdit. J'ai consulté la vidéo de l'arrestation. La police lui a demandé plusieurs fois et avec beaucoup de respect de quitter les lieux, lui a fait savoir que tout rassemblement était interdit suite à des décisions prises par l'autorité administrative. Il a refusé et c'est donc fait arrêter en toute logique. Pour manifester, il faut toujours que la manifestation soit signalée et autorisée. Le Président de la Ligue des droits de l'Homme n'est pas au-dessus de lois. Il a provoqué la police, il a monopolisé beaucoup de personnel qui en temps de crise à d'autres choses à faire que de jouer pour lui offrir un coup de pub devant toutes les caméras.

La Ligue des Droits de l'Homme est nécessaire et mérite le respect pour son combat. Cependant, on aimerait lui rappeler qu'elle est subsidiée par les pouvoirs publics, que dans un Etat de droit elle doit respecter les règles comme tout autre citoyen et que surtout elle peut utiliser d'autres moyens d'action que des actions pareilles quelques jours après un attentat sanglant. Je l'entends beaucoup critiquer toutes les mesures du gouvernement, crier au danger du tout sécuritaire, massacrer toute mesure de bon sens comme le prolongement de la garde à vue pour les infractions terroristes.

Par contre, je n'ai vu aucun communiqué de la ligue des droits de l'homme pour défendre la liberté de la presse et s'indigner des agressions des journalistes de RTL ou d'une chaîne italienne à Molenbeek. Je n'ai lu aucune déclaration de la ligue pour défendre les femmes à la Stib dont certains collègues masculins refusent de serrer la main. Je n'ai entendu aucune remarque de la ligue condamnant les jets de pierre que devait subir la police lors de manifestation. Je n'ai pas vu d'action spectaculaire entreprise par la Ligue des droits de l'Homme pour défendre une élève juive quittée un athénée suite aux pressions subies. Bien sûr, elle trouvera certainement tout cela regrettable, mais on attend aussi des actions d'ampleur de l'ASBL face à toutes injustices. Cette indignation sélective ne fait pas honneur à un combat qui doit être universel et non se transformer en officine liée de près ou de loin à telle ou telle cause ou parti. Une page Facebook a même été ouverte durant ce week-end pour comparer un commissaire de police à un SS. C'est non seulement indigne, mais scandaleux. Au lieu de condamner clairement cet agissement, la ligue a préféré parlé de page Facebook exagérée, mais surtout ré-allume la polémique en déclarant que "les exactions commises sous les ordres de ce commissaire ne seront plus jamais passées sous silence". On rappelle que ce policier faisait simplement correctement son travail et répondait aux ordres de l'autorité administrative.

Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, a lui aussi loupé une occasion de se taire. Au lieu de soutenir ses policiers qui ne font qu'appliquer les ordres, il déclare qu'il va interroger son chef de corps et estime que la police a été trop sévère. Pourtant le porte-parole de la police est clair : "L'interdiction valait pour toutes les manifestations et rassemblements liés au 22 mars. On a arrêté ceux qui ont outrepassé cette interdiction. Tout s'est passé correctement. Sur les 140 personnes arrêtées à Bruxelles et à Molenbeek, 60% étaient d'extrême gauche". Ce n'est pas la première fois que Monsieur Mayeur a des problèmes avec le corps policier. Déjà fin 2014, une polémique avait éclaté suite aux faits que de nombreux policiers avaient été blessés lors d'une manifestation nationale et que le bourgmestre aurait tardé à envoyer des renforts. Le syndicat policier Sypol dénonce ce week-end "l'attaque et les accusations répréhensibles et incompréhensibles" de Monsieur Yvan Mayeur à l'encontre de la police.

Au lieu de rendre la vie difficile à notre corps de police et aux forces de sécurités, il serait temps que certains facilitent leur travail au lieu de leur manquer de respect à ce point. Je l'avoue, j'admire tous ses policiers qui jours et nuits veillent sur nous et notre sécurité malgré l'ingratitude et le mépris de certains. Face aux attentats, à la barbarie, aux attaques que nous avons vécues, il serait plus que temps de dire à toutes les forces de l'ordre : bravo et merci.

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